A TERMINÉ LE LOUVRE
Ce sont les termes du rapport.
Des mentions honorables sont accoixlées aux travaux de MM. Chaudet, Cartellier, de Jouy et Boizot.
Le grand prix de première classe pour le plus beau monument d'architecture est décerné à Yarc triomphal du Carrousel, de MM. Fontaine et Percier.
Des mentions honorables sont accordées à M. Ghalgiùu^ pour la restauration du palais duLuxembourg ; à M. Beaumont^ pour la salle du Tribunal^ et à M. Géléiier^ pour le petit théâtre des Variétés.
Le grand prix de deuxième classe pour le meilleur opéra-comique est décerné à l'opéra de Joseph, de Méhui:
Des mentions très-honorables sont accordées OMxBeux Journées, de Cherubini ,• à Montano et Stéphanie, de Bcrton; à l'opéra à'AriodarU, de Méhul; à Y Auberge de Bagnéres, de Catel.
Les grands prix de deuxième classe pom*les trois meilleurs, ouvrages de gravure en taille-douce, en médailles et en pierres unes, ont été décernés à la gravui*e de la Déjanire, par Servie. Le grand prix pour la gravure en médailles a été partagé entre feu Ramberi-Dumai-estc pour les médailles de la Paix d'Amiens, de l'Institut, de Poussin et de l'Ecole de médecme, et Galle pom* cinq médailles : Tune poiu* le Couromiement, l'autre pour la Prise de Vienne, l'autre pour la Vicff^T^ d^ Priedland, une quatrj|ggop-i,^g^^-^^^ et^toe dn-
"^'^J^ur une Fête à VHàtel de Ville.
Deux mentions honorables sont accordées à MM. Andrleux et Dupré.
Le grand prix poui* grayure sur pierres unes a été décerné à M. Jeoffroy.
L*empereur^ toujours à la recherche des hommes qui se distinguaient^ faisait de profondes études du cœur humain et surtout des goûts^ des habitudes^ des faiblesses, des entraînements, des plis et replis du caractère français. Il se souciait peu de réformer les défauts du pays et les vices du temps; mais il savait, en grand politique, exploiter les meilleurs sentiments, les élans généreux, les accès fébriles d'admiration, d'enthousiasme, du citoyen et du soldat.
Nous éprouvons en France, à un égal degré, deux besoins contraires : le besoin de la raillerie et le besoin de l'admiration.
Grands capitaines, gagnez des batailles; nouveau Périclès, (»rnez la ville de statues qm nous fassent souvenir du ciseau de Phidias; bâtissez de vastes et utiles monuments ; nouveau Yéronèse, peignez les Noces de Cana ; Meyerbeer ou Rossini, écrivez Robert le Diable ou Guillaume Tell ; Talma ou Rachel, jouez la ti^ag^die autrement et mieux que ceux qui vous précédèrent sur le théâtre ; soldat ou citoyen, risquez voti*e vie pour sauver celui qui va périr au milieu des- flots ou des flammes ; saint Vincent de Paul ou sœur de charité, secourez et consolez de désespérantes misères et de mortelles douleurs ; chantez les tristesses du cœur humain comme Lamailine ; montez à la tribune et soyez probes et éloquents comme Cicéron; montez dans la chaire et Hoyc$t évangéliques et grands comme Bossuet : glûii*c8 du
champ de bataille^ chefs-d'œuvre du génie, soudaines et courageuses inspirations de la charité, en France, Fadmiration la plus passionnée ne vous manquera jamais!
L'empereiu' cultivait avec persévérance ce besoin d'admiration du peuple français; il tenait à Téblouir et à flatter sa fierté par des arcs de triomphe, par des colonnes d*airain ou souscrivaient nos victoires; il élevait jusqu'à lui et comblait d'honneurs tous ceux dont les travaux enrichissaient l'industrie, l'agriculture, le commerce, les arts, les sciences et les lettres. Il laissait peu au caractère français le temps dérailler; il n'aimait pas la raillerie ; il détestait surtout l'oisiveté moqueuse, toujotu^ intéressée à entraver les efforts et les succès d'autrui. Toutes les célébrités qui n'étaient point ennemies, toutes les institutions qui pouvaient instruire ou charmer l'esprit français avaient droit à d'honorables munificences, et lui inspiraient im constant et vif intérêt.
L'empereur était sincère, consciencieux dans son admiration, dans son respect pour tout ce qui était grand, utile, ou seulement honnête,
• Il existe dans les archives du ministère des finances
une lettre de l'empereur, bien peu connue et qui témoigne de sa haute et sincère estime pour les gens de bien.
« Paris, le 3 ventôse an ix de la Répnbliqnc.
1» Je sens vivement, citoyen ministre, la perte que i nous venons de faire du conseiller d*Etat Dufresnc, n directeur du trésor public.
» L*esprit d'ordre et la sévère probité qui le distin- » guaient si éminemment nous étaient encore bien né- » cessai res.
» L'estime publique est la récompense des gens de » bien, J*ai quelque consolation à penser que^ du sein » de l'autre vie, il sent les regrets que nous éprou- » vons.
» Je désire que vous fassiez placer son buste dans la » salle de la Trésorerie.
» Je vous salue affectueusement.
» Signé : Bonaparte; »
Les intentions du premier consul ont été reiûplies.
Le citoyen Masson fut chargé de l'exécution du buste.
Le ministre du trésor public présida«à l'exécution des ordres du premier consul.
Les premières autorités de la république vinrent rendre cette cérémonie plus éclatante, et apporter ce dernier tribut de leur estime au magistrat modeste, et si oublié aujourd'hui.
J'ai sous les yeux»la minute du procès-verbal de cette cérémonie. Ce procès-verbal porte les signatures suivantes :
Gaudin, ministre des finances; Chaptal, ministre de Tintèrienr; Degrés, ministre de la marine; Ch.-Macr. Talleyrand, ministre des relations extérieures; âbrial, ministre de la justice; Hugues Maret, secrétaire d'Etat; le général Bernadotte; Duchatel, conseiller d'Etat; Régnier, conseiller d'Etat; Regnault de Saint-Jean d'ân- GÉLT, conseiller d'Etat; Lacuée; Thibaudeau {il est le seul qui survive de tout let eignatairet) ; RéAL; Couzard, président da Corps législatif; BARBé-MARBois ; Muraire , président da tribunal de cassa-
tfon; Kellervann, sénateur; Ed. Mortier, général de diTision, eommandant la prenûère division militaire-, Brièrë-Mondétour, maire de Tarrondissement; Lavalette: Dubois, préfet de police; Delafon-
TAINE; SiVRY; VlAL ; VaUGOYON; TurpiN; BÉNARD; Bellivier ;
Perregaux, sénateur; Brière-Sdrgy, président de la comptabilité générale; Estève, trésorier du gooYemement; Portaus; Yerville fils; Villeiiinot, payeur général de la marine; Berlier; Mallet Tatné; Gdillauve, président de la commission de comptabilité générale; An. DuQUESNOY; Desprez : Pemartin, législateur; Mollien; Bergou; Brune; Bellerklin; Bibarran.
L*empereur honorait surtout la Comédie-Française de sa protection et de ses libéralités. Le 2 juillet 1802, il dotait la Comédie-Française d'une rente annuelle de cent mille francs.
Paris, le 43 messidor an x de la République française, une et iodiv'&ible.
Les consuls de la république, sur le rapport du ministre de l'intérieur.
Arrêtent :
Article premirr. ~ Au 1er vendéoiiaire prochain, du grand-livre deria dette publique, no 14,231, volume Si, une somme de cent mille francs sera transférée à la caisse d'amortissement par le ministre de l'intérieur, et le produit en sera versé dans la caisse d'amortissement. ,
Art. ti. — Au moyen dudit versement, les comédiens français acquitteront :
lo Le loyer de leur salle i ;
2^ Les pensions de retraite qui seront accordées avec ragrémcni du gouvernement;
30 L'indemnité actuelle qui a été promise à quelques artistes, à l'époque de leur réunion au' théâtre de la République , et qui a
1. Messieurs les comédiens fronçais ont été exonérés en 185*2, sous le ministère de M. de Momy, par le prince Louis-Napoléon, président de la république, du payement du loyer de leur salle. II est vrai que messieurs les comédiens français payaient très^exactement le prix de leur loyer sous Louis-Philippe, et obtt^aient même souvent des remises.
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été payée jusqu'à ce jour sur les fonds du ministre de Tintérieur.
Art. jii. — La recette journalière de la Comédie sera employée à payer les parts et divisions ou fractions de part des coraédienS) conformément à l'état qui existe aujourd'hui.
11 sera pareillement pourvu, sur les mêmes fonds, au traitement de ceux qui ne seront pas reçus & part, et à toutes les autres dépenses.
Aucun comédien ne recevra, à l'avenir, ni supplément, ni indemnité sur les fonds du ministère de l'intérieur ou de la police.
Art. IV. — A compter du 1er vendémiaire an xi, le prix des loges, par quelques personnes qu'elles soient occupées, sera versé dans la caisse du théâtre.
Art. V. — Il sera soumis incessamment aux consuls, par le ministre de l'intérieur, un règlement de police et d'administration pour tout ce qui intéresse la Comédie -Française.
Art. VI. — Le ministre de l'intérieur est chargé de Texéculion du présent arrêté.
Le premier consul.
Signé i Bomaparts.
Le il décembre 1802, Mole, grand acteur, mourut à ïkge de soixante-neuf ans, après avoir joué poiu* la dernière fois, le 24 avril 1802, le rôle de Dubriage, du Vieux Célibaiaire, Le général Jubié, au nom du premier consul, assista au convoi composé de plus de trente voitures de deuil; le corbillard était attelé de six chevaux. Un service eut lieu à Saint-Sulpice; le cm^é de cette paroisse y prononça Téloge de Mole, en s'élevant contre les préjugés qui pèsent sm* la classe des comédiens. A Antony, le corps, qui fut inhumé dans une propriété de Mole, fut encore présenté à Téglise ; le curé et le maire prononcèrent chacun un discours sur les qualités privées et sur les grands talents de Mole.
Nous verrons sous la restauration se produire des
scènes bien différentes à renlcrrement de mademoiselle Raucoiut.
Le 29 octobre 1803, M. de Rémusat, après la représentation d'Agamemnon, de Lemercier, vient chercher le manuscrit de cette tragédie pom' le premier consul qui voulait la lire.
Le 3 juillet 1804, on n'inscrit plus sur les affiches les comédiens français sociétaires, mais bien les comédiens ordinaires de Vempereur.
L'empereur s'occupait lui-même des affaires du Théâtre Français.
Le 10 juin 1807, Joanny et Thénai-d, Tun tragédien et l'autre premier comique au théâtre de Lyon, reçwent l'ordre de venir débuter au Théàti'e-Fi-ançais à Paiis ; c'était là un des plus anciens et des plus impoi^tants privilèges de la Comédie-Française, de pouvoir recruter de grands artistes partout où il s'en trouvait. On a laissé tomber en désuétude, sous la restauration, ce privilège qui assurait la supériorité des représentations du Théâtre-Français.
Le {^^ novembre 1807, l'empereur Napoléon nomme M. de Rémusat surintendant général, avec pleins pouvoirs administratifs sur les sociétaires du Théâtre-Français, du théâtre Feydeau, du théâtre de l'Impératrice . l'empereur décide aussi la suppression de tous les billets gratis et de toutes les entrées de faveur au Théâtre- Français. Chaque sociétaire a deux gi-andes entrées et trois places dites 3e parents ; les auteurs, pour les six premières représentations de leurs pièces seulement, ont trente places, pour un ou\Tage en quatre et cinq actes; vingt places pour trois et deux actes; quinze places
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pour un aclc. Chaq[ue débutant ne reçoit que douze places. La liste des enti'ées e^t soumise à Tapprobation du surintendant.
Le 30 avril 1808, Tempei^eur accorde à Delriei^ Vauteur à'Artaxerce, le jour de la première représentation, une pension de deux mille francs. '
Le 19 septembre 1808, les comédiens français partent pour Erfurtb. Dazincourt remplit les fonctions d'ordonnateur des spectacles de la coiu*. Talma reçut pour sa part une gratification de dix mille francs.
A Erfurth, Talma portait tous les matins à Tempereur Tafficbe de la représentation du soir. Talma me raconta qu'un matin, avant d'arriver à la poite du cabinet de l'empereur, il fut retenu par le pan de son habit : « Prévenez donc l'empereur, lui dit ce visiteur impatient, que je suis là ! )> Ce visiteur impatient, c'était le roi de Saxe.
Le lef février 1809, l'empereur accorde -une pension de six mille francs à M. Luce de Lancival, l'auteur d*Hector, tragédie en cinq actes.
Le 7 août 1810, rempereiu* donne l'ordre de jouer toutes les pièces mentionnées au rapport du jury pour les prix décennaux.
C'est d'octobre 1812 qu'est daté le décret de Moscou, complément et consécration inscrits au Bulletin des Ims de tous les règlements adoptés depuis 1802.
Le 28 janvier 1813, la Comédie-Française, reconnaissante de tous les bienfaits de l'empereur, votait en assemblée générale le don de trois chevaux pour le service des armciis.
im MÉMOIRES
Le 12 juin 1813^ presque tout le pcrsonuel part pour Dresde. Fleury et mademoiselle Mars reçurent chacun une gratification de dix mille francs. Talma^ qui avait peu joué^ ne reçut que huit mille francs.
Quarante-cinq tragédies et soixante dix-neuf comédies^ répertoire ancien et moderne, ont été représentées pendant l'empire, à la cour impériale, dans les résidences de Saint-Cbud, de Fontainebleau, des Tuileries, de la Malmaison, de Gompiègne, de Trianon et de l'Elysée.