‹ Mémoires d'un imbécile: écrits par lui-mêmeChapitre 26 sur 98 · PREMIERS PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERS PARTIE

— C'est , nous dit-elle , de quoi vivre ea princesse.

Dans tous ces arrangements , il n'y eut pas une vilenie commise. Le notaire seul eût pu mériter quelque reproche , mais il fut mis très bon ordre à ses comptes , grâce à Gorgotin , devenu premier clerc de son étude, et que j'avais cliargé de surveiller notre liquidation.

Mon père, en mourant, laissait une réputation de probité, de droiture, dont nous sentions parfaitement le prix. Mais quelques personnes se demandaient comment il se pouvait faire qu'il ne fût pas, comme tant d'autres industriels , devenu millionnaire.

Si ces personnes-là avaient été admises à vérifier les registres très bien tenus de la maison paternelle, , elles eussent pu constater que le million avait été dépassé.

Elles y eussent trouvé d'abord cinq cent cinquante mille francs placés dans l'instruction et rétablissement des quatorze enfants.

Elles y eussent trouvé pendant trente ans chaque année , au 1" janvier, quinze mille francs de gratification distribués aux ouvriers. Ce deuxième article , non compris les intérêts accu-

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08 UÉNTOtRES d'un IHBlïCrLE.

mules, formant un nouveau placement (excellent ! ) de quatre cent cinquante miUe francs.

Mon père avait donc su, lui aussi, tirer de son industrie le million, et plus; il avait même su lui trouver, à ce million, l'emploi le plus sage , le plus fécond , le plus profitable.

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