CHAPITRE VU
Mécanique, vie particulière et conduite de M"" de Maintenon. — Adresse et conduite de M"* de Maintenon pour gouyerner. — Coups de caveçon* du Roi pour gouverner, qui ne l'empêchent pas de l'être eu plein. — Dureté du Roi; excès de contrainte avec lui. — Voyages du Roi ; sa manière d'aller. — Aventure de la duchesse de Chevreuse. — M"'« de Maintenon voyage à part, n'en est guère moins contrainte. — Domestique de M"* de Maintenon. — Nécessité des détails sur M"® de Maintenon. — Grandeur particulière de M"»« de ^Maintenon. — Autorité particulière de M"* de Maintenon.
Ce grand pas fait de l'expulsion sans retour de M"* de Montespan, M"' de Maintenon prit un nouvel éclat. Ayant manqué pour la seconde fois la déclaration de son mariage, elle comprit qu'il n^y a voit plus à y revenir, et eut assez de force sur elle-même pour couler doucement pardessus, et ne se pas creuser une disgrâce pour n'avoir pas été déclarée reine. Le Roi, qui se sentit affranchi, lui sut un gré de cette conduite qui redoubla pour elle son affection, sa considération, sa confiance. Elle eût peutêtre succombé sous le poids de Téclat de ce qu'eUe avoit voulu paroître, elle s'établit de plus en plus par la confirmation de sa transparente énigme.
Mais il ne faut pas s'imaginer que, pour en user et s*y soutenir, elle n'eût besoin d'aucune adresse. Son règne, au contraire, ne fut qu'un continuel manège, et celui du Roi une perpétuelle duperie. Elle ne voyoit personne chez elle en visite, et n'en rendoit jamais aucune. Cela n^avoît que fort peu d'exceptions. Elle alloit voir la reine d'Angleterre et la recevoit chez elle, quelquefois chez M"' de Montchevreuil, sa plus intime amie, qui alloit très -ordinairement chez elle. Depuis sa mort elle alla voir quelquefois M. de Montchevreuil, mais rarement,