‹ Mémoires d'Audiger, limonadier à Paris, XVIIe siècleChapitre 1 sur 5 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

e sieur d’Audiger nous dira suffisamment ce qu’il est dans les deux récits qui composent ce volume ; nous n’avons donc pas à insister sur l’importance historique du maître limonadier. Son existence nous montre que la profession dont il est l’inventeur, et qui a enrichi tant de gens après lui, ne futpoint, dès l’origine, aussi favorisée des grâces du public.

C’est pendant les loisirs que lui laissait l’exercice de son « art » qu’il écrivit l’ouvrage où nous avons puisé la matière de

cette publication. En voici le titre tout au long transcrit :

« La Maison réglée, et l’art de diriger la maison d’un grand Seigneur et autres, tant à la Ville qu’à la Campagne, et le devoir de tous les Officiers, et autres domestiques en général. Avec la véritable méthode de faire toutes sortes d’Essences, d’Eaux et de Liqueurs, fortes et rafraîchissantes, à la mode d’Italie. Ouvrage utile et necessaire à toutes sortes de personnes de qualité, Gentilshommes de Province, Etrangers, Bourgeois, Officiers de grandes Maisons, Limonadiers et autres Marchands de Liqueurs. Dédié à Monseigneur Phelipeaux. A Paris, Chez Michel Brunet, Galerie neuve du Palais, au Dauphin. MDCXCII. Avec privilège du Roy.» In-i 2 de xxii et 282 pp.

Dans un certain nombre de pièces de vers à la louange de l’auteur, qui précèdent la préface de la Maison réglée, un sieur Duchesnay nous apprend que « l’ouvrage et l’ouvrier sont sans comparaison »

Pour sçavoir préparer Chocolat et Caffé,

Rataphia rouge, ou blanc, l’Orangeat et le Thé;

Pour sçavoir apprester et Compotte et gelée.

Il y a là, entre autres, deux madrigaux

qui valent, pour l’emphase, leur pesant d’or. Nous avons recueilli soigneusement le titre du premier : « A monsieur Audiger, sur ce qu’il a eu l’honneur d’apprester les liqueurs et confitures que l’on servit au Roy, lorsqu’il mangea chez Monsieur à Saint-Cloud, chez Monsieur le prince à Chantilly, au Camp d’Acheres, et autres lieux, où il a eu l’avantage de les servir de sa main. •» Sans doute, s’écrie Duchesnay, c’est quelque chose d’avoir écrit la Maison réglée ;

Mais tu tires bien plus de gloire D’avoir eu l’honneur tant de fois D’apprester, et servir le manger et le boire,

Du plus puilîantde tous les Rois.

Une si rare confiance, ajoute le poète, montre la probité, le bon goût et l'esprit du limonadier. Qu’en termes galants ces madrigaux s’expriment !

Audiger dédie son livre

« A Monseigneur Phelypeaux, Chevalier, Conseiller du Roy en ses Conseils, Maistre des Re~

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