‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 63 sur 209 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

crates ardents du peuple parisien. D’un autre côté, les espérances des réactionnaires se manifestaient plus ouvertement, et leurs organes continuaient des attaques calomnieuses contre les élus républicains.

Des lettres de menace anonymes étaient adressées de part et d’autre.

On disait que des agents royalistes du plus haut rang s’étaient introduits furtivement dans Paris pour y préparer la contre-révolution, et qu’ils cherchaient à corrompre avec de l’or les citoyens pauvres. Le peuple se croyait trahi, et parlait de jeter l’Assemblée nationale dans la Seine, si elle ne proclamait pas immédiatement des institutions démocratiques.

Les investigations de quelques agents particuliers me tenaient au courant de la réalité des choses. La quantité de personnes de toute opinion qui venaient à la préfecture, les rapports des clubs surtout, achevaient de me donner la mesure exacte de l’émotion publique, qui nécessita, de ma part, l’adresse suivante aux habitants.

« Citoyens,

« Des rumeurs sourdes circulent depuis quelques jours dans tous les rangs de la société;

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