CHAPITRE XIII
« s'inquiéter des ressources de leurs maris! » Elle voulut se justifier ; il l'arrêta en lui disant qu'il n'entendait pas lui faire d'application, qu'il parlait en géne'ral. Elle lui insinua que je désirais qu'il ne m'oubliât pas et qu'il ne me laissât pas éternellement à Marseille, i Nous verrons, nous verrons, dit-il; il « m'est encore utile dans ce pays. »
Ma femme sortit assez satisfaite de cette audience; mes amis en furent aussi contents et m'en félicitèrent; ils firent un grand éloge de l'activité, du dévouement, du tact et de la mesure avec lesquels elle s'était occupée de mes affaires. Je ne partageai pas tout à fait leur satisfaction et la sienne. Je vis clairement que le maire avait prévenu l'Empereur contre moi et qu'il y avait une arrière-pensée dans ses explications. Je ne tardai pas à en avoir la preuve.
« Mme Thibaudeau, m'écrivit Siméon, en vous disant Tinté- « rêt que je vous porte, ne vous aura, j'espère, rien appris de I nouveau. Voici plus de dix ans que je vous connais, vous « estime et vous aime. Vous m'avez donné en des temps difficiles t des preuves de retour, je ne suis ni inconstant ni ingrat. »
Au Conseil d'État présidé par l'Empereur, on discuta le budget de Marseille pour 1806. Il y avait à régulariser une dépense ordonnancée par moi sans autorisation préalable du gouvernement et payée par le receveur municipal. Defermon m'écrivit de Saint-Cloud, séance tenante : i L'esprit de la discussion a « été en général, de la part de l'Empereur, que le préfet ne a devait être que le surveillant de l'emploi des fonds munici- « paux; qu'il ne devait ni faire ni ordonnancer aucune dépense « sur ces fonds; que le maire était le représentant de la ville, » et que le préfet qui y réside, quoique étant autorité supé- <f rieure, ne devait point se mêler de l'administration autrement « que comme surveillant; qu'il n'y avait d'exception qu'à Paris « où le préfet faisait les fonctions de maire. «>
Quelques jours après, lEmpereur, de son propre mouvement,
décréta que le receveur municipal cesserait ses fonctions pour
avoir payé en l'an XII et en l'an XIII des déj)enses excédant les
allocations faites par les budgets de ces deux exercices.
J'écrivis directement à l'Empereur que l'article 37 du décret
du A thermidor an X, rendant les receveurs responsables des payements excédant les dépenses allouées par les budgets, supposait que ces budgets seraient arrêtés au commencement des exercices et notifiés au receveur. Or, entre l'envoi fait par moi au ministère et le retour des budgets, il s'était écoulé, en l'an XII, sept mois, en l'an XIII, dix mois. Celui de 1806, envoyé depuis treize mois, n'était pas encore revenu. On n'avait pas dû, pendant ces retards, arrêter les payements et laisser manquer les services. Depuis que le maire unique de Marseille était installé, je n'avais ordonné aucune dépense, ni aucun payement sur les fonds municipaux. Tous mes actes de cette nature remontaient au temps où il y avait trois mairies et oii j'étais chargé de Tadministration municipale comme le préfet à Paris. Si la responsabilité, au moins morale, de ces dépenses avait dû peser sur quelqu'un, c'était sur l'administrateur qui les avait ordonnées, c'était sur moi. Je priais donc l'Empereur de les faire examiner.
Le receveur de la ville, Ricard, était un ancien comptable justement recommandablc par sa probité, son zèle et son exactitude. Ses qualités lui avaient concilié l'estime et la confiance du conseil municipal et de toute la ville. Il serait, disais-je, extrêmement pénible pour moi d'être la cause de la disgrâce d'un fonctionnaire qui n'avait pas démérité.
Sa destitution fit le plus mauvais elTet à Marseille; on l'attribua au maire.
Un commissaire du gouvernement vint sans se faire annoncer. C'était M. Anisson Duperron, auditeur du Conseil d'État, qui remplissait une mission dans le Midi. Je ne le connaissais pas. 11 fit les vérifications dont il était chargé et travailla avec le maire, le conseil municipal et moi ; il ne communiqua à personne le résultat de ses opérations. Ce fut de Paris, après son retour, qu'on m'en informa. D'après son opinion, le receveur municipal n'avait pas été suflisamment autorise par la lettre de l'arrêté du 4 thermidor à refuser de payer ; j'avais été forcé par le retard des budgets à pourvoir à une réparation urgente. Le maire n'avait pas de connaissances suttisantes en administration. J'avais peut-être à me reprocher d'avoir contribué à mettre
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des fondions importantes dans des mains vacillantes et minutieuses, sans avoir réfléchi qu'un caractère incertain échappe souvent à l'autorité d'un esprit supérieur, par la facilité mi'ine avec kuiuelle il se laisse influencer.
La dépense en question fut enfin allouée au budget. Le ministre de l'Intérieur m'écrivit qu'il ne restait aucune opinion défavorable au directeur des travaux publics de la ville, M. Pencliaud. Quant au receveur communal, on ne put obtenir sa réintégration; il fut remplacé. L'issue de cette affaire fut très désagréable au maire et lui fit grand tort dans le public. C'était sur moi qu'il avait voulu frapper, et le coup porta sur un autre qui était très innocent.
Avant la Révolution, la fureur des jeux était extrême en Provence et surtout à Marseille. Dans les plus beaux jours de cette ville, les jeux étaient tenus par des femmes de la société ou qui y étaient reçues et chez qui l'on se réunissait. La Révolution désorganisa les jeux. Ils furent prohibés par une loi de 1791; mais il s'étal)lit ensuite des (ripots moins relevés et clandestins. A Paris, la police s'empara de cette industrie,, s'en attribua le monopole et l'aflerma. A leur établissement sous le Consulat, les commissaires généraux de police imitèrent l'exemple de la capitale. Marseille eut sa ferme des jeux sous Lecointe-Puyraveau qui en tira beaucoup d'argent. Elle fut maintenue par Permon, son successeur.
Satisfait de l'honnête contingent que lui fournissaient, ainsi qu'au préfet de police, les jeux de Paris, le ministre de la Police avait laissé ceux des départements à ses commissaires généraux. Ils exploitaient cette mine à leur profit; ils étaient censés appliquer la plus grande partie de son produit aux frais de la police secrète et en rendaient compte directement au ministre. Je n"ai jamais su ce que Permon retirait des jeux, on disait 240000 francs par an. Il en donnait environ 100000 : au préfet, 48 000; au général commandant la division, 24000; au commandant de la place, G 000, et le reste à des personnes que lui recommandaient de bauts protecteurs. Cet état de choses ne dura pas deux ans sous mon administration. Le ministre se ravisa, passa un bail général des jeux dans les départements et
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chargea le fermier de payer au pre'fet et au commissaire général de police une assez mince rétribution pour frais de police. Ce régime dura très peu (1). Depuis longtemps, l'Empereur demandait au Conseil d'Etat une loi pour supprimer les jeux, mais il voulait une exception pour Paris; on lui objectait qu'elle déshonorerait la loi. Les villes de Bordeaux, Lyon et Marseille ayant recouvré leur mairie unique, les maires, par sentiment moral et un peu aussi parce qu'ils ne participaient pas au produit des jeux, en réclamèrent vivement la suppression. Elle fut prononcée par décret du 24 juin 1806, excepté à Paris et dans les lieux d'eaux minérales. On reconnut alors le vide des arguments en faveur des jeux, à savoir que c'était un mal nécessaire, un bon moyen de police. A Marseille, la fureur du jeu diminua subitement et la police ne se fit pas moins bien.
L'Empereur avait dit à ma femme qu'il augmenterait mon traitement pour remplacer la remise qui m'était faite sur les jeux. Par une mesure commune aux préfets de Lyon, Bordeaux
(1) L'Empereur écrivait au ministre de la Police, Fouché, le 14 janvier 1805 :
« Je ne veu.x absolument aucune espèce de désordre. L'argent dos jeux « n'est réellement qu'un impôt indirect et dangereux sur les citoyens. « Mon intention est que vous me fassiez un rapport sur tout ce qui concerne « les jeux dans les départements. Il faut que les commissaires de police « ne reçoivent d'autre traitement quelconque que leurs appointements, et « je ne puis approuver que les préfets, généraux ou commandants déplace « j'eçoivent aucune rétribution quelconque sur les produits des jeux. Mon • intention est également qu'il n'en soit souffert aucun dans les ]ietits « endroits. La Compagnie Perrin en a établi de cetle sorte, et à l'époque « actuelle, ce qui ne s'était jamais vu, des agents obligent, avec des invi- « tations écrites, les autorités locales à permettre l'établissement de ces « jeux. Vous me ferez un rapport sur les villes où le malheur veut qu'on « soit obligé d'en maintenir; mais je me propose d'en appliquer le produit « aux h(Ji)itaux ou aux objets nécessaires aux localités. Il y a encore à « réformer, même sur les articles que j'ai arrêtés. Il n'existe aucune raison « pour que les agents de police jouissent en même temps de deux traite- « ments ; dans le ministère de la police, conmie dans les autres, l'honneur « doit être le seul guide, ainsi que le désir de servir l'i'ltat; l'argent n'est .< qu'un accessoire de peu de considération près des autres motifs.
« 11 suffira de s'en tenir, celte année, union budget; mais, dans un an. « vous en présenterez un où l'ordre se montrera réuni ii la plus sévère « économie.
« Je désire que vous me fassiez un riqipori sur les produits que la Com- « pagnie Perrin tire des jeux dans les départements, en les détaillant ville « |)ar ville et en y insérant l'emploi des fonds. — Napoléo.n. » (Correspondance de Napoléon 1", t. X, p. 140.)
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et Marseille, il leur fut alloué 30 000 francs de traitement et autant pour frais de bureau.
Depuis la conduite hostile de Gauteaume envers niui, il seui- Ijlait que nous ne devions plus nous rencontrer que pour nous couj)cr la gorge. Le bruit se répandit qu'il était dans un triste état de santé. J'en écrivis à Siméon. Il me répondit : « J'ai ouï « dire conune vous que Ganteaume est malade et même mor- « tellement. C'est une menace d'hydropisie de poitrine déjà '< décidée. On m'a nommé celui qui le remplaçait dans le com- <i mandement de l'escadre à Brest. Je ne me souviens pas du « nom. Je ne vous dirai pas s'il ira mourir à Aubagne ou ici. » 11 vint à Aubagne et ne mourut pas. Il avait exigé que je logeasse chez lui, présent ou absent, si des affaires m'obligeaient à coucher dans cette commune. Je n'avais plus mis le pied dans la maison depuis notre rupture.
Les opérations de la conscription m'appclant à Aubagne, j'écrivis au maire de me faire préparer un logement. C'était un ami de l'amiral, il me répondit que celui-ci serait très fâché que je ne logeasse pas chez lui, que ce serait lui faire injure, et d'un mauvais effet sur les administrés. J'insistai. Le maire vint me trouver, me dit que l'amiral serait venu lui-même sans son état de souffrance, et qu'il regrettait infiniment de m'avoir fait de la peine. Je crus à la sincérité de ce repentir, je cédai, j'allai descendre chez l'amiral. Il vint au-devant de moi;, il m'embrassa et me dit : « Je vous prie d'oublier tout ce qui s'est passé. » Je lui répondis : « Je l'ai oublié il y a déjà longtemps, puisque je « suis chez vous. » Il n'en fut plus question. La réconciliation parut sincère et le fut sans contredit de mon côté.
L'administration se trouva désorganisée à Aix. Il fallut pourvoir à la mairie et à la sous-préfecture. Toute la noblesse se mit en mouvement. Depuis longtemps, Siméon était d'avis de donner ces places à des nobles riches. C'était aussi celui du ministre Champagny. L'Empereur ne demandait pas mieux. Au point où en était arrivé le gouvernement et en tenant compte de l'esprit de cette ville, je sentais que ce parti était le plus convenable. Sur ma présentation, M. d'Arbaud de Jouques fut nommé sous-préfet et M. de Fortis, maire.
M. (le Fortis n'était pas riche. Ancien magistrat, beau-frère de l'ex-constituant d'André, père de famille, il regardait la mairie comme un échelon honorable pour s'élever à un emploi lucratif; il était honnête et laborieux.
M. de Jouques était l'aîné de trois fds d'un ex-marquis, président au parlement d'Aix, exécuté révolutionnairement. Ils avaient émigré; les deux cadets, militaires, avaient servi comme officiers supérieurs dans l'armée de Condé. Les trois frères vivaient ensemble dans l'union la plus exemplaire. L'aîné seul était marié^ riche de trente à quarante mille francs de rente. Il avait de la capacité, un grand zèle, de l'ambition, et professait hautement son admiration pour le gouvernement impérial et son dévouement à Tb^mpereur. Malgré une attitude raide et un peu fière par laquelle il relevait sa petite taille, il ne partageait pas l'orgueil de sa caste. Ainsi, il m'avait écrit pour me recommander son parent (VArbaitti, entrepreneur de travaux publics, gue des préjuf/és avaient euipeché sa famille de reconnaître. A compter de sa nomination, M. de Jouques et moi nous fûmes constamment dans les meilleurs rapports; les tiraillements cessèrent dans l'administration, les affaires marchèrent avec ordre et rapidité. Il avait une belle et bonne maison, il voulut que j'y logeas.-e lorstjue j'allais à Aix. Mme de Jouques en faisait à merveille les honneurs. Ils me comblaient de politesses. La sous-préfecturc eut de la représentation; c'était une préfecture au petit pied.
Siméon m'écrivait : « On est enchanté à Aix des nouvelles « nominations. Elles ont produit le meilleur effet sur Fesprit « des personnes qu'il importe de rattacher au gouvernement. « M. de Galiffet m'en a écrit d'une manière qui m'a fait le plus « grand plaisir. Je n'avais jamais douté de ses sentiments de « soumission et de respect; mais à présent, il en est mémo « à accepter des places dont je croyais que ses affaires et ses « anciennes idées l'auraient éloigné. Il n'aurait pas refusé la « mairie. »
M. de Galiffet m'avait été recommandé par Portails et Siméon comme leur ami et un bon citoyen. Je le proposai pour le conseil général du dé[)arl('mcnt; il était un des plus zélés de
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ses membres. Je le nommai maire de sa petite commune du Tholonet ; il en rem[)lit les devoirs avec l'exaclitude la plus sciupuleuse.
Le jour de la f(Me patronale du Tholonet, toute la population d'Aix et des eomnmnes environnantes y afflue. C'est un des plus ])eaux trains du pays. M. de (ialiCi'et avait ce jour-là chez lui nomI)reuse société, ce n'élait plus (pi'une laiMc image de son ancienne s])lendeur; mais sa conduite n'en était que plus méritoire. 11 fallait le voir, déjà plus que sexagénaire, boiteux, avec ses cheveux blancs crc^pés et poudrés, son costume de maire, Tépée et l'écharpe tricolore, faire alternativement pendant toute la journée, conmie un ancien seigneur, les honneurs de son salon, et conmie maire la police de la f^te; haletant, tout en sueur, se multiplier, se tran.sporter sur tous les points, rappeler aux uns des consignes violées, encourager les jeux des autres, donner des ordres à son adjoint, à la gendarmerie, au valet de la commune, les exécutant lui-même et voulant pourvoir à tout, pour que tout fût dans Tordre, que chacun fût content, et qu'on pût faire le lendemain l'éloge de la fête.
On racontait ainsi l'origine de sa fortune : son père, pauvre conseiller au parlement d'.\is, était allé à Paris député de son corps. On l'annonça un jour chez le garde des Sceaux qui l'avait invité à dîner. Un des convives, frappé de ce nom, s'approcha du conseiller et fit sa connaissance. C'était un M. de Galilïet, riche colon, propriétaii'c à Saint-Domingue de la belle habitation qui portait son nom, créateur d'une grande fortune et qui avaitjustifié ces paroles honorables passées en proverbe : « Heureux comme nègres à Galiffet. » 11 n'avait ni parents, ni héritiers connus. Il fut séduit par la noblesse du magistrat; celui-ci le fut plus encore par la fortune du colon. Ils s'embrassèrent comme cousins. Le hasard, la vanité et l'intérêt firent un pacte de parenté entre deux hommes qui ne s'étaient jamais vus et qui n'avaient jamais entendu parler l'un de l'autre. En mourant, le colon laissa son immense fortune au conseiller qui la transmit à son fils. Elle se composait, notamment, de l'habitation de Saint-Domingue et de ce bel hôtel à
Paris, rue du Bac, qu'a longtemps occupé le ministère des Relations extérieures (1).
Le comte de Galitïet ne suivit pas la carrière de son père; il prit celle des armes et y acquit paisiblement le grade de maréchal de camp. Propriétaire de plusieurs cent mille livres de rente, il augmenta sa fortune par un mariage et des acquisitions et devint un des plus riches particuliers de France. 11 avait tout ce qu'il fallait, sinon pour jouer un rôle dans les affaires publiques, du moins pour briller comme tant d'autres à la cour, mais il resta dans sa province où il tenait un grand état. Il aimait le plaisir, la société, la représentation. Chez lui se succédaient les bals, les concerts, les jeux, les spectacles; il était lui-même ordonnateur et acteur de tous ces divertissements. D'une galanterie et d'une politesse extrêmes, il faisait à merveille les honneurs de sa maison. Peut-être pouvait-on lui reprocher trop de solennité dans le plaisir, trop de gravité dans la joie.
Personne au monde ne semblait plus heureux, personne n'avait plus de moyens de l'être. La Révolution éclata et renversa tout cet échafaudage de bonheur. Il émigra et perdit à la fois son habitation à Saint-Domingue et ses propriétés en France. Il supporta l'infortune avec dignité. Réduit, en pays étranger, à quelques faibles débris de sa grande opulence, il en fit le plus noble usage. Loin de maudire sa patrie, il resta toujours Français. Loin d'afficher un purisme intolérant, il accueillit avec bienveillance ceux de ses compatriotes plébéiens que, plus tard, les orages de la Révolution forcèrent, eux aussi, à chercher leur salut sur une terre étrangère. Il resta fidèle à l'amitié sans être infidèle à ses opinions. Il ne fut pas des derniers à rentrer en France. Sa maison d'Aix avait été démolie, ses terres vendues; son habitation de Saint-Domingue, incendiée, dépeuplée d'esclaves, était perdue sans ressource. Il ne retrouva que quelques restes de propriétés et de nombreux créanciers. Il ne perdit point courage; au lieu de se répandre en stériles regrets, il travailla avec une rare activité à tirer de ce qui lui restait le meilleur parti possible. Un de ses parents avait acheté son petit
(1) Hôtel occupé actuellement par l'ambassade d'Italie, rue du Bac, n''90, et rue de Grenelle, n" 73.