LETTRE LXIV
A Paris, le 19 octobre 1764.
J'ai commencé mes tournées en même temps que vous leg vôtres. Un jour à Massé, deux jours à I.a Chevrette, deux autres au Grand val. Je ne vous dis rien de ces petits voyages : ils ont été trop courts pour donner lieu à des scènes amusantes.
Me suis-je trompé, mon amie, lorsque j'ai pensé qu'on ne sentait de la reconnaissance des services reçus , que quand l'amitié s'affaiblissait ? Je vous en dirai des raisons qu'Uranie trouvera au fond de son cœur ; vous les lui demanderez... On se soulage d'un bienfait qui pèse, par un bienfait beaucoup plus grand. Cette dette une fois payée, on est quitte.
J'ai vu et revu le comte de Lauraguais. Il soutient toujours, à cor et à cri, l'honnêteté de son amie. Il est sûr qu'il en est fou. Il vient de faire en son nom une plaisanterie en prose qui ne m'a pas déplu. Si j'osais, je vous ferais l'horoscope de cet homme. Il court après la considération; il en exige plus qu'il n'en pourra jamais obtenir ; il s'ennuiera, et finira par casser sa mauvaise tête d'un coup de pistolet.
Nous craignons qu'on n'accuse Voltaire de toutes ses nouvelles extravagances ; mais après tout, qu'est-ce que cela peut faire à Voltaire ? Celui qui publie des ouvrages aussi hardis que la Lettre de M. Gouju et tant d'autres, s'est mis apparemment au-dessus de toute frayeur... A propos de cette Lettre de M. Govju, les Jansénistes viennent d'en donner une édition. En vérité, je crois qu'un janséniste foulerait aux pieds un crucifix, à condition d'égorger impunément un Jésuite. Mais si ces gens-là n'aiment pas la religion, pourquoi se détestent-ils tant les uns les autres pour des misères de religion.^ Combien de sortes diverses de folies parmi les hommes ! Il est vrai que j'ai mon grelot aussi, mais c'est un grelot joli : c'est vous qui me l'avez attaché. Rien n'est plus commun qu'un fou qui tient un propos sage. C'est la réflexion que je faisais sur moi-même en catéchisant le comte, c'est ce que je fais communément en catéchisant les autres ; je profite au moins des conseils que je leur donne.
Vous vous trompez, votre retour n'est pas aussi éloigné que vous l'imaginez. Puisque votre mère voyage, elle s'ennuie... Je redoute pour vous le moment où vous vous séparerez de votre chère sœur.
Il faut pourtant que j'aille voir madame de Salignac. Sitôt ma lettre reçue, mettez sous enveloppe les fragments de Clarisse, et me les renvoyez. Madame d'Epinay me les redemande.
On ne jouera pas le Droit du Seigneur : Crébillon, qui n'aime pas Voltaire, trouve l'ouvrage indiscret (1).
0 chère amie, combien votre absence me coûte à supporter! J'ai des journées d'un ennui qui m'accable, alors je me déplais
(!) Crébillon était censeur dramatique.
partout. Je cherche dans ma tête quelque endroit où je pourrais me réfugier; je tourne d'abord autour de Paris, peu à peu je m'éloigne, et je finis par arriver ou m'arrêter où vous êtes. Revenez donc à moi, puisque je ne saurais aller à vous. Je n'ai presque plus le courage de vous écrire des nouvelles. Il faut cependant que vous sachiez que M. Pitt est disgracié. Cela vaut mieux pour nous que deux batailles gagnées. Le père Malagrida a été en effet supplicié, comme faux prophète, par une sentence de l'Inquisition. On dit que le procès des autres se poursuit. On en brûlera tant qu'on voudra ; pourvu qu'on n'en condamne aucun comme coupable de régicide, la Société s'en souciera comme d'un zeste.
Ma femme s'est mise sur le pied de faire des petites fêtes chez elle ; j'en suis toujours, et je tâche d'en faire de mon mieux les honneurs. Si vous connaissiez un peu les convives qu'elle me donne, vous verriez combien ii faut que je prenne sur moi... Ce sont aussi des soirées bien maussades et bien bruyantes que celles que je vais passer chez Le Breton. Je vous peindrais les personnages ; si j'étais en gaieté, je vous réjouirais de mon ennui. Hier j'eus une prise très-forte avec le maître de la maison. On était en train de déchirer un honnête homme de notre connaissance; c'est Crammer, libraire, de Genève. J'interrompis finement la médisance, et je dis que je souffrais avec impatience qu'on parlât mal d'un honnête commerçant étranger, par la mauvaise opinion que cela pouvait me donner de tout honnête commerçant français. On trouva je ne sais quoi d'injurieux dans ce propos; on s'échauffa, et il était une heure du matin, qu'à travers les cris je n'avais pas encore pu faire comprendre à ces sots-là qu'il n'y avait rien de plus convenable que mon discours, tenu à Genève, en faveur d'un commerçant français, et qu'en conséquence il n'y avait rien à y reprendre, tenu à Paris en faveur d'un commerçant genevois ; qu'il était bien étrange à M. Le Breton de trouver offensant à sa table ce qu'on trouverait généreux à moi d'avoir dit à la table de M. Crammer. Ils eurent le temps de mettre de l'eau dans leur vin pendant la nuit, et le lendemain ils me firent excuse de leur chaleur déplacée de la veille.
Adieu , mes tendres amies , nous sommes dans les grandes
affaires jusqu'aux oreilles. L'iiomme d'ici chancelle; sa place est importante, elle sera sollicitée, et nous préparons de loin nos batteries pour qu'on ne nous l'enlève pas. Nous tenons des lettres , des placets , des mémoires tout prêts. Si Damilaville devenait un de ces matins M. le directeur-général du vingtième, je crois que son amie en mourrait de chagrin. Elle aimerait mille fois mieux le posséder petit commis à mille écus de gages par an, que de risquer de le perdre. M. le directeur a vingt mille livres de rente. L'amour inspire de singulières idées; il est vrai que notre ami Damilaville est un peu vain, mais c'est un honnête homme.
Je harcelle notre imprimeur ; je voudrais bien qu'il m'accordât quelques jours de relâche que j'irais passer au Grandval. L'amitié que le Baron me porte l'exige, plus encore les égards que je dois à madame d'Aine...
Ne soyez point surprise du décousu de tout ceci; Thiriot, Damilavile et quelques autres font un bruit horrible au milieu duquel je vous écris. C'est une incommodité à laquelle je suis souvent exposé ; mais ici du moins je ne crains point que la curiosité s'approche de moi sur la pointe du pied , et vienne, penchée sur mon épaule , lire les lignes que je lui dérobe. Adieu, encore une fois. Ni moi non plus , je ne désire que d'être aimé autant que j'aime... Je suis un peu inquiet de la santé d'Angélique (1). C'était comme une fluxion qui lui prenait l'œil , la tête, la joue et l'oreille droite; à présent c'est une toux sèche, avec de la douleur de gorge, et un bruit rauque qui me chiffonne; demain peut-être cela ne sera plus rien, mais il y aura autre chose, et on est pire tous les jours.
Comme je vous embrasserais toutes deux, si j'étais là !... Ne m'oubliez pas auprès de M. Vialet.
LETTRE LXY.
A Paris, le 25 octobre 1761.
Voyons si je parviendrai à vous écrire un mot. Me voilà dans l'état d'un corps sain, ou je n'y serai jamais. Depuis plusieurs
(1) Sa nile.
jours, j'ai supprimé toute nourriture solide, et il ne me reste pas la moindre impureté; car où serait-elle encore? et comment serait- elle produite? J'ai souffert des tranchées bien cruelles et sans savoir à quoi m'en prendre ; car j'ai été sobre comme un anachorète. Le ton gai dont je vous parle de mon indisposition vous rassurera sur ses suites, et le premier courrier vous apprendra que ce n'est plus rien. Sans le caractère de philosophe dont il faut soutenir la dignité , surtout aux yeux du vulgaire qui nous entoure, je vous assure que j'aurais crié plus d'une fois, au lieu qu'il a fallu soupirer, se mordre les lèvres et se tordre. Si je ne craignais de me perdre dans votre esprit, je vous avouerais que j'ai même fait par forfanterie quelques mauvaises plaisanteries. N'en dites mot ; elles m'ont fait un honneur infini.
Eh non ! cette femme n'est pas heureuse. Est-ce que le bonheur est fait pour les âmes d'une certaine trempe ? Dites comme moi ; elle se désespère dans des moments où l'on ne soupçonne pas seulement la faute qu'on a commise. Si elle se plaignait, on entendrait à peine ce qu'elle veut dire. Aussi prend-elle le parti de souffrir et de se taire. Nous y dînions la semaine passée, lorsque notre repas fut troublé par une aventure effroyable. Imaginez un enfant qui se présente à sa mère dans un tourbillon de feu. Si cette femme eût été seule, l'enfant était brûlé, elle peut-être et toute la maison ; car, à cette vue, elle ne fit que pousser un cri et tomber évanouie. Voilà à quoi sert la sensibilité, quand elle est excessive. Vous devinez de reste la cause de cet accident. Le lendemain notre ami envoya savoir comment elle se portait; mais il fallait venir (1).
Vous avez fait un voyage bien maussade. L'unique ressource en ces occasions , c'est de tout regarder d'un œil ironique. Je me souviens de m'être trouvé fort bien dans un château tel que celui que vous me peignez. Tout nous apprêtait à rire, jusqu'aux pois de chambre qu'on avait remplacés par des pots de fleurs de faïence , dont on avait bouché les trous du fond avec des bouchons de bouteille. On réduirait à bien peu de chose les misères de la vie, si on les envisageait du côté ridi-
(1) Ces derniers mois feraient croire que c'est de sa femme que Diderot parle ici.
Cille, car la méchanceté est toujours ridicule par quelque endroit; mais c'est que l'indignation s'en mêle, on est offensé, ou l'on se met à la place de celui qui l'est, et l'on se fâche au lieu de rire.
Nos deux petits Allemands ont tant fait qu'ils m'ont entraîné à leur auberge. Leur dîner fut détestable ; cela ne l'empêcha pas d'être gai. Ils prétendirent qu'il avait été apprêté d'après les maximes d'Apicius Cœlius, ce fameux gourmand romain, qui se tua parce qu'il ne lui restait plus que deux millions, avec lesquels, selon lui, il était impossible à un honnête homme de vivre. Mais une chose qui m'aurait fait oublier les mets les plus grossiers, c'est la vue de deux jeunes hommes pleins d'innocence, d'esprit et de candeur, et s'aimant d'une amitié qui se montrait à chaque instant de la manière la plus douce et la plus fine. Ils me récitèrent quelques-uns de leurs ouvrages ; il fallait voir quel plaisir ils avaient à se préférer l'un à l'autre : « Cette prose est charmante. — Eh, non, mon ami, c'est celle que vous avez écrite sur tel sujet qu'il faut entendre, pour être dégoûté de la mienne. Dites-nous-la...» Le plus jeune , qui s'appelle Nicolaï, nous récita la fable suivante : « Sur la fin de l'été, des fourmis, les plus laborieuses du canton, avaient rempli leur magasin; elles regardaient leurs provisions avec des yeux satisfaits , lorsque tout à coup le ciel s'obscurcit de nuages, et il tombe sur la terre un déluge d'eau qui disperse tous les grains amassés à si grande peine, et qui noie une partie du petit peuple. Celles qui restaient, poussant leurs plaintes vers le ciel , disaient , en demandant raison de cet outrage : « Pourquoi ce déluge.? à quoi servent ces eaux?» Et, pendant que ces fourmis se plaignaient, Marc-Aurèle et toute son armée mouraient de soif dans un désert. » Méditez cela , mes amies. L'autre, qui s'appelle M. de La Fernière, nous dit qu'un père avait un enfant. Il avait tout fait pour le rendre heureux ; mais il s'apercevait bien que tous ses soins seraient inutiles, si le ciel ne le secondait en écartant les circonstances malheureuses. Il alla au temple; il s'adressa aux dieux, il les pria sur son enfant : «Dieux, leur dit-il, j'ai fait tout ce que je pouvais; l'en- « fant a fait tout ce qu'il pouvait, remplissez aussi votre fonc- «tion.» Les dieux lui répondirent : «Homme, retourne chez
«toi; nous f avons entendu-, ton fils et toi, vous jouirez du « plus grand bonheur que les mortels puissent se promettre.» Ce père, bien satisfait, s'en retourne ; il trouve son fils mort, et il tombe mort sur son fils. Il faut que la vie soit en effet une bien mauvaise chose : car cette prière, j'en devinai la fin, et je ne l'ai presque récitée à personne qui n'en ait deviné la fin comme moi.
Si j'étais à côté d'Uranie, je lui baiserais la main pour la fleur posthume qu'elle me présente ; acquittez-moi.. . Eh bien ! il vous vient donc quelquefois des idées folles.^ Continuez de vous bien porter, et conservez-moi cette santé.
Vous devez avoir à présent la lettre de M. Vialet. Je vous l'ai dit cent fois, et vous ne vous corrigez point; vous vous pressez toujours trop de me gronder. Le morceau sur les Prohabitités est un grimoire qui ne vous amusera pas. Les chansons écossaises sont entre les mains de M. de Saint-Lambert qui ne rend rien , parce qu'il communique tout ce qu'on lui prête à madame d'Houdetot, qui perd tout. Grimm a le morceau que j'ai traduit. Je tremble de vous envoyer Miss Sara Snmpson (1), de peur qu'il ne vous en arrive comme à moi, et que, si l'on venait, comme on vient de me faire, à décacheter le paquet, on ne le taxât, et qu'il ne vous en coûtât une vingtaine de francs. Malgré cela , nous risquerons , si vous l'ordonnez. Il y a cent à parier contre un que nous réussirons; voyez.
Vous n'aimez pas que mes amis, les hommes les plus volontaires du monde, et surtout Grimm, le plus volontaire d'entre eux, me boudent de ce que je m'émancipe quelquefois à faire ma volonté; ni moi non plus, je ne l'aime pas, mais soyons justes. Ont-ils eu tort de prendre et d'exercer un empire que je leur abandonnais? Aurais-je, à leur place, été plus sage, plus discret qu'eux ? JN'y a-t-il personne que je domine sans en avoir d'autre droit que la faiblesse de celui qui se laisse dominer?
Ne me parlez plus de cette petite guenon de mademoiselle Arnould. S'il lui restait l'ombre du sentiment, la lettre d'ex-
(t) Pièce anglaise dont Diderot n'a pas public la traduction.
CKse que le comte vient de lui écrire, en lui faisant six mille livres de pension, la ferait crever de douleur. C'est une lettre bien faite; c'est une excuse bien cruelle. Il n'aurait jamais cru qu'il fût un jour dans le cas de mettre un prix à sa tendresse , et cœtcra, et cœtera. Le texte est beau, comme vous voyez. Il vient de publier un nouvel amphigouri ; c'est mademoiselle Arnould qu'il promène chez des prêtres, chez l'archevêque, chez M. de Rombaude, et enfin chez l'ami Pompignan. Le morceau de Pompignan est assez bien. Il l'avait vu la nuit en vision : c'est avec elle qu'il doit consommer l'effet de la grâce anti-philosophique. Comme l'Antéchrist doit naître d'une religieuse qui apostasie et d'un pape sans mœurs, le destructeur de la philosophie moderne doit naître d'un poète qui a renoncé à toute vanité, et d'une actrice qui a quitté le péché, etc., encore ; car il suffit de vous mettre sur la voie.
Vous jugez bien vite mon avocat. Uranie, je vous le recommande; prenez un peu sa défense. Aurez-vous donc bien de la peine à prouver que le comble de la perfection est de préférer l'intérêt public à tout autre, et le comble du désordre de préférer l'intérêt étranger, quel qu'il soit, au personnel, à l'intérêt public.^ Quoi ! rien au monde ne doit-il nous faire tromper la confiance qu'on a en nous? Oserez-vous bien avouer ce principe généralement? Car, après tout, c'est le seul moyen que l'on puisse employer contre mon avocat.
Enfin vous l'avez donc deviné mon cénobite ! c'est bien de ma faute; il n'a tenu qu'à moi de vous y intéresser plus d'un mois, sans que vous trouvassiez le mot de l'énigme; mais, si je vous trompais jamais, je voudrais que ce fût en matière plus grave. Oh ! quel bond vous faites en arrière ! Rassurez-vous, je ne vous tromperai jamais.
A propos d'Uranie et de vous, qu'elle y prenne garde ; rien n'est si indécent que cette occupation. Quand les idées sont douces, agréables, la manivelle va doucement; sont-elles violentes, impétueuses, colères, la manivelle va comme le vent.
rs'ous avons fait un dîner sous les chevaux (1), un dîner chezMontamy, un autre je ne sais où. IN'allez pas imaginer
(0 A rentrée des Champs-Elysées.
que ce sont ces dîners qui m'ont tué ; encore une fois, j'ai été sobre au grand scandale des convives. Le Baron, qui était du dîner, avait eu l'intention d'écrire à Le Breton, pour qu'il me laissât respirer un moment que j'irais passer au Grandval. Tout était arrangé; nous avions redoublé de voiles, et, après cela, l'indisposition importune qui me retient, plus de Chevrette , plus de Grandval, plus de Massé, et puis il fait un temps, un temps ! Mais , quelque temps qu'il fasse , je suis bien avec mes amis. S'il m'était donné d'aller passer la mauvaise saison à Isle, je vous jure que ce serait bien la plus belle. Eh bien! c'est donc pour la fin du mois prochain, ou le milieu, ou la tin de l'autre ! car le premier mot deMorphyse est bien loin de son dernier mot. Adieu, mes amies; portez-vous bien. Il n'y a personne au monde qui vous estime plus que moi ; il n'y a personne au monde que j'estime plus que vous.
28 octobre 176!.
Il y a trois jours que j'ai cette lettre toute prête. Je l'écrivis chez Le Breton , au milieu des douleurs les plus aiguës que ma colique m'eût encore fait souffrir. Je comptais la porter le soir même chez Damilaville, mais le mal, le mauvais temps et l'heure m'en empêchèrent. Le lendemain, j'ai été alité. Hier, on me purgea. Aujourd'hui, jour de Saint-Simon , me voilà debout, habillé, arrivant ici, et ne ressentant plus de mon mal qu'une douleur sourde dans le ventre; et, comme la diarrhée, les clystères, la boisson et la médecine m'ont entièrement affaibli, je ne marche pas trop ferme. Le repos et les aliments répareront tout en un moment.
Voilà un second coup de fouet que M. de Pompignan vient de s'attirer de l'homme de Genève, pour son maussade et impertinent conte qu'il a intitulé Éloge historique de M. de Bourgogne (1).
Joignez mes adieux aux vôtres, en quittant Uranie. Puis-
(I) 1761, in-8°. Lo premier coup de fouet était Les Car à M. Le Franc de rompUjnau (octobre 1761) ; le second, Les Ah ! Ah! à Mo'ise Le Franc de Pompignan (du même mois de la même année).
qu'elle nous a tous deux quand elle a l'un ou l'autre , en quittant l'un ou l'autre elle nous quitte tous deux. Revenez. L'ennui et le malaise m'accablent. Je passe une partie des nuits à vous parler et à vous écrire , comme si je ne devais plus vous revoir. Cela n'est pas gai, mais cela est du moins fort tendre. N'allez pas compter ces instants entre les plus mauvais. .Te sens alors combien vous m'êtes chère, et, par l'effet que je produis sur vous, je vois combien je suis chéri. Je vous ai dit des choses très-douces ; j'ai vu toute votre sensibilité , et le lendemain je suis; et j'espère de vous revoir. Qui amant, ipsi sihi somnia finrjunt. Le Prémontré vous expliquera cela tout courant; ce latin est encore à sa portée. Si cependant il s'était promis de plaire à l'une ou à l'autre, il prendrait cela pour un persiflage. Voyez, car il faut tout prévenir et prévoir.