DEUXIEME PARTIE
J’eus à calmer mes hommes, et je leur dis que, quelles que fussent les intentions de la commission , il était de mon devoir, malgré mon état de 'souffrance, d’obéir au gouvernement.
— Je n’ai rien à craindre, ajoutai-je, et je serai bientôt de retour.
Ils ne parurent qu’à demi-convaincus, et déclarèrent que si dans une heure je n’étais pas revenu, ils iraient eux-mêmes savoir de mes nouvelles !...
Je partis en voiture avec le colonel Mercier, et suivi d’une escorte de quelques gardes à cheval.
Chemin faisant, Mercier remarqua combien je souffrais et me proposa de se rendre seul au Luxembourg ; je refusai son offre et nous arrivâmes dans la cour, qui était occupée par la garde nationale et la troupe de ligne.
Ces troupes de ligne demeuraient dans Paris, malgré la promesse formelle du gouvernement provisoire de les éloigner après la revue du 20 avril. On les avait cependant gardées deux ou trois jours, sous prétexte qu’elles devaient fraterniser avec la garde nationale ; puis, elles avaient été définitivement conservées, sur l’insistance particulière de MM. Lamartine, Garnier-Pagès et Arago.