CONTRAINTE AVEC LE ROI
de lieu, ne paroitre craindre, ni être incommodées du chaud, du froid, de Fair, de la poussière, et tout cela précisément aux jours et aux heures marquées, sans déranger rien d'une minute.
Ses filles, il les a traitées toutes pareillement. On a vu en son temps qu'il n'eut pas plus de ménagement pour M"* la duchesse de Berry, ni même pour M" la duchesse de Bourgogne, quoi que Fagon, M"* de Maintenon, etc., pussent dire et faire, quoique il aimât M** la duchesse de Bourgogne aussi tendrement qu'il en étoit capable, qui toutes les deux s'en blessèrent, et ce qu'il en dit avec soulagement, quoique il n'y eût point encore d'enfants.
11 voyageoit toujours son carrosse plein de femmes : ses maîtresses, après ses bâtardes, ses belles-filles, quelquefois Madame, et des dames quand il y avoit place. Ce n'étpit que pour les rendez-vous de chasse, les voyages de Fontainebleau, de Chantilly, de Compiégne, et les vrais voyages, que cela étoit ainsi. Pour aller tirer, se promener, ou pour aUer coucher à Marly ou à Meudon, il alloit seul dans une calèche. Il se déficit des conversations que ses grands officiers auroient pu tenir devant lui dans son carrosse; et on prétendoit que le vieux Charost, qui prenoit volontiers ces temps-là pour dire bien des choses, lui avoit fait prendre ce parti, il y avoit plus de quarante ans. Il convenoit aussi aux ministres, qui sans cela auroient eu de quoi être inquiets tous les jours, et à la clôture exacte qu'en leur faveur lui-même s'étoit prescrite, et à laquelle il fut si exactement fidèle. Pour les femmes, ou maîtresses d'abord, ou filles ensuite, et le peu de dames qui pouvoient y trouver place, outre que cela ne se pouvoit empêcher, les occasions en étoient restreintes à une grande rareté, et le babil fort peu à craindre.
Dans ce carrosse, lors des voyages, il y avoit toujours beaucoup de toutes sortes de choses à manger : viandes, pâtisseries, fruits. On n'avoit pas sitôt fait un quart de Saint-Simon xn. 9