‹ Mémoires d'outre-tombe, Volume 3Chapitre 28 sur 40 · ARMES · texte numérisé non relu

ARMES

Semé de plumes de paon aia naturel jusque vers 1260, et depuîà de gueules semé de fleurs de lis d^or. Devise : « Notre sang a teint la ban- « nîère de France. »

Les monuments de Phtstoire de Bretagne placent cette maison au rang des plus illustres de cette province; elle doit ce rang distingué à son ancienneté qui remonte à Tépoque où les surnoms sont devenus héréditaires dans les familles, aux alliances illustres qu'elle a contractées, à ses emplois dans les cours de ses souverains, à ses services militaires dans leurs armées et dans celles de nos Rois.

Un auteur \ qui écrivait en 1619, lui donne

1 Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne; par le père Dupaz, religieux augustin^ page 3.

pour tige Briend, fils d'Eudes, comte dePenthièvre, et d'Énoguent de CornouaîUe, et avance, d'après un titre latin qu'il rapporte, que le Roi saint Louis donna à un de ses descendants, en considération de sa valeur au fait des armes à la bataille de la Massoure, la permission de porter pour armes des fleurs de lis d'or sans nombre, au lieu d'un sepoië de plumes de paon que lui et ses prédécesseurs avaient portées jusqu'alors.

Un autre auteur \ très-digne de foi, assure que la terre de Chateaubriand, située au diocèse de Nantes, est la véritable origine du nom de cette maison ; cette terre, portée dans le quatorzième siècle dans la maison de Laval, par le mariage de Louise de Chateaubriand, héritière de la branche aînée, avec Guy Xir du nom, baron de Laval ( tige du maréchal duc de Laval), d'où elle a passé par les mains de Dinan et autres dans celle de Bourbon-Condé,

* Mémoires pour servir à l'histoire de Bretagne; par don Morice^ page IS.

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qui la possède aujourd'hui, est une des neuf anciennes baronnies de Bretagne, dont une des prérogatives est de présider la noblesse de cette province à ses Ëtats assemblés ; les au«tres baronnies de la fameuse assise du duc Geoffroy, en 1185, étaient Âvaugour, Léon, Fougères, Vitré, Rohan, Rais, Âncenis et Rochebernard } à ces avantages elle joint le titre de baron qui paraît lui avoir été affecté de temps immémorial, et dont elle s^est décorée même dans les chartes et les traités de ses souverains dont elle se rendait garant.

Le même don Morice, page 6 du tome II des Preus^es, dit que les baronnies de Bretagne étaient des éclipses des anciens comtés et des partages de cadets, et, page 27, que les barons n'étaient point de simples seigneurs du pays^ mais les premiers seigneurs du pays,

Dom Lobineau, page 92 de son Histoire, dit que les putnés des comtes s'appelaient barons et siégeaient comme collatéraux des princes.

212 MfiafoiMg B'oufn-Togms;

à cause du liea dont ils étaient descendus ; qu^îls •exerçaient ia souveraineté dans leurs terres, et qu'il a vu des lettres de grâce données par eux à Vitré et à Chateaubriand.

Le [wreuaier de celte maison, connu par les titres, est Briend, qui fit construire un château dans le canton Nantois, auquel il donna le nom dé Chateaubriand, qui est passé à sa pos^ térité. Il fonda le prieuré de Beré, près son château* La charte de cette fondation fut souscrite par Énoguent, sa mère , Adelende , sa femme, et par ses fils Geoflroy qui suit, Tihern et Guy. Il est qualifié nobilîs vir dans Pacte de confirmation de cette fondation^ par Aîrard, évêque de Nantes, de Tan 1050.

Creofilroy de Chateaubriand, surnommé le Vieux ^ souscrivit la fondation faite par son père du prieuré de Beré, confirma toutes les fondations faites en faveur de ce monastère par Briend, son père, et Énoguent, son aïeule. Il lamsa pour fils :

V Goscho de Chateaubriand, mort sans air

utmmÉs D'ocnB^TOns* ut

Kânce en 1114, et inhume dans Tëglise da prieure de Berë, comme on rapprend de sob ëpitaphe ' dans laquelle il est (jnalîfié proconsul et proconsidis alta propage j

T Brient, qui est nommé arrec Maurice d^Ancents, Daniel de Pontchâteau et autres, sous le titre de barons, dans Facte de ratification qu^ls firent, entre les années 1 084 et 111 2, d^one donation faite par le duc Alain, sergent à Tab-* baye de Marmoutier, mourut sans postérité à la fin da mois de décembre 1116, des suites d*une blessure qu'il avait reçue dans la guerre qu^il avait eu à soutenir pour la défense de sa patrie contre Foulques, comte d^ Angers, et fut enterré, ainsi que son frère, dans Téglise de Beré, conraie on l'apprend aussi par son épi* taphe dans laquelle il est dit : Egregius priivceps y Gaufredi principis hœres, militiœ splen^ dor, procerum decuSj etc. ;

Et 3° Tehel de Chateaubriand , qui , par k

^ Histoire de Bretagne ; par don Merice» tom. I, page 528;

ai4 MÉ&IOIBES D'OUTRE-TOMBE.

mort de ses frères j devint seigaeur de Chateaubriand; il eut pour successeur dans sa terre, on ignore à quel degré de parenté, Geoffroy, seigneur de Chateaubriand , qui assiste av^c le duc de Bretagne Geoffroy et Alain , vicomte de Porhoet (dont sont issus les princes de Soubise et duc de Montbazon), et un grand nombre d'évéques, d^abbés et de gentilshommes, à une nouvelle consécration de Téglise de Redon, faite Tan 1127, et fut témoin, avec Henri de Fougères, de la charte de fondation de réglise de Nantes, par le duc Conan III , de Tan 1141.

Geoffroy, duc de Bretagne, adressa à Geoffroy de Chateaubriand, comme Tun des neuf anciens barons, le règlement qu^il avait dressé dans la ville de Rennes, en 1185, sur les partages des successions des barons, des bannerets et des chefs de races de chevalerie de son duché.

Il confirma vers 1 180 la donation qu^il avait faite 9 du consentement de Guessebrune, sa

MÉMOIRES D*OtJTRE-TOMBE. S1&

femme; fut présent à un bienfait accordé en ^187 par la duchesse Constance à Tabbaye de Buzai, et scella de son sceau la donation faite en 1199 aux religieux de Beré, par Pierre de Bain, chevalier. Son sceau représente un homme à cheval, caparaçonné et orné de ses armes, représentant des plumes de paon , tenant à la main droite une épée haute et de la gauche un bouclier aux mêmes armes.

Il servit le roi Philippe -Auguste dans^ la conquête de Normandie en 1203, fut du nombre des chevaliers bretons qui, sous la conduite de Guy de Thouars, s'emparèrent du Mont- Saint-Michel en 1204^ contribua à la fondation du prieuré de la Primaudière, ordre de Grandmont, en 1206, et est compris dans le rôle des chevaliers bannerets, dressé vers le même temps, par ordre du même monarque.

Geoffroy, seigneur de Chateaubriand, lequel, conjointement avec Béatrix , sa femme, dame de Montrebelle et de Mazé, fit donation , en 1205> aux religieux de Notre-Dame de Meleraye, de

sue MÉMOIRES B'OUTRE-TOMBE.

k troisième partie de la dîme de Mazê ; cet acte est scellé da même sceau dont nons avons fait la description ci-dessus.

Il scella du même sceau la confirmation qn^il fit, en 12f 7, de toutes les donations faîtes au prieuré de Beré par Brîend , son ancêtre, en fit une au même prieuré en 1 21 9, quMl scella du même sceau , ainsT que celle faite en f 223 par Guillaume de Beaumont aux religieux de Meïeraye,

Geoffroy, seigneur de Chateaubriand, renonça, par acte du mois de septembre 1245, à tous droits sur les donations faites par ses ancêtres an prieuré de Beré ; îl accompagna ïe roî saint Louis, en 1250, dans son voyage de la terre sainte, et fonda à son retour une maison reïîgîeuse, auprès de son château , pour des religieux de la Trinité, appelés Mathurins.

Crést lui vraisemblablement qui, suivant le père Dupaz, cité ci-dessus, obtint la permission de changer ses armes et de prendre un semé de fleurs de lis sans nombre ; il est aussi

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Traisemblablement le même qu^un sujet des méme3 nom et surnom qui épousa Âmanrie (fille de Henri, vicomte de Thouars, arrièrepetife-filte de GeofiFroy, comte d^Anjou, et de Mathilde, fille de Henri P% roi d^'Angleterre), laquelle se remaria avec Olrrier de Plsle, chevalier. H avait eu :

Geoffroy, sire de Chateaubriand, qui accorda en 4266 à sa mère un supplément de douaire, et en scella Pacte d'e son sceau représentant un semé de fleurs de lis, et fut caution, avec Henri d^Avaugour, Guy, seigneur de Laval, ef Jean de Beaumont, seigneur de Pouencé, des conventions d'u mariage de Jean de Bretagne, depuis duc troisième du nom, avec IsabelFe, fiïle de r4harles, comte de Valois, et petrte-fiUe du Roî Philippe le Hardi.

Geoffroy, seigneur de Chateaubriiand, avait épousé, bien longtemps avant 1288, Marguerite de Lezignem^ fille de Hugues, seigneur de Lezignem, et dUsâbelIe, comtesse d'Angouléme, arrière-petîte-fille par Alix de Gourte-

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nay, sa mère, de Pierre de France, sire de Courtenay, fils du Roi Louis le Gros, et petite-nièce d^Amaury de Lezignem^ roi de Chypre, et de Guy de Lezignem, roi de Jérusalem.

Geoffroy, seigneur de Chateaubriand, chevalier, lequel, étant uni àBrient, son fils, passa un accord, Fan 1251, avec Thibaut, seigneur de Rochefort, Bonabes, son frère, et Olivier, seigneur de Tinteniac, par lequel ledit seigneur de Rochefort promit de rendre audit Brient Jeanne, fille de Beaufort, femme du même Brient, et ledit Geoffroy s'engagea à donner sa fille Marguerite à Guillaume , fils aine du même Thibaut , et de lui constituer en dot un fief assis dans sa terre de Chateaubriand.

Il scella de son sceau rechange qu'il fit avec les religieux de Beré au mois de mai 1281, ainsi qu'une donation faite en 1283 à ceux de Meleraye.

Il eut pour fils :

1"* Geoffroy, seigneur de Chateaubriand, qui épousa Jeanne de Machecoul, de laquelle il eut

Geoffroy, seigneur de Chateaubriand, qui, par son mariage avec Jeanne de Belleville, fut père : 1* de Geoffroy, mort sans enfants, d'Isabeau d'Âvaugour^ de la maison souveraine de Bretagne, à la bataille de la Roche-Derrien, donnée en ^347 par Charles, comte de Blois, dont il suivait le parti, contre Jean de Bretagne^ comte de Montfort ; et 2^ Louise de Chateaubriand, qui porta la terre de Chateaubriand dans la maison de Laval par son mariage avec Guy XII, baron de Laval ;

2® Briand de Chateaubriand, qui suit,;

3^ Marguerite de Chateaubriand , qui fut promise en 1251 à Guillaume de Rochefort.

Briand de Chateaubriand, chevalier, seigneur de Beaufort, passa un accord, conjointement avec son père, en 1251. Il est nommé dans une obligation consentie au mois de septembre 12..., et dans la ratification faite au mois de février 1285, par Geoffroy, son frère aîné , de la concession faite aux religieux de Notre-Dame de Meleraye par ledit Briand, au nom dudit Geof-

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froy, pendant le voyage que ce dernier avait fait en Aragon, et passa un accord en 1304 avec Isabean de Machecoul, veuve du même Geoffroy, par lequel Briand renonça, tant pour lui que pour Guy, son fils, à tous les droits qall pouvait prétendre envers ledit Geoffroy, tant à cause des promesses ou legs faits par son p^e, que de madame Belleassez de Thouars, sa feue femme ; il épousa Jeanne de. Beaufort, dame de Beaufort, fille et héritière de Beaufort, et en eut :

Guy de Chateaubriand, qui est nonmié dans raccord passé pal* Briand, son père, Fan 1301 . Il fut Tun des barons que le duc de Bretagne députa en 1309 vçrs le pape GJément V pour défendre ses droits, ainsi que ceux de la noblesse et du peuple, au sujet des prétentions du clergé de son duché.

On croit devoir s^arréter un momeiit pow observer qu^à cette époque il existait une autre seconde branche de la maison de Chateaubriand connue sous la dénomination des seigneurs des

aiÉMOIRES D OUTBS-TOJIIU. 221

RocheS'Baritaut, du Lion-d'Angers, de Chalain de Cbavannes, de la Bouardière, comtes de Gasan de Grassay, de Remalart, barons de Loigny, etc. (dont la généalogie est rapportée dans VSisioire des grands officiers de la couronne^ tome YIII, au chapitre des grands-veneurs de France), laquelle a produit un grand-veneur de France (qui a donné lieu à cette généalogie), un chevalier de Tordre du Roi avant rinstitu* lion de celui du Saint-Esprit, un lieutenant-général des armées du Roi, deux lieutenants-gé-* oéraux du Bas-Poitou^ un gouverneur de Fontenay-le-Comte, en la même province, et un mestre de camp de cavalerie, tué à la bataille de Lérida en 1642, s'est alliée aux maisons deTArchevêque-Parthenay, d^Aubigné, de Bueil, de Croy, d'Estouteville, de Maillé-la- Tour- Landry, de Sainte- Maure- Mon tausier, de Pompadour, de Puy-du-Fou, de Rouault, de Scepeaux et de Thouars, et s'est éteinte à la fin du dernier siècle.

Briand de Chateaubriand , chevalier, sire de

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Beaufort, fit serment de fidélité au duc Jean IV, en 1370, et s'engagea en 1379 avec Jean Raguenel^ vicomte de Dinan, Raoul, sire de Coetquen, et autres principaux seigneurs, à servir ce prince dans la guerre qu^il avait projetée contre le roi Charles V. Il épousa Isabeau du Chastelier, laquelle étant veuve de lui et remariée à Guillaume de la Motte, chevalier, en 1396, passa un accord avec Pierre de Tournemine, seigneur du Plessis-Bertrand, mari de Tiphaine du Guesclin , au sujet d^une somme prêtée depuis trente ans, par lui Briand, à Pierre du Guesclin.

Il avait pour successeur

Bertrand de Chateaubriand, sire de Beaufort, qui fit donation, en 1398, de son domaine de la Villegorion à Alain Gratart, son frère naturel.

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