PROCES DIVERS
Axi commencement du moys d'aoust, en ceste présente année, arrivèrent à Provins messieurs le daulphin de France \ le duc de Lorraine^ et le duc de Longueville ^, qui tousjours alloient ensemble par le royaume, ayans toutesfois chascun leur court de tous officiers et serviteurs à part. Hz venoient de la ville de Troye en Champagne, et avoient, le joiu* qu'ilz arrivèrent audit Provins, deslogé de la ville de Nogent sur Seine et disné au prieuré de la Fontaine aux Bois, qui est la moytié du chemin desdits Nogent et Provins, où les gouverneurs de Provins les pensoient aller saluer ou pour le moings assez près dudit lieu sur les chemins; mais ne se hastèrent assez, car lesdits seigneurs furent aussi tost à la porte de la ville qu'ilz de Provins furent bottez et montez à cheval , et ceux-ci , se trouvans surprins , attendirent qu'ilz seigneurs fussent dedans l'abbaye de Sainct-Jacques, où estoit leur logis, principallement ausdits daulphin et duc de Lorraine, et là se présentèrent à eux pour leur faire la révérence et s'excuser de leur paresse. Et pourta la paroUe pour lesdits de Provins mons. le bally de ladite ville M® Philippe Durant, homme d'aussi belle apparence qui feust au royaume. Desquelz ne feit grand cas mons. le daulphin, qui ne les feit que ung peu regarder, et leur feit une petite révérence de la teste en entrant dedans sa chambre , où il luy tardoit qu'il feust pour se reposer, car il avoit la liebvre.
' François , fils aîné de Henri II , né de Bar, né le 1 5 février 1 543 , mort le
le 1 g janvier i544, roi de France après i4 mai i6o8.
la mort de son père, sous le nom de Fran- ^ Léonor d'Orléans, duc de Longue-
çois II. ville et d*Estouteville , né en ir)4o, morl
' Charles II ou III, duc de Lorraine et en août 1673.
1556. Mons. le duc de Lorraine, qui n avoit nul mal, les escouta ung peu plus patiemment, et, en la présence de mons. nostre maistre Davesnes, précepteur dudit seigneur daulphin, et de son maistre d*hostel, duquel je n'ai sceu le nom, leur promist de les excuser envers ledit seigneur daulphin , quant la fiebvre l'auroit laissé ou bien mes qu'il se feust reposé. Ce qu'il feit sur le soir, quand lesdits de la ville les retournèrent veoir, pour leur faire les présens de pain, vin, roses et conserves, lesquelz furent bien receu» par ledit seigneur, qui longtemps parla à eux, comme je le vis, leur monstrant bon visage et s'excusant sur sa maladie. Il feut deux jours entiers audit Provins sans sortir de son logis; mais lesditz deux aultres seigneurs ducz se poumienèrent par la ville, qu'ilz visitèrent dehors et dedans, et si allèrent prendre leur esbatement jusques au monastère des cordelières, hors les murailles dudit Provins, el au bout des deux joiu^ partirent de Provins pour s'en aller à Paris, et furent au giste à Nangis dedans le chasteau de mons. de Beauvais, où furent conduictz par ceux dudit Provins en grand nombre*
Un viol ayant été commis sur une femme de Chalautre-la-Grande , qui passait ponr avoir des relations intimes avec un prêtre du pays, deux des coupables sont arrêtés. — Le d«iuphixi et les princes qui 1 accompagnaient refusent de leur accorder leur grâce. — Ils sont condamnés à recevoir le fouet, pendant trois jours, dans les rues et carrefours de Provins. — L'un des condamnés, ayant appelé au parlement, parvient, à force d argent et par la faveur du rapporteur de Taffaire, à se faire absoudre. — Les cordonniers et les savetiers de Provins, réunis en une seule corporation , plaident les uns contre les autres pour obtenir la séparation de leurs métiers. — Des procès semblables s'élèvent entre les chaussetiers et les couturiers, et entre les drapiers et les foulons. — La séparation des rhau&seticrs et des couturiers est prononcée par le parlement. — Les boulangers et les meuniers soutiennent contre les fermiers des fours banaux et les meuniers
' Nicolas de Brichanleau , seigneur de mandant en chef dans la ville de Guise ,
Beauvais - Nangis , de Gurcy, etc. connu puis à Tours. Blessé el fait prisonnier à la
sous le nom de mons. de Beauvais, naquit bataille de Dreux, où il commandait la
le lo janvier i5io. Il fut gentilhomme de cavalerie, il mourut quelque temps après
la chambre du roi en i553, capitaine de des suites de ses blessures. (Voy. Addit.
cinquante hommes d*armes en i557, com- aux mém. de Castelnaa, t. II, p. 99.)
du moulin du roi un procès, à la suite duquel il est défendu aux habitants de 1556 Provins, excepté aux gens d*église, de faire moudre leur grain ailleurs quaux moulins du roi et cuire leur pain ailleurs qu'aux fours banaux. — M. de Ghaumont, ayant voulu enlever aux habitants du MouIin-d*Ocle (paroisse des Ormes) leur pâture de la Noë-Hoslin, et ayant tué plusieurs de leurs bestiaux, est condamné par le parlement.