‹ Mémoires de chirurgie (volume 3)Chapitre 103 sur 124 · La pièce est déposée au Musée de médecine opératoire · texte numérisé non relu

La pièce est déposée au Musée de médecine opératoire

AMPUTATION MÉTATARSO-PHALANGIENNE. 771

gienne. Au bout d'environ quarante jours le malade put aller à Vincennes,où il resta un mois. Lorsqu'à sa sortie de Vincennes il essaya de marcher pour reprendre son travail, son moignon devint enflé et douloureux. Sur l'œdème de la région plantaire on remarquait une saillie de la grosseur du doigt, dure et très sensible, située sur la ligne médiane et s'étendant du talon à l'extrémité antérieure du moignon. Les cataplasmes émollients et les badigeonnages avec la teinture d'iode firent disparaître les accidents en trois semaines. Le malade put quelque temps après reprendre son travail sans douleur ni claudication, jusqu'au mois de janvier 1869.

A cette époque il travaillait dans une usine à gaz et fut brûlé par une explosion. Il porte encore actuellement des traces de brûlures sur tout le corps, en particulier à la nuque, au dos, aux jambes; mais il affirme que le pied malade n'a pas été atteint par le feu. Il reprit son travail au mois de mai, aussi bien qu'avant cet accident. Vers le 15 novembre 1869, à l'époque des premiers froids, des douleurs se firent sentir de nouveau dans le moignon. Très vives pendant la marche, elles disparaissaient par le repos. Elles partaient de l'extrémité antérieure du moignon, sur la ligne médiane, et s'irradiaient dans tout le pied. La marche devint difficile, puis impossible.

Etat actuel. Le pied n'est ni tuméfié, ni enflammé. La cicatrice est. très solide, linéaire, comme si on eût obtenu une réunion par première intention. Elle adhère à l'extrémité antérieure du premier métatarsien. A sa partie moyenne, au niveau de l'extrémité antérieure du troisième métatarsien, à laquelle elle est aussi adhérente, elle présente une sorte de durillon. La douleur à la pression est très vive en ce point.

L'apparition des premiers froids n'est pas sans influence sur la production de la douleur; d'autre part, la présence du durillon peut y contribuer. Peut être enfin y a-t-il un ou plusieurs névrômes dans la cicatrice. Du reste aucune douleur névralgique, ni rhumatismale, n'a été observée antérieurement.

Jusqu'au 7 décembre le traitement consiste dans le repos au lit. A cette époque la douleur à la pression est déjà moins vive.

9 décembre. Application d'onguent napolitain belladone pour calmer la douleur, et de cataplasmes pour ramollir le durillon, que le malade avec un instrument tranchant enlève peu à peu.

21 décembre. Le durillon est enlevé à peu près à moitié. Le malade marche toute la journée; la claudication a presque disparu. Il reste seulement, à la pression, un point douloureux à la face in-

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