DEUXIÈME PARTIE
Les clubs du désespoir persévéraient. La rumeur publique était grosse d’orages; et, pour rappeler une expression un peu triviale dont je me servis alors, afin de caractériser la position : la vessie était gonflée de fiel ; elle allait bientôt crever!...
L’autorité imagina alors, comme dernière ressource, de former un réseau de troupes autour des rassemblements et de les envelopper dans une arrestation commune.
Plus de neuf cents personnes de tout sexe furent ainsi cernées d’un seul coup de filet, et conduites à la préfecture de police, *où elles passèrent la nuit dans la cour.
On s’emparait certainement des meneurs par ce moyen ; mais, en même temps, on violait aussi la liberté de personnes inoffensives, attirées par la curiosité ou la proximité de leur demeure. Deux représentants, englobés dans cette capture, durent subir eux-mêmes les conséquences de la belle loi qu’ils avaient faite.
Il eût mieux valu, ainsi que je crois l’avoir dit précédemment, aposter dans la foule des agents inostensibles qui , s’attachant aux monteurs de clubs, les eussent arrêtés ensuite à domicile , pour éviter des collisions dans la rue.