‹ Mémoires de Barras, membre du DirectoireChapitre 77 sur 197 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

estimables citoyens me confirmèrent la trahison de Toulon. Exténués de fatigue et de besoin, nous achetâmes quelques faibles provisions, nous primes un bateau qui se trouvait préparé non loin du port : « Un courrier arrive de Toulon, me dit M. Daillier, sauvez-vous ». Nous fîmes voile vers l'armée d'Italie : au point du jour, nous étions environnés de bâtiments anglais. Une caranque parsemée de rochers, sur la côte de Fréjus, devint notre refuge pendant la journée, La nuit, nous continuâmes à voguer. Je m'arrèlaî à l'île Sainte-Marguerite, qui tenait encore pour la Convention. J'ordonnai quelques moyens de défense, et fis diriger notre bateau vers Nice. Je m'empressai d'envoyer au conseil général du Var Tordre en forme de faire mettre en liberté nos malheureux secrétaires. Mais déjà ils avaient été conduits à Toulon et jetés dans des cachots, d'où ils ne devaient sortir que par leur adresse et leur énergie.

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