‹ Mémoires de duc de Saint-SimonChapitre 173 sur 315 · Voyez tome X, p. 252 et note · texte numérisé non relu

Voyez tome X, p. 252 et note

236 CONSEIL OË GUEIlIffi:. [1715]

d'Hasfeld, longtemps depuis maréchal de France. Le premier et le dernier étoient gens de talent et de mérite, d'un grand soulagement pour un général, dont le maréchal de Berwick, qui les estimoit et aimoit fort, s'étoit fort utilement servi en Espagne, et avec toute confiance. Ils étoient aussi fort gens d'honneur, avec des mains fort nettes, et ils s'étoient fort attachés à M. le duc d'Orléans en Espagne. 11 les avoit fort employés», avoit pris pour eux beaucoup d'estime et d'amitié, et disoit qu Hasfeld étoit le meilleur intendant d'armée par ses soins et «sa prévoyance.

Louvois, qui vouloit surtout avec jalousie ce qui avoit trait à la guerre, avoit pris les fortifications avec le titre de surintendant. A son exemple, Seignelay en avoit fait autant de celles de places maritimes. A sa mort Louvois se les fit donner. 11 ne les garda qu'un an et mourut. Le Roi, qui ne vouloit partout que des gens de robe, et de qui Pelletier de Sousy étoit fort connu par son intendance de Lille, du temps des campagnes du Roi en Flandres, et que Louvois son ami lui avoit vanté, crut que ce conseiller d'État et intendant des finances entendroit bien les fortifications, parce que ses yeux en avoient vu, et les lui donna avec le titre de directe'ur général. 11 devint ainsi le maître de cette dépense, l'arbitre du mérite des ingénieurs, le seul ministre de ce district à part, et de leurs promotions, avec un travail réglé avec le Roi tête à tête toutes les semaines, qui lui en faisoit toujours passer une partie à Marly. Rien peut-être n'étoit plus ridicule qu'un magistrat arbitre des fortifications et des ingénieurs. Le Régent ôtant la guerre à la robe lui en ôta aussi cette partie si principale, et je l'engageai assez aisément de la donner à Hasfeld.

Saint-Hilaire, lieutenant général de l'artillerie, en eut le département au conseil de guerre. Il étoit fils de celui qui eut le bras emporté du même coup de canon qui tua M. de Turenne, et il y étoit présent. C'étoit un homme fort lourd, mais qui entendoit bien l'artillerie. Lui et Reynold

Page 1