Voyez tome X, p. 467, un emploi analogue du même verbe
94 FORTUNE DU MARÉCHAL d'aLBRET.
à Vincennes, moyennant la promesse d'un bâton de maréchal de France, qu'il n'eut pourtant qu'à force de menaces en 1653. Il avoit été fait chevalier du Saint-Esprit en 1661, et il eut le gouvernement de Guyenne à la fin de 1670. Sans avoir beaucoup servi, et jamais en chef, ce fut un homme qui par son esprit, son adresse, sa hardiesse et sa magnificence se fit toujours fort compter. Il n'avoit qu'une fille unique de la fille de Guénégaud, trésorier de l'épargne, frère du secrétaire d'État, qu'il avoit épousée. 11 la maria au fils unique de son frère aîné, et de la duchesse de Richelieu, lequel fut tué en galanterie, et sans enfants, en 1678; et sa veuve, qui étoit dame du palais de la Reine, fut depuis la première femme du comte de Marsan, dont elle s'amouracha ^ et qui lui donna tout son bien.
Le maréchal d'Albret et M. et M"* de Richelieu vécurent toujours dans l'amitié la plus intime II vécut de même avec M. de Montespan, son cousin germain, et M"* de Montespan. Mais quand celle-ci fut maîtresse, il devint son conseil, et abandonna pour elle M. de Montespan, par où il se maintint en grand crédit jusqu'à sa mort, qui arriva à Bordeaux, 3 septembre 1676, à soixante-deux ans, où il n'y avoit pas longtemps qu'il étoit allé.
Il avoit, comme on l'a vu ailleurs, marié M"" de Pons, ses nièces à la mode de Bretagne : l'une à son frère cadet, tué en duel; l'autre, fort belle, à Heudicourt, à qui il fit acheter de Saint- Herem la charge de grand louvetier pour le décrasser, et pour que sa femme pût paroître à la cour où on l'a vue vivre longtemps, et mourir dans la faveur et les privances de M"* de Maintenon et du Roi, et faire fort étrangement dame du palais M"* de Montgon, sa fille, au mariage de M*"* la duchesse de Bourgogne, laquelle avoit été toute petite élevée avec M. du Maine et Madame la Duchesse, et logée avec eux, lorsqu'ils étoient cachés à Paris sous M"* Scarron, leur gouvernante, qui l'avoit
1. S'enifnottracha, au manuscrit. Voyez tome VIT, p. 222, tome VIII, p. 21, et tome X, p. 8.