‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 57 sur 209 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

volonté, et d’ajourner les décisions d’une fausse représentation nationale. »

Paris était encore bien plus agité que la province. Les clubs de toute nuance faisaient courir leurs listes et appelaient les candidats à venir exposer leurs doctrines. Les murailles étaient couvertes d’affiches, et les bulletins de votes étaient distribués par millions dans la ville. Le nombre des candidats était fabuleux, et la collection de leurs professions de foi serait un des documents les plus curieux sur la variété de l’esprit humain. Tous étaient fort bons patriotes ; mais chacun avait des raisons spéciales pour mériter la confiance de ses concitoyens. Les uns tenaient leur titre de leur père ou de leur fils, de leur richesse ou de leur pauvreté, de leur ignorance ou de leur éducation ; la plupart de l’état auquel ils appartenaient : les généraux voulaient représenter l’armée, les avocats la législation, il y eut jusqu’à un sourd-muet qui demanda les suffrages de Paris pour parler par signes à la Constituante.

Mais , au milieu de tant de concurrents , la bourgeoisie sut pourtant organiser une certaine unité. Les journaux conservateurs , comme le 2 • 7 .

Page 1