DEUXIÈME PARTIE
Le sort de la république allait dépendre, en effet , de cette étrange réunion d’hommes, où toutes les vieilles idées, tous les vieux intérêts semblaient dès lors en majorité.
A midi, la salle des séances était déjà envahie par plus de cinq cents représentants.
Le gouvernement provisoire, réuni au ministère de la justice, sur la place Vendôme, pour se rendre en corps à l’Assemblée, s’avança vers midi et demi , entre une haie de gardes nationaux. Tout le long de la route, on entendit crier partout : « Vive la République ! Vive Lamartine ! »
On eût dit que le cortège accompagnait la marche triomphale du citoyen Lamartine, que les vivat enthousiastes répétés sans cesse par la bourgeoisie de la garde nationale paraissaient désigner à la présidence de la France. Un nuage n’avait point encore couvert sa popularité.
Les cris de : «Vive le gouvernement provisoire » furent aussi proférés, mais rarement.
Bientôt le gouvernement lit son entrée dans la salle de la Constituante, Dupont ( de l’Eure) en tête et soutenu par Lamartine et Louis Blanc.
Le citoyen Audry de Puyraveau présidait, comme doyen d’âge.