CHAPITRE XXIII
Opinions diverses sur la retraite de l'assemblée, — Sa résolution, — Derniers actes de la Convention, — Billaud et Collot déportés. — Joseph Le Bon. — Amnistie. — Égorgeurs du Midi. — Compagnies de Jéliu et du Soleil poursuivies. — Rovère, Saladin, Lomont. Aubry, Miranda, le général Menou mis en jugement. — Julien de Toulouse. — Nobles travaux qui honorent les derniers jours de la Convention. — Nouvelles accusations dont elle est l'objet. — Incriminations de Thibaudeau contre Tallien. — Thibaudeaa Barre de Fer. — « Il y a une paille, s — Le Robinet d'eau tiède. — Mot de Desmàulins sur Saint-Just. — // lui coûte la vie. — M. Thibaudeau. — Ce qui a été dit de /'An ti- Machiavel. — Session de la Convention terminée. — Un coup d'œil sur ses immenses travaux. — Suites du 13 Vendémiaire. — Lafond. — Je fais acquitter le général Menou. — Les tergiversations de Bonaparte à cette époque. — Bécit de Mme de Staël. — Alarmes de Bonaparte devant le tribunal qui juge Menou. — Sa conduite. — La mienne. — M Être ou ne pas être, o — Bivouac des bourgeois de Paris. — Mon rapport sur le 13 Vendémiaire. — A-l-il été rédigé par moi. — Éloquence de Tallien. — k Certainement il est certain! n — «Il faut déchirer le voile. » — '■ Y avait-il un voile. — Si Fauché était orateur autant qu'intrigant. — Opinion de Talleyrand sur le beau langage. — Services de Fouché au 9 Thermidor. —Solution du problème.
Forts de la victoire du 13 Vendémiaire, quelques membres de la Convention nationale, opprimée depuis si longtemps, se trouvèrent peut-être plus frappés que d'autres de l'idée que l'œuvre de l'Assemblée constituante avait péri parce que
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celte assemblée avait eu ia modestie, ou la probité poussée à l'extrême, de se retirer tout entière, de ne conserver aucuns pouvoirs, et de s'interdire même le droit de remplir aucunes fonctions. Ces conventionnels auraient peuf-ètre cru, dans l'intérêt de leur défense personnelle, autant que dans celui du maintien de la Constitution de l'an III, devoir rester en place et continuer la Convention nationale; mais ceux qui purent avoir cette pensée étaient le très petit nombre; et la saine majorité, qu'on peut appeler l'unanimité, ne s'y arrêta pas un moment. Le désintéressement ordinaire de cette assemblée tant calomniée décida la question. Il fut de nouveau et franchement arrêté que les décrets des 3 et 13 fructidor seraient exécutés purement et simplement, et la Constitution de l'an lïl mise de suite en activité. En attendant cette mise en activité et l'arrivée du nouveau Tiers, la Convention, telle qu'elle subsistait, ne se relâcha point de ses devoirs, et continua de prendre des résolutions utiles à l'établissement de la liberté, gardant le milieu à travers tous les écueils qu'elle rencontrait encore dans cette grande commotion, lorsque tous les partis mutilés les uns par les autres restaient cependant en présence, quoiqu'ils ne fussent représentés que par leurs débris.
Le 20 vendémiaire, la Convention, pour en finir avec les actes de justice que l'opinion avait demandés, et qu'on ne pouvait assimiler à la vengeance, rapporta les articles 2 et 3 de la loi du 4 prairial, relatifs à Barère, BiUaud et CoUot, pour les mettre en jugement; et chargea les comités de les déporter. Elle passa à l'ordre du jour, avec une juste sévérité, sur un référé qu'on voulait introduirerelatif à Joseph Le Bon, condamné à mort depuis quelques jours par le tribunal criminel du département de la Somme. Les uns, par le retour sur eux-mêmes d'une situation qui pouvait subir quelque dure comparaison avec celle de Joseph Le Bon; les autres, par un principe de respect sincère pour les actes de laRévo-
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