‹ Mémoires de Du Plessis-BesançonChapitre 90 sur 146 · Du .Plessis-Besançon à Mazarin · texte numérisé non relu

Du .Plessis-Besançon à Mazarin

Extrait. [Sans indication de lieu], le 30 mai 1645.

La prise de Roses a rétabli entièrement les affaires et la réputation du roi en ce pays. M. le maréchal de la Motte a laissé les affaires de Catalogne et surtout celles de cette frontière en si mauvais état par la perte des places de la Sègre que, n'ayant pu agir dans les temps qu'elle étoit basse, les ennemis foibles et sans fortifications sur les gués, il est maintenant d'un péril et d'une difficulté extrême de pouvoir passer cette rivière, tant pour être grosse comme elle est par la fonte des neiges, que pour les travaux et le canon qu'ils ont à tous les gués, et les forces qu'ils opposent à notre passage

Pour ce qui est de l'état des affaires en dedans de la province et de Barcelone, tous les avis que j'ai de divers endroits portent que les mauvais catalans font pis que jamais contre nous par toutes sortes de voies, et le régent Fontanelle m'écrit qu'il a

découvert diverses pratiques ^ dont il me fera part à son retour

dudit Barcelone

(Minute originale. Affaires étrangères, Espagne, supplément, V.)

Extrait. Paris, le 2 juin 1645.

Je me suis trouvé présent comme Son Éminence a dit à M. Le Tellier que, si la maladie de M. de Marca l'empêchoit d'agir ou l'obligeoit à se retirer, ilnefalloit point songer à d'autre personne qu'à vous, qui, avec la qualité de maréchal de camp, aviez tous les talents nécessaires et la créance dans le peuple pour prendre soin de toutes les affaires, tant politiques que de flnance. J'ai seulement à vous donner avis, comme votre très humble serviteur, d'empêcher par votre conduite qu'on ne puisse vous rendre de mauvais offices sur ce qui est du ménage. On a voulu faire croire ici que c'étoit vous qui mettiez dans la tête de M. le vice-roi de solliciter pour faire accorder un traitement plus avantageux à la cavalerie et aux troupes qui servent en Catalogne. Il faut que vous vous accommodiez un peu à nos nécessités, et, si vous avez des besoins, croyez que les nôtres sont extrêmes, ayant tant de

choses différentes auxquelles il faut nécessairement pourvoir

(Original. Affaires étrangères, Espagne, supplément, V.)

Page 1