‹ Mémoires d'un imbécile: écrits par lui-mêmeChapitre 96 sur 98 · LES PENSEES DE DESIR · texte numérisé non relu

LES PENSEES DE DESIR

Désir, en cultivant la ferme , s'était aussi fortement cultivé lui-même. Par la lecture? Non. Peu d'hommes ont vécu moins dans les livres ; mais un milieu éclairé , une heureuse mémoire , une grande attention aux choses , un esprit observateur et pénétrant , beaucoup de sens pratique , avaient hit de lui , à la longue , un homme fort instruit à sa &çon , fort original et parfois aussi un peu paradoxal. C'est ainsi que souvent il disait que , dans une société où la science serait chose usuelle et familière , comme chee nous , l'école deviendrait inutile.

Il n'y a, disaîWl encore, de fécond enseignement que par la parole et l'action.

Quel recueil on fereùt des pensées de Désir ! J'y songe quelquefois...

QUATRIÈME PAllTIE. 271

Mais les pensées parlées , chez un tel homme , ne traduisent qu'imparfaitement son âme. Ses plus fortes, ses plus fécondes pensées s'expriment non par la parole , mais par l'action.

Il me disait un jour :

— Je ne vois pour l'homme que cinq occupations ; mettre en action sa pensée, la parler, l'écrire , la chanter ou la peindre ; mais quand on n'en a qu'une , la premièrâ n'esirsUe pu encore lamâlleura?

C'est , en effet , là que le digne homme a mis tout son art.

C'est là que l'ont mis autour de nous Gorgotine, Toinette, François, Désirée, Abeille et tous les autres.

Ah ! les chers , les grands , les excellents artistes I

c..,Googlc

MÉMOIRES d'un IHBËCILE.

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