DE GLISE
Au xxxv*^ chapilrc de Tannée 52 de ce présent livre, nous a\ons
bli't cDiuposéo d*ccclésiasti<|ueH, des éclie- faire pour h soulagement du grand nombiv
vins, do délégués du parleniont et des et aJflucnLC des pauvres de Picardie ruinez
gouvcnicurs du bureau des pauvres, poi(r par les guenvs.^ — Voy. aussi Félibien,
adviser et mettre ordre à ce qui se pourra Ilist. de Paris, t. 11, p. loGi.
155^1. parlé du prieur de THostcl-Dieu de Provins, nommé Bolurnus, aulmosnier de madame de Guise, qui succéda à frère André Lecourt, auparavant maistre dudit IIostei-Dieu. Il Boturnus se faisoil nommer et escrivoit en son nom et smnom Botarmis de Botarnis, et se disoit estre docteur en lliéoiogie de l'université el faculté de Boullongne la Grasse en Italie, et natif de la ville de Bresse audit pays, homme assez docte, mais non de meilleure vie quant aiL\ mœm^s ^ Car se voyant maistre paisible dudit Iloslel-Dieu, s'y reliia pour prendre ses ayscs et repos, et y vivoit d'une vie fort scandaleuse. 11 tint avec soy une et la phis jeune religieuse qui fust audit hostel, nommée sœur Aymée, qui estoit fort l)elle et qui avoit faict beaucoup de peine ù garder aux deux prieurs dudit llostel-Dieu ses prédécesseurs; laquelle, par chas-
' Bolnrnco de' Bolnrnci Tiil nommé pnoiir (le riIotel-Dicn do Provins sur la présontalion de la duchesse de Guise, cl coniirnié dans celle char^^c par Icllres du 23 juillcl i55a, malgré les réclauialîons dos religieux et religieuses de la maison. On lui suscita toule sorte de dilîicullés; ou l'accusa d'être proleslanl, el il finit par >e retirer, en résignant son bénélice en faveur de i'rère Denis Le Roy, par un acte du 2 1 août i.^jy. (Voy. sur ce |)ersonnage le recueil nis. de M. Uivot, t. V, p. 211, a la bibliothècpie de Provins.) 11 existe plusieurs pièces relatives à son administration dans les archives de l'IIôtelDieu de la même ville : 1" Hequctc aux gens du présidial par les procureur el échcvins, |)0ur être autorisés à visiter chaque semaine les vivres donnés aux pauvres, el à s'enquérir du traitement desdits pauvres ( I 2 juillet i55/i); 2** réj)onse à celte re- ([uèle par les frères et sœurs (i3 juillet); y cerlilicat délivré par les religieux et religieuses, sur la demande de Boturne, constatant qu'il n'est mort aucuns malades .sans avoir reçu la confession (2 aoiii) ;
4* plaidoyer ou mémoire rédigé et signé par Boturne; j" letlre de Henri II, d'après laquelle les manants et liabitants de iVovius, qui, à Viustigation et poursuitte (raucuns malvueillaiis et hninncux da prieur de l'IJôtcl'Dicu Boturne, avaient obtenu du parlement une commission pour s'enquélir des afl'aires et des comptes de rtlôlel- Dieu , seront renvoyés devant le grand aumônier (4nov. i555); G" certificat donné devant notaires par le trésorier de Tllôtel- Dieu, par mcssirc Claude llaton, prêtre, chapelain de cette maison, par sœur M.
Garnier, etc. constatant que l'IIôlel-Dieu est par le prieur Boturne honestement gouverné et entretenu paisiblement, tant au spirituel que au temporel (i5 déc. i555); 'j" lettre de Henri II, pour ajourner au conseil privé les habitants de Provins appelants de l'ordonnance qui les renvoyait devant le grand aumônier (Gfévr. i556).
^- Voyez aussi un acte du 3 nov. i552, dans le recueil manuscrit de M. Ylhier (Ilisi. ecclésiastique de Provins, Hôpitaux, p. 166) à la bibliothèque de la ville de Provins.
DE CLAl DE IIAÏON. 7
cun jour ostoil au levé cl couché d'iccluy, et si esloil dame crhostci 155/1 de ladite maison, sous son commandement, ayanl charge de tout achepter, faire appareiller et gouverner, de manière que nul de huhte maison, prebstre, religieux ni aultre n'eust osé contredire ladite dame cjui ne s'en feust repenty, qui causa ung grand scandalle audil Provins.
Pour le despit que eurent aulcuns religieux dudit Mostel-Dieu de veoir ceste nonain parmy eux, et aidtres choses qui ne leur sembloienl des plus honestes, murmurèrent contre ledit Boturnus et elle, qui l'ut cause de faire séparer lesdits moynes de la table dudit Boturnus et d'elle. Et pour ce, composa ausdits religieux et religieuses, el fui la composition telle, qu'il debvoit bailler à un chascun religieux deux soulz t. en argent, ung pain blanc et trois chopines de vin par chascun jour, et i chascune religi(»use la moylié aullaiil, excepté à la sienne qui vivoit comme luy. Il tinst ceste con)j)Osition (piehpies deux ans et plus, après ([uoy il les remist à sa table pour certaines raisons.
11 cstoit si avaricieux qu'il n'estoit possible de plus, et ne vovoit manger les personnes qu'avec regret, principallement les ndigieuses et les pauvres malades qui estoient es lictz, lesquelz il encluissoit et faisoit enchâsser par son vicaire général, frère Pierre (jirard, qui, suyvant le commung bruict, faisoit tout ce qu'il voidoit bien el mal pour demeurer en sa bonne grâce et de sa danuî, cii ([u'il ne peut faire long temps. Ausquelz pauvres il retiancha les vivres le plu.v estroitement qu'il peut, sans leur faire aultre gracieuseté qu(^ leur donner bien peu de pain, moings de vin tel quel, et quasi poinet de chair, encores de la moindre de la ])oucherie, sans leur \ouloijbailler bois ne charbon pour les chaunér l'hiver. Aux religieux et religi(Mises leur en bailloit ung peu davantage, je dis de ])ois.
Il prenoit grand peine à semer et mettre feneiir de Luther et Calvin audit IIostel-Dieu, le plus cauteleusement qu'il povoit, et qui plus l'cMnpeschoit estoit qu'on ne le pouvoit entendre à son parler italien, et si bien souvent assend)loit les religieux et religieuses en secre»t
155/^. pour les prcsrher; mais ni les iings ni les aultres n y entendoienl rien, et, pour mieux leur faire entendre ce qu'il leur preschoit, s'abstenoit de toutes les œuvres de la foy et cérémonies de la religion cathollcque et romaine, comme de jeusner, de chanter la messe, d'y aller ni à aultre office de l'église, de dire ses heures, de garder continance, ni de faire aultre chose qui peust entretenir ni esmouvoir les chrestiens à dévotion ; et fut près de deux ans à mener telle vie et sans se confesser aux prebstres.
Pour lequel gouvernement et clameur des pauvres malades, qui estolent par les rues dudit Provins et qui disoient morir de faim et de froid, messieurs les procureiu* et eschevins dudit Provins felrent assembler en ceste dite année les habitans de la ville à Thostel commung d'icelle, qu'on appelle fhostol de la ville, pom- avoir l'advis d'un rhascun qu'il serolt bon de faire pour corriger l'abbus dudit Boturnus et pour faire que les pauvres feussent mieux traitez nourris et chauffez qu'au précédent. A laquelle assemblée fut résolu que l'on informeroit des abbus qu'il commettoit, qu'on monslrcroit à justice et au roy, si besoing estoit, le maulvais traitement qu'il faisoit aux pauvres et la maulvaise administration qu'il faisoit du bien et revenu dudit IIostel-Dieu, qu'il emploioit à soy et à ses parens d'Ytalie, qui l(î vonoient souvent veolr, et non aux pauvres malades du pays et cstrangers, et qu'on taschcroit de luy faire osier l'administration du revenu dudit Ilostel-Dieu, et de faire gouverner ceste maison par bourgeois de la ville, qui serolent esleuz chaque année par les procureur, eschevins et corps de ladite ville, traiteroient mieux lesdits pauvres selon le revenu, et rendroient compte du reliccpia par chasrun an devant qui il appartiendroit, le tout suyvant ung édict du roy qui ordonnoit que tous hospitaux et maladreries de fondation rovalle fussent gouvernez par les procureurs et eschevins des villes où estolent les dits hospitiuix ou aultres bourgeois d'icelles esleuz par les gens et habitans desdites villes'.
' Voyez, pour les édils et règlements relatifs aux hôpitaux, dans le xvi* siècle, le rocueil do Fontanon, tom. IV, p. b'jà et suiv.
Lequel édict du roy se praticquoit jà en plusieurs villes de France 1554. et nommément es villes de Paris, Troye et Meaux, les hospitaux desquelles, n'y avoit guères, estoient gouvernez par les commissaires bourgeois desdites villes suyvant ledit édict.
Le conseil résolu, fut ordonné aux procureur et eschevins dudit Provins, l'ung desquelz esloit Claude Faulchon, appoticqualre demourant juxte ledit hostel, de faire informer et de plaider contre ledit Botumus , affin de luy osier l'administration du revenu dudit Hostel- Dieu, ce qu'ilz feirent aux despens de la ville. Et, pour mieux venir & leur poinct, n'informèrent seuUement de la maulvaise administration du bien dudict Hoslel-Dieu et du maulvais traictement qu'il faisoit aux pauvres, mais aussi informèrent de ses maulvaises mœurs et meschantc manière de vivre, et nommément du scandalle qu'il donnoit de tenir jour et nuict ladicte religieuse avec soy, de laquelle ilz meirent en avant qu'il avoit eu deux enfens; davantage informèrent contre luy qu'il esloit hérélicquc luthérien et prouvèrent sur tous ces poinclz ce quilz peurcnt. Et fut portée ladite information à la court, pour la présenter au roy, s'il en eust esté besoing, qui esloit fort pernitieuse, s'il n'eusl eu crédit.
Mais l'information ne fut plus tost à ladite coiut que luy, qui advertit madame de Guise, sa maîtresse, de tout ce que messieurs de ladite ville faisoient et avoient faict contre luy, à laquelle il sceut si bien desguiscr la matière, qu'elle espousa sa cause et manda aux bailly, procureur et advocat du roy, procureur et eschevins de ladite ville, qu'ilz cessassent leur entreprinse contre son aulmosnier, s'ilz luy vouloient faire plaisir; ce qu'ilz ne volurent faire pour le premier mandement, mais le feirent adjoumer aux rcquestes du palais de Paris ou à la court de Parlement, où il ne volut rcspondre ou bien n'y plaida longtemps, car il trouva moyen, par la faveur de sa maistresse, de se faire enroUer à Testât du roy pour estre ung des aulmosniers de Sa Majesté; au moyen de quoy, feit évocquer son procès au privé conseil, qui fut cause, avec ung aultre mandement de ladite dame, que ce procès demeura là et n'en passa-on plus avant.
J 55/1 . Icelle dame de Guyse liiy pourloit une grande faveur et Faynioit fort ou craignoil, car elle ne luy refusoit rien de tout ce qu'il luy demandoit, et parloit aultant hardiment à elle ledit Boturnus, ([ue si elle eust esté sa lille. Deux choses poulsoient ladite dame à le supporter et luy bien faire, Tune pour ce qu'il estoil de son pays d'Ytalie, Taullre pour ce que sa mère , madame la duchesse de Ferrare, Tavoit baillé à elle et bien recommandé
'.La lin du chapitre xli cl le commencement du suivant manquent.'