SCÈNE V
LA COMTESSE, puis LE MARQUIS.
LA COMTESSE, ^^^^- — Ah! j'ai bien lutté. Tais-toi, mon cœur. Je ne dois songer qu'à mon enfant. Pauvre chère créature! Oh! oui, je le sens, ce berceau sera toujours le gardien de mon honneur ! (La fenêtre s'ouvre.) — Ciel ! Cette fenêtre . . . Quelqu'un ! . . . Lui ! . . . Oh ! . . .
LE MARQUIS escaladant la fenêtre. — Sileuce ! Oui, je
suis fou: je suis insensé; mais j'ai voulu vous voir une dernière fois avant de mourir.
LA COMTESSE» — Mourir, vous?
186 MÉMOIRES DU ÔOULeVAAD
LB MARQUIS, àreo paaeion. — Gomtesseï VOUS tremblez! vous tremblez pour moif Merci! Ohl je vous aime !
(n tombe à ses genoux.)
LA COMTESSE. — Alfred! marquis! que faitesvous ?
LE MARQUIS. — Oh! teuez, de grâce ! laissez-moi là à vos genoux! Laissez-moi vous contempler à mon aise.;;
La comtesse, avéo dignité. — Monsieur, vous êtes infâme 1 vous n'êtes pas gentilhomme I Vous osez insulter une pauvre femme... vôusl n'êtes qu'un lâche !
LE MARQUIS. — Clémentine !
LA COMTESSE. — TaiSBZ-VOUSl
(La comtesse contemple le berceau.)
LE MARQUIS* — Clémentine!
(La comtesse sonne vivement.)
LE MARQUIS. — Clémentine! que faite^-vOUs?
(Le domestique entre.) LA COMTESSE, avec foréô au domestiqua. — EMPORTEZ
CE berceau!
LES AUTEURS DE Marlha
M. de Flotow est né en 1812, au châteâil dé Rentendorf, duché de Mecklembourg-Schwerin, où son perd, officier du t^égiment Bîûchef , s*6lait retiré, après de nombreuses campagnes, et où l'enfant reçut lés premières leçdôs de musique, de feà mère qui avait deviné la vocation de son flls.
A l'âge de seize ànS, le jeune Flotow, qui avait tet*miné Ses études, obtint la permission d'aller à Paris J)Our coiitinuer son éducation musicale. Une pension le mit à labri des besoins de la vie, et. il devint élève de Reicha, professeur au Conservatoire et membre de l'Institut.,
Au bout dô deux ans, M. de Flotow père, impatient comme tih soldat, vint à soh tour à Paris pour
voir si son fils était en train de devenir un grand homme.
C'était en 1830.
Un beau matin, on annonça à M. de Saint-Georges, dont nous parlerons tout à l'heure, la visite de deux Allemands, munis d'excellentes lettres de recommandation.
C'étaient MM. de Flotow père et fils.
— Monsieur, dit le père à l'auteur dramatique, je viens vous demander un conseil et un service.
— Parlez, monsieur, fit M. de Saint-Georges.
— Mon fils veut devenir un musicien célèbre.
Est-ce possible?
— Parfaitement, monsieur,
— Combien de temps lui faudra- t-il pour prouver s'il a du talent?
— Je ne sais au juste, enfin, disons cinq ou six ans.
— Cinq ans? soit, fit l'ancien ofiicier. Passé ce délai, je lui retire sa pension, s'il ne s'est pas fait connaître; car je ne veux pas éternellement entretenir sur le pavé de Paris un garçon qui n'est bon à rien. Une question, maintenant : Monsieur de Saint-Georges, consentiriez-vous, pendant ce temps, à servir de guide à mon fils dans la vie parisienne? Me promettez-vous de le surveiller, de le protéger, en un mot de me remplacer auprès de lui?
LES AUTEURS DE MaHha 189
Sur la demande de Fauteur, le jeune homme se mit au piano et joua quelques compositions. M. de Saint- Georges lui trouva du talent, et :
— J'accepte, dit-il, nous tacherons de faire quelque chose de ce gaillard !
Le lendemain, M. de Flotow père retourna en Allemagne.
Au bout de cinq ans, jour pour jour, l'ancien officier écrivit à son fils :
« C'est aujourd'hui qu'expire le dernier délai que je vous ai accordé; il ne me convient pas d'encourager vos folies, revenez sans retard; mon banquier a ordre de ne plus vous payer votre pension. »
— Que faut-il faire? demanda le jeune Flotow à
son protecteur.
— Il faut rester! répondit M. de Saint-Georges.
— Sans argent ?
— Vous en gagnerez.
— Comment?
— Donnez des leçons de piano, comme les artistes pauvres.
Le jeune fils de famille, bravant le courroux de papa, resta à Paris, et donna des leçons de piano pour vivre.
Il faut interrompre ici l'histoire du jeune musicien pour présenter son protecteur au lecteur.
Ne me demandez pas Tâgë de M. de Saint- Geoi*ges.
Si je consulte son œuvre, il doit avoir de deux cent cinquante à trois cents ans»
Si j'interroge son esprit ^ son talent, soii tempérament, M. de Saint-Oeofges doit avoir claquante ans à peine.
C'est un des hommes les plus justement aimés de ' la littérature parisienne.
Regardez-le passer sur le boulevard*.. Une tournure distinguée. <» Oentilhomine jusqu'au bout des ongles..* Homme d'esprit et de talent... Tœil vif... la taille droite, une tenue de gentlémâû^ii bon, affable, excellent... toujours prêt à rendre service :
à ses amis... esclave du point d*honnêUr... Une vie irréprochable... auteur célèbre dont le nom est associé aux succès des plus illustres musiciens de ce \ siècle... estimé, aimé de tout le inonde et partout.
Voilà M. de Saint-Georges, aujourd'hui président de la Société des auteurs dramatiques, officier de la Légion d'honneur et décoré d'une douzaine d'ordres étrangers.
A présent que vous connaissez le protecteur, revenons au protégé.
M. de Flotow, introduit dans les salons parisiens par M. de Saint-Georges, continua donc de donner
LES AUTEURS DE MaftTia 191
des leçons de piano et fît enfin jouer, au château de Royaumont, chez M. le marquis de Belissen, un opéra en un acte, Roh^Roy^ qui fut interprété par des amateurs; le poëme était de M. Panel.
Les principaux rôles de Rob^Roy furent remplis par madame Deforges, femme d'un auteur dramatique estimable, qui occupe un poste important au ministère de la guerre, et par M. Leooq, aujourd'hui professeur au couvent du Sacré-Cœur.
L'année suivante, Roh-Roy fut repris à ITiôtel Castellarie;
Mais un artiste ne peut se contenter des succès de salon. Le jeune Flotow ambitionnait un auditoire plus nombreux et moins indulgent.
En 1838, M. de Flotow donna, au théâtre de la Renaissance, un opéra en trois actes, le Duc de Guise.
La représentation fut organisée par la princesse Czartoriska, au bénéfice des Polonais. Tous les rôles étaient tenus par des amateurs. La prima donna s'appelait mademoiselle de la Grange, — aujourd'hui la fameuse madame de la Grange du Théâtre- Italien; les plus grandes dames du noble faubourg avaient accepté l'emploi de simples choristes. Aussi, quand après le prologue de M. de Saint-Georges, la toile se leva sur* la Cour d'Henri III, il y
avait pour dix millions de diamants sur la scène.
La recette atteignit le chiffre de 30,000 francs,
Le Duc de Guise était une bonne œuvre à tous égards !
Après ce succès, M. de Flotow père voulut bien renouveler la pension de son fils.
En 1843, M. de Flotow aborda l'Opéra-Comique-
Le livret de VFsclave du Camoëns était naturellement de M. de Saint-Georges.
Mais les scènes allemandes réclamaient leur compatriote. ;
Peu de temps après ses débuts à TOpéra-Comique, le compositeur fit jouer à Hambourg Stradella, > opéra en trois actes, qui est resté au répertoire en Allemagne.
M. de Flotow avait eu la douleur de perdre ses parents, et il se trouva en possession d'une fortune considérable qui lui permit de vivre tantôt en Aile- ! magne, tantôt en France; il revint à Paris.
En 1842, la direction de l'Opéra demanda un ballet à M, de Saint-Georges.
L'auteur dramatique se souvint alors d'une aventure arrivée jadis à deux dames de sa famille qui, sous un déguisement, s'étaient mêlées aux servantes de la foire, et il composa Lady Henriette ^ ballet en trois actes, pour Adèle Dumilàtre, aujourd'hui re-
LES AUTEURS DE Maftha 193
tirée du théâtre avec une fortune considérable.
La musique du ballet nouveau fut confiée à trois compositeurs... Le premier acte à M. de Flotow, le deuxième à M. Burgmùller, et le troisième à M. Deldeves, troisième chef d'orchestre à l'Opéra.
Laiy Henriette eut un succès énorme.
De ce ballet M. de Saint-Georges fit, quelque temps après, un opéra en quatre actes pour son ami Flotow. Un librettiste allemand traduisit le poëme, et en 1847, tandis que \Ame en peine^ des mêmes auteurs, atteignait à l'Opéra sa centième représentation, Zady Henriette ou Martha était jouée au Théâtre-Impérial de Vienne, où la partition gracieuse, jeune et mélodieuse, obtenait un véritable succès d'enthousiasme.
Rappelé dix-sept fois dans la soirée, suivant l'usage du pays, M. de Flotow se plaça au premier rang parmi les musiciens allemands.
De Vienne, MartJia passa sur toutes les scènes allemandes. Partout le même succès, le même enthousiasme.
Ce fut un étonnement général de trouver réunies en une seule œuvre la science allemande, la mélodie italienne et la grâce française.
M. de Flotow se maria à Vienne en 1849.
En 1850, il perdit sa femme, et tel fut son déses-
194 MÉMOIBES DU BOULEVARD
poir, qu'il rompit tous les traités qu'il avait signés, se retira loin du monde, et, malgré les supplications des directeurs, refusa pendant deux ans de donner Indra^ opéra en trois actes, qui fut enfin joué en 1852.
Voici une petite photographie de M. de Flotow :
C'est ce ' qu'on appelle vulgairement un bel homme... Haut de taille... des épaules larges... une figure régulière... des moustaches noires en croc... l'œil intelligent, une rosette multicolore.
Quand j'ai vu l'auteur de la partition da Martha pour la première fois, je l'ai pris pour un colonel de cuirassiers.
M. de Flotow parle très-bien le français; c'est un artiste parisien, égaré à Vienne, mais qui nous re-^ viendra tout à fait un de ces matins.
Rien n'attire comme le succès.
Son tempérament ressemble â sa musique*.*
Beaucoup de gaieté et du sentiment à profusion.
Peu de jours après la première représentation de Martha, M. de Flotow retourna à Vienne*
— Vous nous quittez déjà? lui dis-je.
— * Oui ; je veux être chez moi pour les fêtes de Noël .
— Restez au moins quelques jours... AUea voir les critiques... soignez votre gloire.
Le compositeur allemand tira un carnet de sa pochci l'ouvrit, me montra les portraits de madame
LES AUTKtRS DE MûTtha 195
de Flotow et de ses deux enfants ^ et me dit :
— ' Regardez, mon ami : voilà qui est .au-dessus de la gloire.
Tout Paris a applaudi la blonde Martha.
Il tié [me reste pluiâ rien à dire sur 1© charmant livret et l'adorable partition.
Seulement, il est bon d'enregistrer Topinion du compositeur sur la prima donna de son opéra :
—Depuis Jenny Lindj a dit M. de Flotow^ aucune artiste ne m'a charmé autant que mademoiselle Nillson.
Mademoiselle Nillson est Suédoise..* c'est une pauvre enfant du peuplé.-, qui a dû gagner son premier pain eii Chantant dans les rues de Stockholm ; elle a été recueillie par une famille française, qui lui fit donner des leçons de chant, et ne l'abandonna à elle*-même qu'après son premier succès à Paris.
Mademoiselle Nillson est une vraie artiste, et, ce qui ne gâte rien, une honnête femme^ On lui reproche parfois la froideur de son joli visage ; mais regardez-le attentivement, et vous verrez que cette froideur apparente n'est qu une douce mélancolie qui se répand sur tous ses traits.
Quand la misère a passé sur tin visage d'enfant, elle y laisse des traces que la prospérité et la renommée ne peuvent plus effacer.
M. de Flotow, qui a retrouvé dans une seconde union le bonheur quU croyait avoir perdu à jamais avec sa première femme, a été frappé cruellement Tannée dernière par la mort violente de son j eune et unique frère qui habitait une terre près de Schwerin.
Son rang dans la noblesse du pays, sa position de fortune, lui donnaient le droit de siéger à la Chambre de son pays.
Jeune, — il avait trente-deux ans à peine, — le frère de M. de Flotow se moquait volontiers de 'la politique et de sa position officielle, et ne cherchait que le côté amusant et gai de la vie*
Or, Tannée dernière, un libraire de ses amis fêtait à Schwerin le vingt-cinquième anniversaire de son mariage.
Le jeune de Flotow, qui passait par là à huit heures du matin, enleva le libraire, et, tandis que les invités attendaient le jeune marié, celui-ci lancé par le vin du Rhin trinquait à la campagne avec son ami de Flotow.
A force de trinquer, il arrive toujours un moment de folie. Vers cinq heures du soir — quand le libraire fut complètement gris — M. de Flotow le revêtit de son propre uniforme de député meklembourgeois et le renvoya à son domicile en calèche découverte. j
LES AUTEURS DE Mattlia 197
Ce fut un grand scandale dans la petite Capitale.
Le lendemain douze députés du pays envoyèrent des témoins à M* de Flotow, qui avait, disaient-ils, outragé toute la Chambre en affublant son grotesque invité du costume officiel.
— Je ne peux pas me battre avec eux tous, répondit le gentilhomme ; qu'ils tirent au sort, et je vous promets que mon adversaire aura un duel sérieux.
Ainsi fut-il fait.
Lorsque M. de Flôtow se trouva en présence du comte de Z.*., son adversaire désigné parle sort, il lui dit :
— Monsieur, pensez-vous qu'une simple étourderie vaille un duel ?
— Assurément, répondit le comte.
— Votre résolution est irrévocable?
— Vous me le demandez encore ?
— Soit ! dit M. de Elotow, et si vous ne tenez pas plus à la vie que moi, nous organiserons un duel original. •
— Je suis à vos ordres.
— Eh bien! monsieur le comte, nous nous battrons à Taméricaine... Je vous joue ma vie contre la vôtre, à l'écarté, en cinq points secs... Le perdant
se brûlera la cervelle dans les vingt-quatre heures*
if.
198 MÉMOIRES DU BOULBVÂRD
On fit venir des cartes, et les deux homiôêlà oommençèrent la terrible partie.
Quand Tun et Tautre eurent quatre points, lé comte mêla les cartes et lèâ présenta ft son adversaire.
— A vous la coupe, dit-il.
Puis il donna les cartes.. ».
Le comte tourna le roi.
— Vous avez gagné, monsieur, dit le jeune de Flotow en se levant; je. payerai demain avant midi.
Le lendemain^ M. de Flotow dormit jusqu'à onzp heures.
Après son déjeuner, il fit un tour dans son parc et donna quelques ordres. Le valet de chatnbre se souvient d'avoir vu son maître pendant dix minutes en contemplation devant la façade de son château.
Le serviteur ajoute qu'à un moment donné, M. de Flotow cacha sa tête dans ses mains comme un homme qui pleure...
Puis le gentilhomme tira sa montre.
Il était midi moins cinq minutes.
M. de Flotow entra dans son cabinet.
A midi précis, une détonation ébranla le château.
Le frère de l'auteur de Martha venait de se brû*- 1er la cervelle*
SOUVENIRS d'un DÉCAVÉ
(Deuxième conférence.)
Messieurs! J'ai vu les choses les plus extraordinaires :
Les glaciers de la Suisse ;
Les cascades de là forêt Noire et mademoiselle X. . . du théâtre du Palais-Royal, qui se promenait à Bade avec une mère.
S'il est agréable de voir Paris, il n'est pas moins doux de le quitter de temps en temps.
On s'installe dans un coin du wagon et l'oii rêve un mois d'air, de liberté, d'imprévu!
Tout à coup, quelque vieux crétin qui se trouve dans le compartiment, — je crois que l'administra-
tien du chemin de fer le fournit d'office, — interrompt le cours de votre pensée et vous dit :
— Ah ! monsieur, comme on voyage vite de nos jours! Moi qui vous parle, j'ai fait le voyage de Paris à Bruxelles en diligence.
Pendant quatre ou cinq heures, ce misérable ne vous parle que de postillons de Laffitte et Gaillard et de la table d'hôte de Valenciennes.
Et si l'on brûlait la cervelle à cet horrible gêneuTy il se trouverait peut-être un jury pour vous condamner !
Décidément, la civilisation n'a pas encore dit son dernier mot.
Oh! beaux rêves du chemin de fer, je vous connais!
En quittant la gare de l'Est, on commence à faire ses comptes.
A la Villette, on se contenterait de dix mille francs,
A Epernay, on se dit que tout compte fait, il en faut gagner vingt-cinq mille,
A Strasbourg, on demande en passant ce que coûterait la cathédrale.
A Bade, vingt-quatre heures après mon arrivée, j'ai demandé un florin à un ami pour acheter des cigares i
SOUVENIRS d'un DÉCAVÉ 201
Et puis, "quoi après tout! Si j'avais gagné cent mille francs, les aurais-je gardés?
Tenez, je connais un audacieux garçon qui est parti pour Bade avec dix-huit louis.
Il arrive à dix heures du soir ; à onze heures, il se couche avec six rouleaux de cinquante louis sous son traversi«.
Joie ! délire ! feu d'artifice ! flammes de Bengale !
Le lendemain X... — appelons-le X..., c'est un nom bien porté, — se réveille, court chez Strolimeyer, le fameux banquier, prend une traite de deux mille francs et l'expédie sous pli chargé à son adresse à Paris.
Il respire.
Puis, il choisit le plus brillant équipage de la ville, deux chevaux, un panier et un domestique en livrée.
L'avenir est à lui!
Le voilà parti. Oh ! que la nature est belle !
En route, il remarque qu'il a oublié ses gants.
Or, on comprend sans peine qu'un homme qui a gagné six mille francs ne peut pas se promener sans gants dans la forêt Noire.
On sait que les bûcherons badois sont à cheval sur l'étiquette.
X..., qui ne doute de rien, entre dans une misérable boutique de village et dit :
202 MÉMOIRES DU BOÙLEÎVAto
— ■■ Avez-vous des gants T
— Parfaitement, repond le boutiquieï**
. Et il cherche sous son comptoir uîi petit paquet
entre un morceau de savon et un pot de confitut*es.
X».. choisit une paire d^ gaiits (^u'oû atftit taillés
dans une vieille semelle, paye et dit au marchand :
— Ah çà ! vous ne devez pas vendre beaucoup de gatits dans ce village?
Et l'Allemand, qui considère cette question comme une insulte personnelle, répond :
— Mais si, monsieur 1 j'en ai encore vendu tltie paire l'année dernière.
A onze heures, X... est devant la OonVerââtion.
— A nous deux maintenant ! dit-il au pèt*e Martin. A onze heureë un quart, M. Martin, qui est la
crème des hommes, avait ratissé les quatre mille francs avec cette grâce et cette distinction qui n'ap-* partiennent qu'à lui.
Enfer et danvnation !