CONSEIL DES FINANCES
hâte de se voir en fonction. Il y avoit sept intendants des finances, qui, pour six cent mille livres que leurs charges leur avoient coûtées*, touchoient chacun quatre-vingt mille livres de rente, sans le tour du bâton, que personne ne pouvoit supputer. On les supprima tous sept, en leui: payant l'intérêt de leur finance, c'est-à-dire trente mille livres de rente à chacun, en attendant leur remboursement dé six cent mille livres.
Ces sept étoient Gaumartin et des Forts, conseillers d'État, le Rebours et Guyet, que Ghamillart y avoit mis, et qui n'avoient qu'une suprême impertinence; Bercy, gendre de Desmarets, d'une humeur étrange et de mains fort soupçonnées; Poulletier, fils d'un riche financier, qui avoit donné huit cent mille [livres], c'est-à-dire deux cent mille livres plus que les autres, et Fagon, tous maîtres des requêtes, qui fut presque le seul qui entra dans le nouveau conseil des finances. G'étoit le fils du premier médecin du feu Roi, qui en ce genre étoit d'une grande capacité, et qui le montra bien dans* la suite.
Noailles, ami après son père de Rouillé du Goudray, conseiller d'État, qui avoit été directeur des finances, l'y fit entrer, et d'Ormesson, maître des requêtes, frère de la femme du procureur général Daguesseau, qui étoit tout aux Noailles. Le Régent y joignit Ëfïiat, que je lui avois proposé pendant la vie du feu Roi pour ce conseil, par la richesse dont il étoit, et le grand ordre qu'il lenoit dans ses affaires, et qui étoit fort propre à bien voir tout ce qu'il s'y passeroit, et à en tenir M. le duc d'Orléans bien averti. Le duc de Noailles choisit la Blinière, ancien avocat, pour secrétaire, qui s'étoit acquis de l'estime au barreau. Pelletier des Forts, Gaumont, Gilbert de Voisins et Baudry y furent joints.
Ges établissements, parmi lesquels on ne disoit mot à Pontchartrain, le mirent en grande inquiétude. 11 s'étoit