N°XXXI
Discours à V Assemblée nationale.
18 juillet 1791.
Messieurs , Le corps municipal se présente devant vous , profondément affligé des événemens qui viennent de se passer. Des crimes ont été commis , et la justice de la loi a été exercée. Nous osons vous assurer qu'elle était nécessaire. L'ordre public était détruit ; des ligues et des conjurations avaient été formées ; nous avons publié la loi vengeresse , les séditieux ont provoqué la force ; ils ont fait feu sur les magistrats et sur la garde nationale ; mais le châtiment du crime est retombé sur leurs têtes coupables (1).
No XXXII.
Lettre aux officiers municipaux.
19 octobre 1791.
Messieurs ,
Je crois que je puis regarder ma carrière comme finie. Je viens vous prier de recevoir ma démis-
(1) L'événement dont Bailly rend compte dans ce discours est celui du Champ-de-Mars (voyez la notice et les pièces qui suivent le premier volume ). On sait que l'ordre de déployer le drapeau rouge et d'exécuter la loi martiale , donné alors par le maire de Paris, devint la cause de sa condamnation et de son supplice.
( Note des nouv. èdit. )
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sion. La constitution est achevée , solennellement décrétée ; elle est acceptée par le roi. Commencée sous ma présidence , j'ai dû la voir terminer , et accomplir mon serment. Mais j'ai besoin d'un repos que les fonctions de ma place ne me permettent pas. Depuis long-temps ma santé s'altère. J'ai eu plusieurs incommodités cette année , et quoique , dans ces occasions même , je n'aie pas manqué au travail , il en peut résulter, ou une interruption, ou des retards dans les affaires. Si le désir d'être utile et de remplir mes devoirs m'a soutenu dans une activité continue , cette activité même épuise , et je sens que mes forces diminuent. Je demande donc avec instance , à mes concitoyens , le repos qui m'est indispensablement nécessaire. Si je n'ai pas achevé le temps que la loi donne , j'ai au moins rempli tout le temps qu'elle exige. J'ai excédé les deux ans que portent les décrets ; et pendant cette durée , j'ose assurer que mon dévouement a été complet.
J'espère que le corps municipal , en recevant ma démission , voudra bien m'accorder ses bontés , et conserver quelque mémoire, et du premier maire de Paris , et d'un ami de la chose publique. Veuillez , Messieurs , convoquer les sections pour la nomination d'un maire , et dire à mes concitoyens que les témoignages de leurs bontés et de leur estime sont gravés dans mon souvenir ; que j'ai rempli mes devoirs envers eux avec amour ; que mon zèle pour la patrie n'a point cessé ; mais
que je remets à des mains plus habiles une place où on n'est heureux que quand on peut faire le bien ; une place éminente où l'ambition ne ma ni conduit , ni retenu , et où je serais resté , si j'avais encore la force et les moyens nécessaires pour y être utile.
N'xxxm.
Lettre aux mêmes.
20 septembre 1791 .
Messieurs ,
Les députés que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser , m'ont observé de votre part que l'intérêt public demandait que ma démission ne fût pas donnée dans ce moment. Je ne sais point résister au vœu du corps municipal , pour qui je conserverai toujours un tendre respect ; et , pour y déférer , je retire la démission que j'avais prié le corps municipal d'accepter. Je la retire , mais en le suppliant de trouver bon que je déclare que je la redonnerai à la St. -Martin prochaine ^ au moment des élections annuelles , sans qu'aucune circonstance , ni aucun motif puissent me faire passer ce terme , auquel mes forces physiques et inorales auront peine à atteindre. Je supplie le corps municipal de vouloir bien ordonner l'insertion de cette lettre et de ma lettre du jour allier dans le procès-verbal.
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