Voy. Appendice, n° VII
42 MÉMOIRES DE FLÉCHIEP.
juges et de la justice , et dit de fort belles choses : qu'elle lui donnoit un flambeau pour faire voir qu'elle devoit éclairer les justes et qu'elle devoit consumer les coupables ; qu'elle étoit comme le soleil , qui élevoit , d'un côté , les fleurs par la chaleur de ses rayons, et qui , de l'autre, séchoit les herbes inutiles. Enfin il finit par la paraphrase d'un psaume terrible , où il y a des expressions très-fortes de la colère et de l'indignation de Dieu , et par des vœux qu'il fit pour la prospérité et pour la conservation du roi. M. le président de Xovion harangua aussi avec beaucoup de gravité, expliquant les desseins du roi, et témoignant qu'il étoit bien à déplorer que les gentilshommes d'Auvergne , qui sont issus du sang des Troyens et des Romains , eussent dégénéré de l'ancienne vertu de leurs ancêtres. Cela n'est appuyé que sur l'autorité de Lucain * , qui blâme les Auvergnats d'avoir l'efl^ronterie de s'appeler les descendants des Troyens et les frères des Romains. Après les harangues, M. Robert, qui est un jeune avocat que M. de Novion favorisoit, et qui a d'assez beaux talents extérieurs pour les exercices du palais , commença à plaider une cause fort étudiée. Depuis ce temps-là , on ne parla que des gens arrêtés dans la province. Les prévôts se mirent tous en campagne, et la terreur fut si fort répandue partout, que les plus innocents mêmes se retirèrent dans le fond des montagnes. Ayant trouvé la commodité d'aller faire une promenade jusqu'à Vichy , qui est un lieu fort agréable et fort renommé pour ses eaux , qui font des effets merveilleux sur les corps infirmes , nous allâmes coucher à Effiat , qui est une maison très-magnifique que le maréchal d'Effiat - a fait bâtir , dont les dehors sont très-beaux , mais le dedans