‹ Memoires d'un MormonChapitre 3 sur 14 · SUR L'OEUVRE DE JOSEPH SMITH · texte numérisé non relu

SUR L'OEUVRE DE JOSEPH SMITH

Xaissance du propheTe. — Ses premieres visions racontees par lui-meme — Son mariage. — Martin Harris et le profe--seur Antlion. — Olivier Covvderey. — Analyse, du Lfvre de Mormon. — L'Amerique, probleme insoluble pour la science contemporaine.

Le fondateur du mormonisme naquit le 23 decemb're 1805, a Sharon, dans le comte de Windsor, Etatde Vermont. Son pere, Joseph Smith, dont il etait le quatrieme enfant, se ruina de bonne heure dans une speculation de ginseng (sorte de the) cristallise, dont il avait envoye en Chine un chargement, qu'un consignataire infidele ne lui paya jamais. Sa mere, Lucy Mack, femme des plus pieuses, avait eu neuf enfants. Reduite

;i la gene, celte famille se retira bientdt a Palmyra, dans 1'Etat de New-York, ou elle lit l'acquisition de cent acres de terre, et,a force de labeurs, elle finit par reconquerir quel que aisance. Lucy Mack, qui a public ses memoires, declare que rien de remarquable ne signala l'enfance de Joseph, saufle trait suivant. Vers l'age de huit ans, il supporta stoiquement, sans jamais vouloir se laisser attacher, une operation des plus douloureuses, ['extraction d'un os de la jambe, qui s'etail carie apres de longues souffrances. II apprit aux ecoles primaires a lire assez couramment, a ecrire inediocrement, et a faire tant bien que nial les quatre operations de l'arilhmetique. La se borna l'education qu'il regut du fait de ses parents. A l'age de quinze ans, il inontrait, d'apres le rapport de sa mere, les dispositions morales les plus heureuses. En 1820, un grand revival eut lieu a Manchester, dans le comte d'Ontario, Ht;ii de New-York, qu'habitait alors sa famille. Un revival (reveil) est une conference generate religieuse, souvent fort tumultueuse, a laquelle prennent part des membres de tous les cultes dissidents. Comme cette conference fut le point de depart de sa mission, nous allons laisser la parole au prophete pour nous apprendre luiiiKMiie comment il Cut appele a fonder l'Kglise nouvelle.

« I'avais alors quinze ans. La famille de mon

pere embrassa la foi de l'Kglise presbyt^rienne. et quatre de ses membres s'y joignirent, savoir : ma mere, mes freres Hyrum>et Samuel Harrison, et ma soeur Sophronia.

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» Durant ce temps d'effervescence et de controverses, je fis de serieuses reflexions, etj'eprouvaidegrandes perplexites. Mais, malgre les impressions vives et poignantes que je ressentais souvent, je ne m'attachai a aucun de ces partis, bien que j'assistasse a leurs reunions, toutes les fois que je le pouvais. Plus tard je fas un peu prevenu en faveur de la secte des methodistes, et je me sentais quel que penchant a m'y reunir. Mais il y avait tant de confusion et de contestations entre les differentes eglises, qu'il devenait impossible a un individu aussi jeune que je l'etais, et avec aussi peu d'experience des homines et des choses, de determiner avec certitude de quel cote se trouvait la verite. Plus d'une fois je me sentis bouleverse, tant les clameurs etaient grandes et le tumulte incessant. Les presbyteriens s'acharnaient contre les baptistes et les methodistes, pour demontrer ou du moins faire croire que ces derniers etaient dans l'erreur. En revanche, les baptistes et les methodistes n'etaient pas moins jaloux de soutenir leurs idees, en condamnant tous les autres cultes.

» Au milieu de ces luttes de paroles, de ce tumulte d'opinions, je m'etais souvent dit a moi-meme : Qu'y a-t-il a faire? Quel est celui de ces partis qui a raison ? Ne sont ils pas tous egalement dans l'erreur ? Si l'un d'eux a raison, quel est-il ? Comment pourrai-je le connaitre ?

)> Pendant que mon esprit souffrait si cruellement des contestations de ces partis religieux, je vins a lire un jour le cinquieme verse t du premier chapitre de

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I'epitre de saint Jacques qui est ainsi concu : « Si quel- » qu'un de vous manque de sagesse, qu'il la demande a » Dieu, qui la donne a tous liberalement, et qui ne la » reproehe point, et elle lui seradonnee. » Jamais passage des Ecritures n'alla au coeur d'un homme avec plus de force que celui-ci au mien. II me remua jusqu'au fond de l'ame. J'y revins coup sur coup, sachant que si quelqu'un avait besoin de la sagesse de Dieu, c'etait moi ; car je ne savais et n'aurais jamais su que faire, si je n'avais recu plus de sagesse que je n'en avais eu jusqu'alors. Les docteurs des differentes sectes variaient tellement entre eux sur la maniere d'entendre un meme passage, qu'ils faisaient douter de toute solution quand ils en appelaient a la Bible. J'en vins a conclure que je devais rester dans l'obscurite et le chaos, ou faire ce que Jacques ordonne, demander a Dieu la sagesse. Je resolus done de m'adresser directement a lui; car s'il etait vrai qu'il la donnat liberalement et sans lareprocher, je pouvais bien en faire l'experience. Ayant pris cette determination, je me retirai dans un bois pour essay er de m'adresser a Dieu. C'etait un matin par un beau jour, au printemps del'an 1820. Jamais jusque-la, au milieu de toutes mes preoccupations, je n'avais essaye de prier seul a haute voix.

» Arrive dans l'endroit que j'avais choisi pour me recueillir, je regardai autour de moi , et me voyant seul, je m'agenouillai et adressai a Dieu les desirs de mon coeur. A peine eus-je fait cela, qu'un certain pouvoir s'empara de moi, me tint subjugue, et fit sur mon etre un effet si extraordinaire que ma langue en de-

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meura comrae paralysee. D'epaisses tenebres m'enveloppaient comme un voile, et il me sembla que j'allais perir tout d'un coup. Mais comme je m'efforgais de crier a Dieu qu'il me delivrat de cet ennemi qui s'etait empare de moi, et au moment meme ou j'allais desesperer, — m'abandonnant, non a une perdition imaginaire, mais au pouvoir d'un etre reel du monde invisible, doue d'une force telle que je n'en avais jamais senti de semblable chez personne ; — dans ce moment de supreme detresse, je vis, directement au-dessus de ma tete, une colonne de lumiere, dont l'eclat surpassait celui du soleil, et qui descendit jusque sur moi, ou elle s'arreta. En ce moment, je me trouvai subitement delivre de l'ennemi qui me tenaitlie. Tandis que la lumiere reposait sur moi, je vis deux personnages dont la splendeur et la gloire etaient au-dessus de toute description ; ils se tenaient debout en l'air au-dessus de moi. L'un d'eux me parla, m'appelant par mon nom, et me dit (en montrant l'autre) : C'est mon fils bienaime, ecoutez-le.

» Ce que j'avais desire, quand je m'etais propose d'adresser ma requete au Seigneur, c'etait de savoir laquelle de toutes les sectes etait la bonne, afin de me joindre a elle. C'est pourquoi, aussitot que je retrouvai le libre usage de mes sens de maniere a pouvoir parler, je demandai aux personnages qui etaient debout au-dessus de moi dans la lumiere, laquelle de toutes ces sectes etait la vraie (car, a cette epoque, il n'etait jamais entre dans ma pensee que toutes fussent dans l'erreur), et a laquelle je devaisme joindre. II me

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Jiit repondu que je ne devais me joindre a aucune d'elles, parce qu'elles etaient toutes erronees, que leurs doctrines n'etaient autre cliose que des preceptes liumains, faussement revetus d'une forme divine...

» 11 me reitera sa defense de me joindre a aucune de ces sectes, et me dit beaucoup d'autres choses que je ne puis ecrire maintenant. Quand je revins a mon etat ordinaire, je me trouvai couche sur le dos, les yeux fixes au ciel.

» Peu de jours apres cette vision, je me rencontrai avec un des predicateurs methodistes, qui prenait une part tres -active a la conference dont j'ai parle ; et comme je conversais avec lui sur la religion, je lui racontai la vision que j'avais eue. Sa maniere d'agir me surprit fort; il traita ma communication non-seulement avec legerete, mais avec un grand mepris, disant que tout celavenait du diable; que de nos jours il n'y avait rien de pareil a des visions oil a des revelations ; que toutes les choses de ce genre avaient cesse avec les apotres, et qu'il n'y en aurait jamais de nouvelles.

» Gependant je vis bientot que mon recit excitait beaucoup de preventions contre moi parmi les divers miiiistres, et devenait la cause de contrarietes qui ne firent qu'augmenter. Quoique j'eusse a peine quinze ans, et que les circonstances de ma vie ne fussent nullement de nature a faire de moi un personnage de quelque importance dans le monde, des hommes respectables ne laisserent pas de me remarquer assez pour indisposar les gens et provoquer contre moi de vives persecutions, et toutes les sectes se mirent d'accord

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pour me poursuivre. Une chose qui m'a souvent fait faire de serieuses reflexions, alors aussi bien que plus tard, c'est qu'un jeune gareon, inconnu, a peine age de quinze ans, et reduit a gagner par un travail journalier une maigre pitance, flit digne d'attirer l'attention des principaux chefs des sectes les plus populaires du jour, au point d'exciter chez eux un esprit de persecution et d'injure. Mais, etrange ou non, la chose etait ainsi, et cela me causa souvent de bien vives peines. Cependant ce fait ne restait pas moins etabli pour moi ; j'avais eu une vision, et la persecution ne

pouvait me faire nier ce que j'avais vu

» J'avais done obtenu la satisfaction d'apprendre que je ne devais me joindre a aucune eglise, mais rester dans l'etat ou j'etais, jusqu'a ce que je recusse d'autres instructions. Je continuai de travailler a la terre, constamment tourmente par des gens de toutes les classes, tant religieux iqu'irreligieux, parce que je continuai a afflrmer que j'avais eu une vision.

)) II m'avait ete defendu de me joindre aux eglises officielles ; et, jeune comme j'etais, persecute par ceux qui auraient du, s'ils me supposaient dans l'erreur, chercher plutot a m'en tirer par des proceeds affectueux, je fus, dans l'intervalle qui s'ecouladepuis ma premiere vision jusqu'a l'annee mil huit cent vingttrois, expose a tous les genres de seduction. Entraine par mes passions, je commis, helas ! bien des fautes, et fis des choses desagreables a Dieu. Je m'etais senti souvent condamne pour ma faiblesse et mes imperfections, lorsqu'enfin, le 21 septembre 1823, apres m'eLiv

mis au lit. comrae a I'ordinaire, je suppliai le Tout-Puissanl de me pardonner toutes mes folies, et de vouloir bien se manifester a moi pour me faire connaitre quelle £tait la situation de mon ame en sa presence.

» Pendant que je priais avec ardeur, je vis apparaitre dans la chambre line lumiere, qui eclaira la piece plus brillamment qu'en plein midi ; et une figure apparut subitementacote de mon lit, se tenant debout en Fair, car ses pieds ne touchaient pas le plancher. Elle etait revetue d'uiie robe flottante de la plus eclatante blancheur, et telle que je n'ai jamais rien vu de pareil ici-bas. Elle n'avait pas d'autre vetement que cette robe, ouverte de maniere que je pouvais voir sa poitrine. Cette apparition etait glorieuso au-dela de toute expression, et son visage resplendissait comme un eclair.

» Au premier moment, j'eus peur \ mais bientot ma crainte s'evanouit. Le bienheureux m'appela par mon nom, en m'annoncant que Dieu l'avait envoye vers moi, et qu'il se nommait Nephi ; que Dieu avait une ceuvre a me faire accomplir, et que mon nom serait beni et maudit par toutes les nations. II m'apprit qu'en un certain lieu etait depose un livre, 6crit sur des lames d'or, et revelant l'origine et l'histoire des anciens habitants de ce continent. II me dit que ce livre contenait l'Evangile eternel, tel que J£sus le leur avait lui-meme annonce. II ajouta qu'il existait deux pierres encadrees dans des baguettes d'argent, qui constituaient ce qu'on appelle VUrim-et-Thummim, et qu'elles etaient deposees avec les annales ; que la possession et l'usage

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de ces pierres etablissaient anciennement les voyants, et que Dieu les avait preparees pour la traduction du livre '. »

Le jeune prophete nous apprend ensuite qu'une vision lui montra clairement l'endroit ou ces annales se trouvaient deposees, et que le messager celeste renouvela deux autres fois sa visite dans la nuit pour lui repeter ses instructions. Le coq ayant chante, Smith se levait pour travailler avec ses parents, quand l'envoye divin lui apparut une quatrieme fois et lui redit les memes choses, lui enjoignant de communiquer le tout a son pere. Celui-ci lui dit que cette vision venait de Dieu et qu'il fallait faire tout ce qui lui avait ete ordonne. S'etantimmediatement rendu au lieu indique, Joseph reconnut sans peine la colline qui renfermait le depot sacre.

Pres du village de Manchester, dans le comte d'Ontario, Etat de New- York, se trouve une eminence plus considerable que celle des environs, et qui est devenue celebre dans' les fastes de la nouvelle Eglise sous le nom de Cumorah. Sur le flanc occidental de cette colline, non loin de son sommet, et sous une pierre d'une grande dimension, des lames d'or se trouvaient deposees dans un coffre de pierre. Le couvercle en etait aminci vers ses bords, et releve au milieu en forme de

1 Mentionnt5 plusieurs fois dans les Ecritures, rUrim-Thummim, instrument ctleste,flgurait sur le pectoral du grand-pretre Aaron, et servait aux souverains sacrificateurs d'Israel pour obtenir dps rev(?laiions divines.

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boule. Apres avoir degage la terre, Joseph souleva le couvercle a l'aide d'un levier, et trouva les plaques, rilrim-Thummim et le pectoral. Le coffre etait forme de pierres reliees entre elles aux angles par du ciment. Au fond se trouvaient deux pierres plates placees en croix, et sur ces pierres les lames d'or et les autres objets. Joseph voulait les enlever, mais il en fut empeche par l'envoye divin, qui l'informa que le temps n'etait pas encore venu, et qu'il fallait attendre quatre ans a partir de cette epoque. D'apres ses instructions, Joseph se rendit tous les ans le meme jour au lieu du depot, pour recevoir de la bouche du messager celeste des instructions sur la maniere dont le royaume de Dieu devait etre fonde et gouverne dans les derniers jours.

A cette Cpoque, la famille de Joseph etait pauvre. Son pere, ses freres et sceurs etaient obliges, comme lui, de travailler de leurs mains et souvent de louer leur travail a la journee. En octobre 1825, Joseph semitau service d'un riche vieillard du nom de Josiah Stoal, qui vivait dans le comte de Chenango (New-York). II fut employe par M. Stoal avec d'autres ouvriers aux travaux d'une mine d'argent qui avait ete ouverte par les Espagnolsa Harmony (Pensylvanie). Apres un mois d'infructueuses tentatives, Joseph engagea le yieillard a abandonner sa mine. « G'est ce fait, dit Joseph, qui a donne naissance a l'opinion communement repandue quej'etaisunchercheurde tresors (a money digger).))

II fut alors demeurer chez Isaac Hale, fit la connaissance de sa fille Kmina. qu'il epousa le l<s Janvier I S27

a South-Bainbridge (N.-Y.) avec le consentement de ses parents a lui, mais contre la volonte de ceux de la jeune fille, tres-opposes a ce mariage a cause des vexations sans nombre que les visions avaient attirees au jeune homme.

Le 22 septembre 1827, le messager des cieux lui laissa prendre les plaques, l'Urim-Thummim et le pectoral, a condition qu'il en serait responsable, et en l'avertissant qu'il serait retranche, s'il venait a perdre ces objets par sa negligence, mais qu'il serait protege s'il faisait tous ses efforts pour les conserver. Ces objets lui furent repris apres qu'ils eurent servi a accomplir les desseins de Dieu. lis n'etaient plus en "la possession de Joseph des le mois de mai 1828. « L'Urim- Thummim consistait, dit la mere de Joseph qui l'a vu, en deux diamants triangulares, enchasses dans du verre et montes en argent, de faeon a ressembler a d'anciennes lunettes. » Les plaques avaient l'apparence de l'or. Leurs dimensions etaient a peu pres de sept pouces de large sur huit de long, et leur epaisseur n'etait pas tout a fait aussi forte que celle d'une feuille de fer-blanc ordinaire. Des caracteres egyptiens etaient graves sur les deux pages de chaque plaque, et la totalite etait reliee en un volume comme les feuilles d'un livre, avec trois anneaux pour le fermer. Le volume avait six pouces d'epaisseur. Une partie des plaques etait scellee, et leur contenu sera traduit plus tardpour etre revele aux membres de 1'Eglise. Les caracteres ou leti.res des plaques qui n'etaient point ss el lees etaient petits et admirablement graves.

Cependant le bruit s'etant repandu dans les environs que Joseph avait trouve des lames d'or, ses ennemis iirent les plus violents efforts, et eurent recours a tous les stratagemes iinaginables pour les lui ravir. Ces persecutions devinrent tellement intolerables, qu'il tut oblige de quitter Manchester pour se rendre avec sa femme dans le comte de Susquehanna, Etat de Pensylvanie. Un fermier respectable de Palmyra, du nom de Martin Harris , defraya genereusement le jeune couple des frais du voyage.

Des qu'il fut etabli dans sa nouvelle residence, aupres de son beau-pere, Joseph se mit a copier les caractetes des plaques. De decembre 4 827 a fevrier 1828, il en copia et traduisit une partie au moyen de rUrim-Thummim. II confia cette copie et la traduction a Martin Harris, pour les montrer au professeur Anthon, de New York, tres-celebre alors dans la science hieroglyphique et le linguistique. Voici, d'apres le rapport d'Harris, l'accueil que leur fit le savant professeur :

(( A mon arrivee a New-York, ayant presente la copie et la traduction au professeur Anthon, il dit que l'interpretation en etait correcte, plus correcte qu'aucune autre traduction de l'egyptien qu'il eut vue. Alors je lui montrai les caracteres qui n'etaient pas encore traduits. 11 me dit qu'ils etaient bien veritablement egyptiens, chaldaiques, assyriaques, arabes. II me donna une declaration certiflant aux habitants de Palmy i a que ces caracteres etaient veritables. et que ceux qui

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avaient ete traduits Favaient ete fidelement. Je pris son attestation et la mis dans ma poche ; puis, comme fallais sortir, le professeur, m'ayant rappele, me demanda comment le jeune homme avait effectue sa decouverte. Je repondis qu'un ange de Dieu lui en avait revele le depot.

» II me dit alors : Permettez que je revoie cette declaration. Je la sortis de ma poche, suivant son desir, et la lui donnai. II la prit et la dechira, en ajoutant que des apparitions d'anges n'etaient plus de notre temps, et que, si je voulais lui apporter les plaques, il en ferait la traduction. Je l'informai qu'une partie des plaques etait scellee, et qu'il m'etait defendu de les apporter. II me repliqua : « Je ne puis pas lire dans un livre scelle. » Je me rendis alors chez le docteur Mitchell, qui confirma ce que le professeur Anthon avait dit des caracteres et de leur traduction. »

Le 15 avril 1829, OUver Cowdery, maitre d'ecole dans le village qu'habitait le pere de Joseph, ayant appris de ce dernier de quelle facon son fils avait obtenu les lames d'or, offrit ses services a Joseph. Deux jours apres, le nouveau prophete commenq.a 1'oeuvre de la traduction du Livre de Mormon, et Cowdery lui servit de secretaire.

Le 15 mai, ils se rendirent tous les deux dans les bois pour pr'ier et demander au Seigneur des instructions touchant le bapteme pour la remission des peches, mode de bapteme qu'ils avaient trouve mentionne dans la traduction des antiques annales. Tandis qu'ils im-

ploraient ainsi le Tout-Puissant, un messager descendit du ciel dans une brillante colonne de lumiere, et, ayant pose ses mains sur eux, il les ordonna, leur disant : A vous, mes compagnons de service, au nom du Messie, je confer e la pretrise d' Aaron, qui tient les clefs du minis te re des anges et de I'Evangile du repentir, et du bapteme par immersion pour la remission des pe'ches; et cette pretrise ne sera plus otee de la terre, jusqu'd ce que les fils de Levi aient presente de nouveau une offrande au Seigneur selon la justice. Alors ils se confererent reciproquement le bapteme , en vertu des pouvoirs dont ils etaient desormais investis. Des qu'ils furent baptises, le Saint-Esprit descendit sur eux, et l'esprit de prophetie leur fut donne. Joseph annonca les progres de l'Eglise, et beaucoup d'autres choses concernant cette ceuvre et les generations actuelles. Leurs esprits etant alors eclaires, les Ecritures s'ouvrirent a leur intelligence, et le sens veritable des plus mysterieux passages leur fut revele.

G'est ainsi que la pretrise d' Aaron a ete restaur£e sur la terre. Le messager qui la leur confera leur dit que son nom etait Jean, appele Jean-Baptiste dans le Nouveau Testament, et qu'il agissait sous la direction de Pierre, Jacques et Jean. II ajouta que le sacerdoce de Melchisedech leur serait plus tard confere. Joseph regut effectivement des mains de Pierre, Jacques et Jean l'autorite de l'apostolat.

G'est ainsi que l'Eglise de Jesus-Christ a ete retablieici-bas sur des bases inebranlables.

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La traduction du Litre de Mormon, etant achevee, le prophete eut une revelation qui designait Oliver Cowdery, David Whitmer et Martin Harris pour etre les principaux temoins de l'authenticite divine de ce livre. Sur la foi de cette promesse, ces trois homines se rendirent aver Joseph dans un bois voisin, ou ils se livrerent pendant un long temps aux plus ferventes prieres. Un ange resplendissant de gloireleur apparut, tenant les lames d'or dans ses mains, et tournant les feuilles une a une de fagon a en laisser voir distinelement les caracteres. Un temoignage ecrit de ce fait fut redige. Le void, tel qu'on peut le lire en tete du Livre de Mormon.

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