‹ Mémoires d'un prêtre régicide (volume 2)Chapitre 23 sur 74 · Tome ii. io · texte numérisé non relu

Tome ii. io

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rendis sur-le-champ au oomit^é. Seuart, qui en était le secrétaire , me montr^^ la dénonciation d'après laquelle on avait décerné jnapdat contre le citoyen Leriche ^ elle avaii; <Jté pf ése^téç par Héron, et était signée du nombre de person?»

nés qu'exigeait la loij trois! Cétaient les citoyeiîs Maltet, Pillet et Duchesne. L'un étoit domesti-»

que de Héron, l'autre son secrétaire, le troisième son coureur et nioucbard. Ces trois personnes, sans doute fort dignes de foi , :attestaieDt que le citoyen Leriche avait dit en leur présence , avec UN $)ovviKj (jjuU voudrait voir la France heu-* rettse^ et cela signifiait incontestablement qu'il désirait la chute de la république , le retpur des Bourbons, enfin qu'il était un conspirateur, ce qu^'a prouvé d'ailleurs^ ajoutaient^ils, la swte de sa cons^ersation , qu'ils ne transcrivaient pajS* Cela avait suffi pour mettre en prison un jrépu*» blicàin paisible et confiant. Il était du moins en position d'atteindre le but de son voyage, et pouvait par lui-même éclaircir les caloU^nies dont on accablait leà 'teitoristes •

Il ne faut pas croire que le comité en masse fut coupable de, ces arres^tious., Après avoir .feît la dénonciation , Héron feisiait encore lui-mêq^ lenrànâajt: d'ari^ét, et la signature de trois lUem*-

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bres suffisait pour le rendi'e exécutoire. Or^ il avait le talent de faire sif^ner par douzaine ceux qui étaient règlement décrétés , et dans le nom» bre il en glissait qufilques-tUDs qui se trouvaient signés en- blanc y et qui mettaient à sa disposir» tion des libertés et des arrêts de mortvil y avait en outre des signatures sur lesquelles il pouvait presque compter ; c'étaient celles de. Dayid , toujours satisfait àe broyer du rouge; Mowe Bayle et Dubarran kii obéissaient par crainte 9 lorsqu'il se voyait obligé de s'adresser à eux ? mais Vouland et Vadier , justes dans certaines dispositions d'humeur^ se- trouvaient plus souvent dans la situation d'esprit qui conv^aait à Héron, c'est-à-dire qu'ils lui don»

nai^Kt avec insouciance, ou même en riant> et avec d'horribles plaisanteries^ toutes, les si* gnatures qu'il leur demandait. Amar et Jagot jouaient un rôle plus odieux encore. Je crois qu'ils traftquaicttit avec leur agent principal , du sang des victimes, et qu^ils lui vendaient l'usage de la guillotine pour quelques dénonciations ou pour quelques assassinats.

Je reviens à l'a^ire du citoyen Iieriche. Elie Lacoste , membre du comité , me seconda pour qu'elle fut examinée sur Je-champ i il fut résolu

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qu'il serait interrogé le lendemain. Un incident faillit retarder encore cet beuijeux moment^ car il devait le tirer des griffes de Héron ^ ce fut la visite de la jeune Renault à Robespierre, les soupçons du dictateur , et le bruit qui se répandit qu'elle avait voulu Tassassiner. Elle avait été amenée dans une des chambres qui précédaient la salle du comité, lorsque je me présentai pour mon affaire. Je l'examinai avec quelque attention. Ce n'était pas là une Charlotte Corday; il n'y avait rien d'exalté dans sop regard, mais de la résignation. Elle semblait surprise pourtant de ce qui lui arrivait. J'eus compassion d'elle, car je ne pus douter un moment qu'elle ne fut la victime d'un crime imaginaire. On l'appela , et la curiosité me fit la suivre. Âmar prit la parole, et après les questions sur son âge et ses noms, auxquelles elle répondit d'une voix tremblante et qui indiquait encore sa surprise de se voir traiter avec cet appareil. «Quel dessein, dit-il, vous a conduite auprès de Robespierre ?

LA JEUNE RENAULT

Je ne l'ai pas VU.

AMAR

Nous le savons j mais que lui vouliez-vous ?

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LA JEUNE RENAULT

Je croyais qu^un député était toujours accea^ sibJe , et devait Fêtre.,. Je voukis le voir^

AMAR

Et pourquoi ?

LA JEUNE RENAULT

- N'est-ce pas lui qui préside Tun des comités ^ qui dirige k Couveotion , qui nous gouverne ?

AMAR

La France n'a ni roi ni dictateur ; ces proppsk sont contre-révolutionnaires.

LA JEUNE RB;NAULT.

Je voukis m'en assurer.

DAVID

On aurait osé soupçonner Robespierre ?

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