‹ Mémoires d'un journaliste (volume 2)Chapitre 4 sur 19 · V. Je voussouhaite t^us les bonheurs que vous pouv^'z rêver · texte numérisé non relu

V. Je voussouhaite t^us les bonheurs que vous pouv^'z rêver

G. Et moi je S-ihaite q je les exi;5ence.s de la poiltique vos an:ènent s ou ver.*, à Pir.s.

V. Où uou$ p- urrom (ontinu^i notre h' r^.'Cv'». J'aurai .V h'Ûî i^ ! e^t'r .;**'# > i/iar-irro qui eét ji'.u* /«-^ureuj <;;ue ce.ui 'jui r y * f'^rV en v>/, u. m et en fy w .'' -S- n Ck .i^i: T2te\r .'ï-2 ."r''^'' ,"'•;.*> -j ' :.''i :^ 'iV a.*'* h^-ri'xm.^- *>

G. Ce qui nous mettra à même d'aller vous remercier de la décoration que M. de Villemessant et votre tout dévoué ont osé demander pour leur ami D...

P. GiLLE.

Ce petit travail d'écoliers en gaieté terminé, notre lettre fut mise à la poste et quelques jours après S. Exe. Khalil-Bey nous répondait elle-même par la lettre suivante:

« Vienne, le 1»' octobre.

< Mon cher monsieur de Villemessant,

<^ Je vous remercie, ainsi que M. Gille, de vos aimables félicitations et de votre spirituelle lettre collective.

« Je pars après-demain pour Constantinople, ce qui me surcharge d'occupations. Ceci m'excusera j'espère à vos yeux, de ne pas vous écrire plus longuement.

« Votre tout dévoué :

f( Khalil. >

Ainsi que nous Tavions espéré, et comme Son Excellence Tavait promis, notre ami eut Thonneur de recevoir la croix du Medjidié.

Le mariage de Khalil-Bey avec la fille de Mustapha-

Pacha a trop défrayé les journaux pour que j'aie à en rien dire ici. Dès que je Feus appris par Gille, nous lui écrivîmes la lettre suivante. Cette fois je pris tout seul la plume ; il ne faut pas, disait Scribe^ faire deux fois la même plaisanterie. Si elle a réussi une première fois, elle court risque de moins porter une seconde fois ; si elle a manqué son e/jfet, pourquoi la recommencer ?

Voici ma lettre :

« Chère Excellence,

c Nous devons, avant tout, vous dire que si vous n'avez pas depuis longtemps reçu de nous une lettre,.c'est que nous avions formé le projet, qui vous paraîtra bien insensé, d*aller vous remercier nous-mêmes à Constantinople. Comme c'est là un de ces voyages qu'il est permis aux journalistes de rêver, mais que peuvent réaliser seulement les grands seigneurs, nous sommes restés à Paris...

« Permeltez-nous, encouragés par votre courtoisie, de vous adresser une demande :

« Votre Excellence vient de se marier : rien de plus facile à Elle que de continuer sa race, aussi n*esl-ce pas sur ce point que nous voulons insister ; nous vous supplions de faire en sorte que vos nombreux descendants soient tous aussi charmants, à la fois Turcs et Français accomplis, que vous Tètes vous-même.

« Nous savons que ce n'est pas chose facile, mais

nous savons aussi que vous êtes trop aimable pour nous refuser un pareil service.

« Nous nous arrêtons dans la crainte d'être indiscrets, en priant Votre Excellence d'agréer l'expression de nos sentiments les plus respectueux et les plus dévoués.

f H. Dç ViLLBMESs|r?T. — Ph? Gi|.le. »

Bien des événements se sont passés depuis cette époque; le plus considérable est la révolution qui vient de s'accomplir à Çonstantinople. La question est grave et intéresse tout le monde; aussi, jugeant de l'intérêt que présentera un récit exact des faits qui peuvent surgir, fc Figaro a-t-il dû envoyer en Turquie un de ses rédacteurs, chargé de lui adresser une correspondance spéciale.

Ce rédacteur est M. Ivan de Wœstyne , que nous

avons naturellement recommandé à Khalil-Bey.

A la fin de la lettre, aussi sérieuse que possible, qu*il doit remettre de ma part à Son Excellence, j'ai écrit, et mes lecteurs qui connaissent la première partie de ces notes sur Khalil-fiey, comprendront ma plaisanterie. *

c Vous êtes actionnaire du Figaro; Votre Excellence

MES VOYAGES ET l|E3 PUISONS. H9

se souvient que je Tai fortement engagée à ne jamais aliéner cette propriété. Mais aux grands maux les grands remèdes; aussi, si ces actions pouvaient sauver les finances turques, n'hésitez pas un seul instant. C*est un grand /sacrifice, c'est iqcontesta)3le^ mais la patrie avant tout !»

Puis, parlant sérieusement, j'ajoute :

« Je suis sûr, 4'aiUours, que vous r^'en aurez pas besoin, car tout le monde ici est persuadé quo nul n^ travailler^ plus efficacement queyous à la régénération de votre pays,

« Veuillez ag^é^r, Excellence, etc. »

Notre collaborateur est parti, escorté de bo» nombrç de recommandations ; entre autres, celle de M. Clément L^iinpr (un enfaut prodigue, celui-là; qui a bien fait d^ changer 4e troupeau pQliUqup). Je me permets 4^ donner la primeur de sa lettre aux lecteurs de ces Mémoire^.

« Paris, !•' juin 1876.

« Chère Excellence,

f Je profite du départ d'un de mes amis pour vous féliciter de la besogne que vous venez de faire à Constantinople. Je vous rappellerai seulement le mot de Catherine de Médicis à Henri HI : — Bien coupé^ mon

fils, maintenant il faut œudre. — C'est là que l'opinion publique vous attend en France et ailleurs. Nous allons voir comment vous coudrez.

<K Pour moi, je désire ardemment que votre pauvre peuple se relève et que vous preniez une grande part ïsa résurrection. Gomme Français, comme ami, vous pouvez compter sur toutes mes sympathies et sur le peu que je puis.

« Cela dit, je vous présente un de mes bons amis, M. Ivan de Wœstyne, homme d'infiniment d'esprit et de beaucoup de courage. C'est un ancien Belge qui s'est fait naturaliser Français afin de se battre pour nous en 1870. Il s'est en effet admirablement battu. Je vous serai infiniment obligé de lui être aussi utile et aussi agréable que faire se pourra.

€ J'envoie à Votre Excellence l'expression de mes meilleurs souhaits et de mes plus affectueux sentiments.

« C. Laurier. »

Je donne aujourd'hui ces notes] et ces lettres que j'avais gardées depuis quatre ans, sans penser qu'elles pourraient jamais me servir, parce que je sais que le public aime assez être renseigné, même sur les petites

choses, et que je crois intéressant pour tout le inonde de savoir quels sont les hommes entre les mains desquels se trouve maintenant la Turquie.

Je me suis attaché à ne dire que ce que je savais personnellement de Khalil-Bey ; on a pu constater et son esprit et son affabilité ; c'est un homme qui résume la civilisation moderne dans ce qu'elle a de plus complet. De ses qualités d*homme d'Etat je ne parlerai pas. Mais il suffit de constater que la Turquie l'a appelé au pouvoir dans toutes les grandes occasions, et dans de pareilleflr circonstances un pays ne s'adresse qu'à ceux de qui il doit attendre de hautes lumières et un grand dévouement.

A ce titre, le nom de Khalil-Bey ne pouvait manquer de venir sur les lèvres de tout le monde.

Dans la dernière partie de ces notes improvisées à bâtons rompus, j'ai parlé de quelques-uns des anciens rédacteurs du Figaro et j'ai raconté divers incidents de la vie intérieure du journal. Si peu complète que doive être cette ébauche de l'histoire du Figaro, je ne puis passer sous silence une innovation qui fit sensation dans son temps; je veux parler de ces dîners qui furent donnés par mon journal et auxquels tous ceux

12S MÉNOIRES D'UN JOUI^N^l^ISTE.

qui portaient un nom d'homme de talent ou d'esprit avaient le droit de prendre p^rt.

Heureux temps pour moi que celui-là; le Figaro étant alors purement littéraire ne comptait que quelques rares ennemis ; c'étaient des écrivains qui trouvaient qu'on n'avait pas dit assez de bien, ou qu'on avait écrit trop de mal de leurs pièces ou de leurs livres, des peintres qui nous accusaient d'avoir mauvais goût, etc. ; mais comme en résumé ces piqûres étaient légëreSy.on arrivait facilement à les guérir, et il n'était pas rare, quand on se rencontrait avec les blessés, de se tendre la main comme si de rien n'était.

Chose étrange, c'était Jouvin, le plus affable et le plus doux des hommes (j'en appelle à ceux qui le connaissent), qui faisait avec sa plume les blessures les plus profondes. Vivant très-retiré du monde, au fond de sa bibliothèque, entouré de ses. livres, Jouvin n'a qu'un très-petit nombre de relations, il reçoit peu et ne va voir personne; aussi, qpan4 sa plume était lancée, allait-elle toujours droit son chemin, sans faire le moindre détour dans la crainte d^ froisser Pierre ou Paul ; il ne les connaissait pas et disait franchement, cruellement parfois, toute sa pensée.

Au contraire de lui, moi et mes r^4^c(pur3 qui» aux premières représentations, dans les paféç, au restau-

MES ypYAGES ET MES PRISONS. 1^

rant, partout enfin, nous trouvions en relations plus pu moins intimes avec les écrivains et les artistes, nous étions plutôt portés à adoucir un insuccès qu'à le constater crûment. Est-ce à dire pour cela que nous ayons, nous, toujours été des agpeaux? Non, et nous aurions eu bien tort, car les autres n'étaient guère tendres pou)r nous.

En principe, il faut bien l'avouer, les gens de lettres, les artistes ne s'aiment pas; j'ajouterai pour les excuser que je ne crois pas qu'on se chérisse non plus dans les autres métiers. Je n'ai jamais entendu parier de l'adoration que les médecins avaient pour les médecins, les avocats , les notaires, les avoués pour |eurs confrères, ni même les chocolatiers pour les autres cho-

colatiers.

Malgré celte bonne raison, je trouvais qu'il étfiit pitoyable de voir que des gens d'esprit ne se parlassent plus entre aux pour de légères égratignures faites h leur amour-propre, pour un mot le plus souvent lancé sans réflexion. C'est alors que je conçus l'idée de donner un grand dtner, dans Tespoir qu'une fois réunis autour de la même fable, les inimitiés tomberaient d'elles-mêmes et que l'arriéré des comptes de rancunes se solderait en bonnes poignées de main.

B|ieux qu'un autre à cette époque je pouvais entre-

124 MÉMOIRKS D'UN JOURNALISTE.

prendre une aussi grosse besogne avec espoir de succès. On me connaissait pour savoir panser toutes les plaies, avec un mot, un article inséré à propos, et on me savait gré du métier d'infirmier que je rempli3sais de moi-même sans qu*on eût rien à me demander. Aussi mes ennemis n'en étaient-ils pas. Les bons, vrais ennemis (je le dis pour ceux qui en désireraient), on ne peut se les procurer qu*en parlant politique. Un poëte oubliera que vous avez mal parlé de ses vers, un peintre, de sa peinture, un compositeur, de sa musique, un mari vous pardonnera (il y a des exemples), de l'avoir fait... ridicule, il ne vous pardonnera pas d'avoir une autre opinion politique que la sienne. L'imbécile exalté par la politique vous absoudra de tous les vices et de tous les crimes, si vous partagez sa marotte.

Il n'y a que la politique qui puisse séparer sérieusement les gens. Je me rappelle le temps où nous étions absolument liés, Gambetta et moi. Qu'on essaie maintenant de nous faire faire des mamours ! Et pourtant que de bonnes soirées nous avons passées au café Riche à tailler des bavettes ; avons-nous assez ri pendant nos voyages, et quand nous faisions route, lui et son spirituel ami Laurier, de Paris à Hombourg! De ces charmantes relations il ne resle plus rien, et si nous nous rencontrions avec Gambelta, nous nous regarderions comme deux chiens de faïence ! Yoilà ce qu'a fait la politique, rien que la politique. En effet.

ce qui prouve que nous n'étions pas si hostiles l'un à l'autre, c'est qu après le plaidoyer pour l'affaire Baudin, j'écrivis dans le Figaro que je venais d'entendre un avocat qui serait certainement un tribun de l'avenir.

Je me rappelle à ce propos que je dis au ministre de rintérieur d'alors, M. Pinard :

— Vous aviez un si bon moyen de tuer la manifestation Baudin ! Il suffisait que l'Empereur et ses ministres se missent en tête de la souscription. Les citoyens fripouillards n'auraient pas voulu se trouver en si mauvaise compagnie.

Les grands politiques appelleront : petits moyens, ces modes de procéder ; je les trouve infiniment plus humains que ceux qui aboutissent invariablement aux charges de cavalerie et aux coups de fusil dans les rues. Aussi n'aurai-je jamais assez d'admiration pour l'esprit et l'humanité du brave Lobau, qui a trouvé que des pompes suffisaient pour dissiper des groupes révolutionnaires. Rafraîchissez avec de Teau la cervelle de ces imbéciles et vous n'aurez pas besoin plus tard d'y mettre du plomb. Je le répète, l'action du maréchal Lobau est digne de tous éloges, et son nom doit rester

comme celui d'un bon Français, d'un héros spirituel.

Bien des fois je me suis demandé comment, si le malheur m'avait fait souverain, j'aurais agi pour m assurer contre les révolutions. Entre autre moyens, j'ai

i2() MÉMOIRES D'UN JOURNALISTE.

trouvé celui-ci, que je recommande aux gouvernants. L'idée m*en vint en 1848, alors que le peuple souverain faisait des barricades pour arriver à prendre les Tuileries, dont il savait les caves bien garnies. Car, chose digne de remarque, c'est toujours aux caves qu'on s'en prend aux jours d'héroïsme révolutionnaire. Le Palais-Royal, les Tuileries, Neuilly, en savent quelque chose ; les révolutions en France sont un peu comme le jeu et les belles de Topéra-comiqqe, elles ne vont jamais sans levin^

Donc, je regardais la barricade énorme qu'on avait construite devant le Palais-Royal pour assiéger le poste du Chàteau-d'Eau qui se trouvait en face, au côté droit de la fontaine, et je me disais : Qu'adviendrait-il si, pour protéger ce poste, où les républicains viennent de brûler vifs des gardes municipaux, tous soldats d'élite, mariés , pères de famille pour la plupart , on avait fait une autre barricade, celle-ci triple et couverte de paniers remplis de saucissons, de charcuterie, de pain bien tendre, couronnée, au lieu de pièces d'artillerie, de plusieurs pièces de vin garnies de douzils qu'on n'aurait eu que la peine de retirer pour empUr son verre : que serait-il arrivé?

Les héros de l'insurrection se seraient-ils dit : « Passons sans seulement tourner la tête devant ces comestibles et allons tuer des gens que nous jie connaissons

pg§, parce que nous ^vons été lancés par des bornages quQ nous ne connaissons pas davantage et qui veulent être ministres oq députés? » Point! les bravis^ révolutionnaires auraient d*abord fai); le siège en règle dp }a pharcuterie; on aurait bu, piangé. ou aurait r|, pbantiiy çt I9 canaille, au lieu de se ruer sur des objets d'art pour les mettre en uiiettes, au lieu de fusiller un pauvre diable, parce qu'il n'avait pris qu'une petite cuillère au sac des Tuileries, fût rentrée fort satisfaite chez elle; les pauvres femmes eussent été moins battues, les enfants moins abandonnés parce qu'on se serait remis au travail le lendemain.

Mais Ip progrès guettait ces pauvres patriotes sous forme d'ateliers nationaux et les préparait doucement pour l'exil et la fusillade.

Je reviens à ma barricade ; c'était je crois la meilleure et la plus solide qu'un gouvernement puisse imaginer; elle eût reçu tous les assauts des patriotes.

Que les frères et amis qui liront cela (et ils nous lisent tousl) ne diàent pas que non; je les connais, rien qu'à penser aux comestibles, aux jambonneaux, etc., je suis sûr que Teau leur vient déjà à la bouche.

Je ne sais pas de principes révolutionnaires, de questions sociales dont les apôtres puissent tenir dix minutes devant un étalage de charcuterie et quelques bouteilles de bon vin.

Un jour que nous causions avec M. Hirvoix, le commissair§ des résidences impériales, je lui dis mpn opi-

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nion au sujet de la façon dont on traitait les émeutes, c — Mon avis, lui disais-je, est qu'on accorde trop d'importance à des manifestations qui, pour la plupart, ne sont que des gamineries au commencement et devraient toujours être traitées comme telles. Toute révolution a pour principe un gamin, comme tout incendie a pour commencement une étincelle. Uii coup de pied donné et une goutte d*eau versée à temps eussent empêché bien des scènes sanglantes , bien des désastres.

J'ai remarqué depuis longtemps comment procédaient les manifestants dans Paris, avant la guerre. C'étaient d'abord des groupes qui se formaient sur un boulevard, puis qui, se réunissant, constituaient une foule compacte dont chaque personne demandait à l'autre : — Qu'est-ce qu'il y a? — Le lendemain, à la même heure, la même foule revenait pour voir les groupes; quelques marmitons et garçons pâtissiers (j'ai toujours constaté la part active que les marmitons prenaient à nos révolutions) cassaient les vitres d'un réverbère, plus loin des gamins s'acharna nt sans raison culbutaient un kiosque de marchand de journaux.

Dès lors rémeute était constituée régulièrement et devenait un but de promenade pour les Parisiens qui se rendaient là comme on les a vus aller voir tomber les obus quand Paris était assiégé par les Prussiens; les dimanches surtout, la foule était plus considérable dans les quartiers bombardés, parce que les badauds y con-

duisaient leurs enfants pour les récompenser de leur bonne conduite pendant la semaine.

Revenons aux émeutes.

Le rendez-vous général de Paris était à l'endroit où s'étaient passées ces premières scènes de violence. On se serait peut-être lassé d'un aussi beau spectacle , s'il n'avait été rendu plus intéressant encore par l'arrivée de la cavalerie et des troupes qui passaient sur les trottoirs.

Rien de plus triste, de plus morne que ces défilés destinés à produire un grand effet.

— îBftvez-vous, disais-je à M. Hirvoix, en continuant ma conversation, savez-vous ce que je ferais si je commandais Paris? Au lieu d'envoyer ces soldats silencieux, tristes, inutiles, je mettrais à leur tête la musique de leur régiment ; je ferais exécuter la Femme à barbe j ou le Roi barbu qui s'avance^ bu, par exemple; tous les badauds du boulevard, qui n'ont jamais résisté à une musique militaire, se mettraient au pas avec les troupiers et les suivraient partout où ils iraient. Votre boulevard serait instantanément nettoyé, les boutiques rouvriraient, et quant à vos curieux et vos émeu tiers, vous les auriez conduits à la préfecture de police où ils seraient tous entrés sans seulement s'en apercevoir.

Le lendemain, j'aurais voulu qu'ils trouvassent tout Paris en fête, que l'Opéra, l'Opéra-Comique^ le Théâtre-Français, les théâtres de drame fussent ouverts gra-

ii^ MÉMOIRES D'UN JOURNALISTE.

Nul ne pourra y assister sans avoir satisfait à la double formalité de la souscription et du concours.

Le nombre des convives admis ne pourra jamais dépasser trente.

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