PANSEMENT OUATE DANS L ONGLE INCARNE
Depuis plusieurs années le pansement ouaté m'a rendu service dans une petite opération qui jadis ne laissait pas que d'être assez longue à guérir : je veux parler de l'ablation de l'ongle incarné. Traitée par les pansements ordinaires, la plaie mettait en moyenne à se cicatriser une quinzaine de jours pendant lesquels on condamnait, utilement d'ailleurs, les patients à un repos assez rigoureux. De plus les pansements eux-mêmes étaient parfois douloureux, du moins pendant les premiers jours.
Or l'enveloppement avec le coton simplifie beaucoup tout cela. L'ongle enlevé à l'aide de l'anesthésie locale, et la plaie rapidement lavée avec l'eau phéniquée, j'applique vite une bottine d'ouate montant un peu au-dessus de la cheville, et de deux bons travers de doigt d'épaisseur. Une bande méthodiquement roulée maintient le tout; les douleurs cessent ordinairement vite.
Dès le troisième ou quatrième jour, je laisse les opérés marcher dans la chambre ; le 8e jour j'enlève le tout, et dans la presque totalité des cas la guérison est complète.
Ce traitement chirurgical de l'ongle incarné, aussi simple et innocent qu'efficace, m'a donné un grand nombre de succès ; aussi je le propose volontiers, même dans les cas assez légers d'incarnation, quand le traitement par les pansements marche trop lentement ou n'amène pas de cure radicale.
Il n'est pas inutile d'ajouter qu'en aucun cas jusqu'ici je n'ai jamais eu recours à ces procédés compliqués de cautérisation, d'excision des fongosités, qui me paraissent pour le moins inutiles.