LES INSTRUCTIONS MINISTÉRIELLES ET LES RENFORTS
Négociations avec ras Maconnen (16 décembre), — « Je demande que les instructions ministérielles soient d'accord.» — La question des renforts en décembre. — « Qu'on envoie 14 bataillons et 5 batteries, mais qu'ils soient pourvus de tout. » — Guerre offensive et guerre défensive. — Pourquoi je n'ai pas demandé à être relevé de mon commandement. — Les offres de soldats et la préparation en Italie.
im J’écrivis le 3 décembre, de l’Asmara, à ras Maconnen, pour répondre à l'offre de médiation en faveur de la paix qu'avait faite le seigneur du Harar, dans sa lettre du 26 novembre, datée de Balomata, ainsi que je le raconte dans le chapitre XVIII. Ma lettre parvint trois jours après — le 6 — au général Arimondi, c’est-àdire à la veille d'Amba Alagi. Mais le commandant des troupes ne crut pas devoir la faire suivre, parce que les hostilités étaient déjà jouvertes par des coups de fusil tirés aux avant-postes dans la combe d’Atzala. ,
Plus tard, ras Maconnen, impressionné par cette même victoire d'Amba Alagi, m'écrivit une autre lettre de Mai Mesghi 122 kil. au nord d'Amba Alagi) (12 décembre), dans laquelle il Slexcuse d’avoir été poussé par les troupes de l'empereur. « C’est Sans son commandement {de Maconnen) que les troupes ont attaiqué. Ce fut mal. Il prie d'éviter pire; il écrit ainsi parce qu'il conmatt l'Italie. Il demande un homme de confiance pour traiter. »
Je répondis en m’en tenant à des généralités et sans repousser ces offres. Ma lettre, avec celle de Maconnen {arrivée le 15 à Adigrat), fut télégraphiée à Rome, le 15 décembre; je faisais ob- Server, dans le télégramme, que le chevalier Felter était présent ‘e camp d'Adigrat!.
| 1. Le gouverneur de l'Érythrée au ministre des affaires étrangères : télégramme du 15 décembre, d'Adigrat; livre vert, xx1I11 bts, n° 183.
ee
Le président du conseil me répondit ceci, le 16 décembres « Dites à Maconnen, qui demande un homme de confiance pour. traiter, qu’il en envoie un au camp italien; ou bien qu’il vienne. lui-même soit dans un endroit neutre, soit à l'Asmara, pour,
négocier un accord!. »
Il était impossible, de cette façon, de s’entendre avec le chef abyssinien, d'autant plus que l'ordre formel du chef du gouvernement à Rome démontrait qu’on y était hostile à une entente. Cette hostilité était partagée par les troupes coloniales, par l’ar” |
mée et probablement par une grande partie de la nation.
Pendant ce temps, ras Maconnen envoyait, par un de ses par= tisans, des lettres pour M. Felter et pour moi. Ces lettres mon traient son très vif désir de conclure un arrangement. Bien que ras Maconnen eût une notion exacte des intentions du gouver=
nement italien, il se flattait cependant de pouvoir arrêter l’effu-
sion du sang chrétien.
Je télégraphiai la nouvelle au ministère des affaires étrangères, |
le 20 décembre?. Huit jours après [le 28 décembre), il me répon= dait en me laissant juge de l’opportunité qu’il y avait d’adhérer. au désir de Maconnen, en envoyant M. Felter; mais le lendemain.
(29 décembre), le baron Blanc télégraphiait ceci : « Il sera difficile d'expliquer comment nous avons pris la responsabilité de refuser d'envoyer à Maconnen la seule personne avec laquelle il voulait traiter, » etc. — À ce télégramme, je répondis immédia*
tement que Felter aurait déjà été envoyé à la première demande,
si le président du conseil, dès le 16 décembre, ne m'avait pas
donné ses directives; et je finissais ainsi: « Je vous envoie là