AMELOT EXCLU DE TOUT
avec laquelle ii avoit vécu avec la princesse des Drsins en Espagne, où sous le nom d'ambassadeur il avoit fait la fonction de pren^ier ministre, y avoit réparé les finances et les troupes, mis Tordre partout, et avoit en même temps gagné tous les cœurs. G'étoil, dans ces temps de désastres, le comble de- la capacité, et en même temps celui de Fesprit, de l'adresse et du liant, d'avoir si longtemps tout fait sans donner de jalousie à une femme qui en étoit si susceptible, et avec qui, de son su à elle, il avoit les ordres du feu Roi les plus exprès et les plus réitérés de n'agir que de concert, et avec dépendance.
11 ne put donc entrer dans le conseil des affaires étrangères, ni dans celui djes finances, lui qui auroit été si utilement et si convenablement placé d-ans celui de régence, et jamais il ne fut consulté sur rien. Néanmoins on fut honteux de le laisser dans les uniques fonctions judiciaires de sa place de conseiller d'État, quMl reprit toutes avec la dernière modestie, sans chercher rien. On établit un conseil du commerce, dont on le fit président. 11 étoit composé des députés des principales villes marchandes du royaume, de quelques conseillers d'État et maîtres des requêtes, et le maréchal de Villeroy et le duc de Noaiiles y pouvoient aller présider quand ils vouloient; ils n'y furent le premier presque jamais, l'autre fort rarement. Il se fit en même temps un grand changement d'intendants des provinces.
Les spectacles, interrompus à Paris depuis l'extrémité du feii Roi, recommencèrent le 1*' octobre.
Ganillac obtint un don fort considérable de marais en Flandres, dont une partie à dessécher.
Le Régent régla dix mille francs par mois pour la cassette du Roi, et mille écus pour sa garde-robe, tellement que la duchesse de Ventadour eut ainsi la disposition de cinquante-cinq mille écus, et le maréchal de Villeroy après elle.
Le grand prieur^ qui se tenoit à Lyon exilé par le Roi,