‹ Mémoires d'histoire ancienne et de philologieChapitre 2 sur 102 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

La Préface qu'on a lue en tête des Mémoires de littérature ancienne suffît, je pense, à faire connaître les principes qui m'ont dirigé dans la composition de ce second volume; mais elle ne me dispense pas d'y joindre quelques observations préliminaires.

D'abord, je dois remercier le public de l'accueil bienveillant qu'il a fait au premier volume. Celte bienveillance a été si grande jusqu'ici, que, sauf quelques avis d'un caractère tout intime, la critique s'est abstenue de m'éclairer sur les fautes que j'ai dû commettre, et que je me serais empressé de corriger. Je n'en ai pas fait moins d'efforts pour rendre mon nouveau recueil digne des témoignages encourageants que le précédent a reçus.

J'ai sévèrement choisi et sévèrement revu les vingt et un morceaux que je réunis dans ce volume; je les ai souvent augmentés, plus souvent améliorés par d'utiles suppressions. Autant qu'il m'a été possible, je me suis tenu, pour chaque question, au courant des derniers travaux dont elle a été l'objet. Quelquefois, ces travaux

Vin. AVAirr-PROPos.

dépassaient de beaucoup mes premières études; je n'aurais pu en consigner ici les résultats sous forme de simple addition à d'anciens travaux \ D'autres fois, les décisions de la critique moderne confirmaient mes premières vues, comme cela m'est arrivé à propos d'anciennes inscriptions latines dont j'essayais de fixer l'âge longtemps avant qu'elles eussent pris place dans le premier volume du Corpus inscriptionum latinarum, et sur lesquelles je suis heureux de me trouver d'accord avec les habiles éditeurs de ce recueil *. Quelque labeur que coûtent souvent ces sortes de développements et de vérifications, c'est à peine si je demande au lecteur de m'en savoir gré, tant il se mêle naturellement de plaisir à la fatigue d'une telle révision 1 En effet, plus j'avance dans ma vie studieuse, plus je reconnais que la science est toujours en mouvement, et que, même sur de petits sujets, son œuvre n'est jamais achevée. Poursuivre la vérité, la saisir d'une prise chaque jour plus complète et plus sûre, c'est la condition même de nos travaux, c'est notre premier devoir, mais aussi c'est un devoir qui porte avec lui sa plus douce récompense. On est quelquefois un peu humilié de reconnaître ses propres fautes ; on s'étonne d'avoir compris si tard une vérité dont l'évidence nous frappe maintenant les yeux. Mais quelle joie de corriger l'erreur et de pouvoir se dire que l'on a enOn marqué d'un trait juste le fait ou la pensée qu'il fallait mettre en lumière ! A aucun âge de la vie l'attention n'est infaillible ; résignons-nous à sa faiblesse et ne désespérous pas de ses progrès.

1 Voir, par exemple, p. 2f>0, note 4, et p. 285.

2 Par exemple, p. 380, au sujet de l'inscription archaïque du temple de Cora.

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