Bull, de la Soc. de chirur., 1867, p
oblique, quelle que soit la hauteur à laquelle j'ampute; l'autre postérieur, beaucoup plus grand et bien doublé de masses musculaires empruntées aux jumeaux et au soléaire. Tout à fait en bas, j'ai conservé jadis le tendon d'Achille ; je n'y vois aujourd'hui aucun avantage. Je dirai même que la présence des muscles et du tendon dans l'épaisseur du lambeau en question m'a paru retarder considérablement la cicatrisation, si, conformément à mon habitude, je fais le pansement ouaté simple et m'abstiens de réunion immédiate.
Au quinzième jour, la plaie est superbe et la face profonde du lambeau postérieur recouverte d'une couche de granulations fort belle en vérité, mais qui met un temps infini à se rétracter et à ramener en contact les extrémités libres des deux lambeaux.
Si donc on persistait à ne faire ni suture ni rapprochement avec les agglutinatiis, il serait préférable de ne conserver à la face profonde du lambeau postérieur qu'une minime quantité de fibres musculaires.
Dans ces derniers temps plusieurs chirurgiens, et en particulier Pingaud, de regrettable mémoire, ont beaucoup vanté l'amputation à un seul lambeau latéral externe et proposé d'en faire le procédé de choix. Deux fois déjà j'ai agi de cette manière et j'ai trouvé, j'en conviens, l'exécution plus facile et le résultat immédiat satisfaisant. J'ai relaté plus haut (p. 489) ces deux faits, mais je n'en tire évidemment aucune conclusion.
Quel que soit le nombre et la situation des lambeaux, ils doivent toujours être taillés de dehors en dedans et jamais par transfixion.