CHAPITRE XI
long des boulevards, dans un ordre admirable, en criant : « Vive la Pologne ! » et arriva ainsi au pont de la Concorde. J’y avais fait placer deux commissaires de police, qui introduisirent dix délégués dans le palais de l’Assemblée nationale, où ils furent reçus par le représentant Yavin.
Le citoyen Buchet (de Cublize), président de la délégation, adressa un discours énergique au citoyen Vavin, chargé de faire le dépôt des pétitions sur le bureau de l’Assemblée.
Le citoyen Vavin répondit qu’il appuvcrait de toutes scs forces parmi ses collègues l’idée de rétablir la Pologne au rang des États européens, cette nation ayant toujours possédé toutes ses sympathies.
A la place de la Madeleine, du haut d'un balcon, le citoyen Buchet vint rendre compte au peuple de ce qui s’était passé. Les acclamations qui l’accueillirent se renouvelèrent lorsque M. Vavin , accompagné d’un autre représentant, répéta devant tout le monde la promesse faite aux délégués.
L’Assemblée n’en passa pas moins à l’ordre du jour sur la pétition relative aux Polonais.
Malgré le calme de cette manifestation syrn-
DEUXIÈME PAKT1E.
pathique, on entendit pourtant le rappel dans les l or et 2 e arrondissements, et quelques gardes nationaux intervinrent en armes et menacèrent les ouvriers. Peu s’en fallut qu’il ne s’engageât une collision déplorable, car, pour exciter la i r0 légion, les réactionnaires racontaient qu’on avait désarmé des postes, qu’on se battait sur la place de la Révolution, et que les représentants étaient menacés.
La journée se passa sans autre désordre, mais en rumeurs diverses. Des groupes nombreux, répandus dans les Tuileries, autour de l’Assemblée nationale et le long des boulevards, discutaient sur un ordre du jour ainsi conçu :