RÉAPPARITION DE DÉSIR
Quelques semaines après notre mariage , il s'en fit un autre à la ferme : ce fut celui de Désir, et le brave garçon fit bien voir , en cette circonstance , son bon goût et son bon sens.
Il épousa Toinette, la fille au père LapaiUe, le plus honnête homme du pays, mais pauvre.
Toinette ne possédait rien qu'un petit trousseau fort propret ; tandis que lui , Désir , à force d'ordre , d'économie , de travail , avait amassé seize cents francs. Combien d'autres , à sa place, n'eussent voulu épouser qu'une fille aj^ant aussi quelque chose! Mais si Toinette ne possédait rien, quel cœur d'or ! quelle droiture ! quelle belle humeur ! et quels trésors d'éducation !
Ecoutez plutôt.
Envoyée à l'école du village, elle y avait appris il lire, à écrire, à compter. Est-ce' tout ? Oh ! que
PREMIÈRE PAItTIE. !i^
Qoa pas. Elle avait reçu les leçons de sa mère. et voici l'inventaire très, exact de ses connaissances pratiques : Toinette savait coudre , mai-quer, tricoter , repriser, ravauder, tapisser, laver, repasser ; elle savait faire le pain , la galette et toutes sortes d'excellentes pàûsseries ; elle préparait à merveille le vin de quinquina, les sirops, tisanes . confitures ; elle savait battre et saler le beurre , Êiire le fromage , cuisiner et traire les vaches. C'était , de plus , une habile jardinière. Ajoutez qu'à soigner et panser les malades (bêtes ou gens) , elle était admirable.-
En beauté , en bonté , en savoir, je ne lui ai connu d'égale ou de supérieure que ma chère Gorgotine.
Aussi , Toinette et Gorgotine s'êtaient-elles aimées d'enfance, comme nous avions &it. Désir et moi.
Les deux noces eurent lieu très gannent ; les liabitants du village y voulurent prendre part ; ils vinrent , le soir, saluer et chanter « les belles mariées ; » après quoi , Désir et moi , nous les limes danser aux sons du galoubet.
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MEUOmES D UN