‹ Mémoires d'histoire ancienne et de philologieChapitre 4 sur 102 · AVANT- PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT- PROPOS

les premiers au succès des recherches que d'autres pourront l'aire après nous sur ce terrain dont nous aurons au moins facilité les abords.

Maintenant, je voudrais répondre en quelques mois à certains appels obligeants qui me sont adressés au sujet des Mémoires de littérature ancienne. En reconnaissant que ces Mémoires touchent à presque toutes les grandes questions dans l'histoire des lettres grecques, on m'invite à écrire enlin cette histoire en un ouvrage proportionné à son importance et fondé sur les éludes que je poursuis depuis plus de vingt ans pour les leçons que je professe à la Sorbonne. Rien ne peut me toucher plus qu'un appel si honorable; deux raisons surtout m'empêchent d'y faire droit.

La première, tout exlérieure et sur laquelle je n'ai pas besoin d'insister, est dans la variété des devoirs auxquels ma profession m'altaohe. La seconde, plus délicate et non moins grave, c'est que les vérités banales et les lieux communs tiennent nécessairement une place considérable dans un ouvrage d'ensemble. Or, sans méconnaître l'utilité des lieux communs (loin de là, je la défendrais si elle était méconnue), j'avoue qu'ils m'attirent peu. Surtout en dehors de renseignement public, je préfère l'étude des questions nouvelles. Les travaux académiques entretiennent volontiers l'esprit dans cette préférence. Choisir un sujet étroit, mais peu connu, l'explorer dans tous les sens avec toute la pénétration dont on est capable, me parait déjà un bon emploi de la critique. Dans tous les cas, on m'accordera sans peine que ce genre de travail aura été pour moi une préparation efficace à

l'œuvre autrement difficile d'une histoire générale de la

Page 1