‹ Mémoires de Fléchier sur les Grands-jours d'Auvergne en 1665, annotés et augmentés d'un appendice par m. Chéruel, et précédés d'une notice par m. Sainte-BeuveChapitre 43 sur 147 · hlfm. a Se tairoit, s'il eilt vu ceci · texte numérisé non relu

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y trouve non-seulement à se divertir quand on le regarde, et à s'y nourrir quand on l'habite, mais encore à s'y guérir quand on est malade , et qu'on y trouve la beauté , l'abondance et la santé. Même, outre ces sources inutiles, qui arrosent les champs et ne font que récréer la vue, on en voit qui fortifient le corps et qui soulagent les malades ; pai' de longs canaux souterrains, elles courent au secours de cent misérables qui viennent de tous les pays y chercher la fin de leurs tourments, et, passant par le soufre ou par le vitriol, elles se rendent dans de grands bassins qu'on leur a faits, et se présentent en bouillonnant à tous ceux qui viennent rechercher leur assistance. Aussi on les renferme sous des grilles de fer , et l'on les tient aussi chères que les liqueurs les plus précieuses. Un capucin fort vénérable , et à qui sa barbe seule pourroit donner de l'autorité, vint d'abord nous en faire le panégyrique. Il nous parcourut toutes les maladies, nous donna des exemples de guérison de toutes les parties du corps humain , et conclut qu'il falloit que ces sources fussent des canaux de la piscine probatique dont il est parlé dans l'Évangile ' , et nous connûmes bien ensuite l'intérêt qu'il avoit à louer ces fontaines.

La saison étoit fort avancée , et la plupart des buveurs s'étoient déjà retirés; il n'y restoit presque que ceux qui y viennent les premiers et restent toujours les derniers : je veux dire des religieux et des religieuses , que le grand soin de leur santé, et bien souvent le dégoût du cloître, retient longtemps après les autres. La facilité qu'on a d'entrer en conversation, et la liberté de se voir à toute heure, me fit bientôt connoître que, de sept ou huit religieuses qui prenoient les eaux, il y en avoit quelquesunes qui avoient obtenu des ordres de la cour, pour y venir en dépit de leur évêque , d'autres qui avoient eu congé de leur évèque en dépit de leurs supérieures. Il y

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