‹ Mémoires de A.-C. Thibaudeau, 1799-1815Chapitre 92 sur 211 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Organisation de la gardi^ nationale en trois hans. — Affaire des subsistances. — Disette en 1810 et 1811. — Décrets sur le maximum, les visites domiciliaires, les réquisitions. — Je ne les fais pas exécuter ; je maintiens la libre circulation qui ^^auve Marseille. — Bruits à Paris sur ma destitution; j'écris à l'Empereur, pas de réponse. — Départ du roi Cbarle» IV pour Rome. — Mort de Mme Fouché; regrets de son mari.

— Je tombe malade; convalescence à la Barben ; description de ce château et des environs. — Inquiétudes causées par la campagne de Russie.

— Gazette de Mme Dévalues. — Nouvelles d'Espagne. — Voyage de la princesse Pauline en Provence. — 29'' Bulletin de la Grande Armée.

La garde nationale n'e'tait pas même appele'e pour former la haie et servir d'escorte dans les processions et les fêtes. Elle était tombée en désue'tude. Les puissances du Nord avaient leur Landwehr et leur Landsturm; et la première des nations guerrières qui s'était toute armée en 1792 pour défendre son indépendance, était sans organisation et sans armes.

Toutes les troupes de ligne étant destinées à l'expédition de Russie, TEmpereur pensa à organiser la garde nationale pour le service intérieur. Elle fut divisée en trois bans : cent cohortes de mille hommes du premier ban furent mobilisées. Cette levée était soumise aux mêmes règles que la conscription. L'Empereur envoya dans les divisions militaires des sénateurs pour cette organisation. Le sénateur Jaucourt vint à Marseille; j"avais eu avec lui des rapports de société. Mme Devaines m'écrivit, le 22 avril : « Je vous félicite d'avoir M. de Jaucourt; je l'aime « tendrement. C'est un si excellent homme ! Je suis sûr que vous « en serez toujours content. Chargez-vous pour lui de mille « amitiés. » En effet, je n'eus qu'à me féliciter de nos bonnes relations pendant son séjour à Marseille. Lorsqu'il fut parti, Mme Devaines m'écrivit encore, le IG juin : « Je ne sais si « M. de Jaucourt est arrivé. Je serai charmée de le revoir, de « parler de vous : je suis sûre que vous aurez acquis

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