Bibliothèque nationale. Cabinet des titres, volume
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fasse venir de Bruxelles ceux par lesquels il en peut donner connoissance.
Vous direz aussi, s'il vous plaît, à M. Servien qu'il donne un petit ordre pour que, de la plus proche compagnie de cavalerie de la frontière, vingt -cinq chevaux- légers fassent ce que leur dira Besançon, sans sortir du royaume si ce n'étoit d'une lieue ou deux^..
Ici s'arrêtent les folles équipées de Charles de Besançon. Il reprit peu après du service dans l'armée, ainsi que son frère, qui fut remis en liberté au commencement de l'année 1635. Tous les deux semblent avoir vécu dès lors dans une grande union. Nous croyons inutile de donner ici en détail les états de service des deux frères qu'on peut lire dans la Chronologie militaire. Nous rappellerons cependant quelques anecdotes qui les concernent tous les deux et sur lesquelles les Mémoires et la Correspondance de du Plessis- BesaDçon ne fournissent aucun renseignement.
En 1640 et 1641 , Bernard séjourna longtemps en Catalogne et négocia, avec les états de la province révoltée, l'annexion de ce pays à la France. Pressés par les armées espagnoles, les Catalans demandèrent du secours à Louis XIII. L'armée navale, commandée par Henri Escoubleau de Sourdis, archevêque de Bordeaux et général des galères, ne répondit pas à cet appel aussi vite que l'eût souhaité Richelieu. Peu après, s'étant présentée sur les côtes de Catalogne, elle subit un échec irréparable devant Tarragone (août 1641). A la cour, on arrêta la résolution de destituer le prélat fanfaron et incapable qu'on considérait comme l'auteur de ce désastre. Charles de Besançon fut spécialement chargé de faire une enquête sur la conduite de l'archevêque^. Il se rendit à Toulon et y recueillit les dépositions de nombreux témoins. Sour-
1. Affaires étrangères, fonds France, mémoires et documents, DGGGXm, 168.
2. Instructions dos 10 février et 11 mai 1641. (Archives de la guerre, LXIII, foHo 348, et LXIV, folio 461.)
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dis lui reproche, dans sa Correspondance , d'avoir fait preuve d'une partialité implacable ^ Dans tous les cas, ses conclusions furent sévères : « Connaissant la bonté extrême « de Votre Éminence, » écrivait-il le 21 novembre 1641 k Richelieu, « j'appréhende bien qu'elle ne soit touchée de « douleur en apprenant qu'une personne qu'elle a comblée « d'honneurs et de grâces se trouve chargée par les infor- « mations que je fais de plusieurs crimes, tant envers Dieu, « Sa Majesté, Votre Eminence que d'aucuns particuliers^ »
Tallemant des Réaux raconte que Besançon, « au retour, « en dit le diable et que l'archevêque croyoit être le seul « habile homme qu'il y eût en France. Le cardinal le relé- « gua à Carpentras et, en allant à Perpignan, il le confina « dans une bicoque de la montagne. ^>
Les résultats de cette mission donnèrent satisfaction à Richelieu qui récompensa l'exécuteur de ses hautes œuvres en le nommant intendant de Touraine (1642) ^ Mais l'éclatante disgrâce qui frappa l'archevêque laissa les plus pénibles souvenirs chez tous les membres de la maison de Sourdis qui, depuis lors, gardèrent une haine profonde aux Besançon. Quelques années plus tard, un des neveux du prélat essaiera d'infliger aux deux frères un sanglant afi*ront auquel ils surent, comme on le verra d'ailleurs, fort heureusement se dérober.
Au moment où éclatèrent les troubles de la Fronde, Charles et Bernard occupaient les fonctions de maréchal de camp. Tandis que son frère cadet était envoyé par la cour en mission en Normandie, Charles fut arrêté dans Paris par le parti du parlement et des princes. Le 11 janvier 1649, un conseil de guerre réuni k l'hùtel de ville le fit élargir sous la
L Correspondance âc Henri Escoubleau de Sourdis, tomes I et H.
2. Affaires étrangères, fonds France, mémoires et documents, MDCXXXIII, 421.
3. Mercure de France, octolire 1710. — Clialmel, Histoire de Touraine.
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caution de son cousin, le président de Novion^ Peu après, les frondeurs lui donnèrent une commission pour commander des troupes de cavalerie. Il sut se soustraire à cet honneur, qu'il n'avait sans doute pas sollicité, et passa dans les rangs de l'armée royale. Pendant toute la durée de la Fronde, la fidélité des deux frères envers le roi et Mazarin paraît avoir été inébranlable 2. En 1652, Charles de Besançon ne recula pas devant de grandes dépenses pour venir en aide au parti de la cour. Il leva et entretint à ses frais un régiment de cavalerie et un régiment d'infanterie qui ne furent licenciés que lorsque la paix fut rétabhe dans tout le royaume 3.
Au cours des événements qui mirent alors nos institutions en péril, une grande assemblée de la noblesse se réunit chez le marquis de Monglat, puis, les appartements de celui-ci n'étant pas assez vastes, chez le marquis de Sourdis^ dans le but de résister aux tentatives d'empiétement de quelques grands seigneurs. Les deux frères Besançon vinrent, comme la plupart de leurs amis, pour assister à une réunion qui eut lieu, le 9 octobre 1649, à l'hôtel de Sourdis. En l'absence de son père, le marquis d' Alluye faisait les honneurs de la réception. En apercevant MM. de Besançon, le souvenir de l'ancienne injure faite à son oncle lui revint à l'esprit et il émit la prétention de les chasser de sa demeure, « disant qu'ils « n'étaient pas gentilshommes. » « ... Il y eut grand bruits » Leur origine était de robe et nul doute que les Sourdis n'appartinssent à une maison plus ancienne et plus considérable que la leur. Cependant, cette haineuse agression ne pouvait les atteindre. Ils en appelèrent au règlement de l'assemblée
1 . Registres de Vhôtel de ville de Paris 'pendant la Fronde, tome I, pages 120 et 155.