‹ Mémoires de Caussidiere expréfet de police et représentant du peopleChapitre 82 sur 209 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

laisserait massacrer les patriotes polonais et italiens, comme on l’avait fait en 1850. Ces versions, jointes à la canonnade de Rouen, irritaient la population contre le pouvoir.

Le 10 mai, le représentant Wolowski déposa à l’Assemblée nationale une pétition des comités de Posnanie, de Cracovie et de Gallicie, pour solliciter la protection de la république française.

Cette pétition se terminait ainsi :

« Peuple français ! pendant dix-sept ans, les vaines protestations à notre égard te saisissaient d’une noble et sainte indignation. Aujourd’hui que Dieu t’a rendu ton indépendance, tu ne laisseras pas lâchement assassiner tes frères de la Pologne, tes anciens compagnons de gloire, fidèles à ta cause au milieu de tes victoires comme dans ton infortune.

« Français ! c’est au nom de nos églises profanées et pillées, de nos femmes et de nos enfants égorgés, de nos villes et villages réduits en cendres; c’est au nom de la plus sainte cause, et dans le moment pour nous le plus décisif, que nous vous demandons appui. Nous vous envoyons nos frères d’infortune, non pas pour qu’ils implorent votre pitié, mais afin

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