PROCÈS DU SIEUR DESUEREAUX OU DE ZEREAUX
tirer un coup de mousqueton au travers du corps par un de ses cavaliers. Cette action horrible ayant fait grand bruit, il fut décrété au parlement contre de Zereauz, lequel fut longtemps prisonnier en la conciergerie ; mais il trouva moyen de surprendre \m appointement * et sortit de prison.
L'appointement étant venu à la connoissance, sur les condosions de M. Bignon, avocat général, M. le procureur général y fiit reçu opposant. Mais Tafifaire ne fut pas poursuivie avec grande dialeur , de sorte que de Zereaux se trouva dans le Berry, lorsque les Grands-Jours furent établis. Therceville, prévôt des maréchaux, Tarréta prisonnier; il en donna avis à M. Talon, lequel, sur sa requête, fit commettre ce prévôt pour instruire le procès à de Zereaux. Mais il s'en acquitta si mal que le prisonnier ayant été amené» à Clermont, et l'afifaire mise sur le bureau , l'on ordonna que les témoins seroient répétés , et le procès instruit tout de nouveau par M. de La Faluère. Les témoins furent mandés à Clermont et répétés. Après la répétition des témoins, de Zereaux refusa de subir l'interrogatoire, prétendant que son aflFaire avoit été jugée au parlement où il avoit été absous, outre que, sur quelque incident qui étoit survenu, ses pièces étoient engagées en \me production qui étoit entre les mains de M. Catinat, conseiller.
Nonobstant ces remontrances , sur le rapport qu'en fit M. de La Faluère, il fut ordonné qu'il subiroit l'interrogatoire; autrement, que son procès lui seroit instruit comme à im muet volontaire. Après la lectm'e de l'arrêt, il subit l'interrogatoire, où, pressé sur le fait de l'accusation, il reconnut qu'il avoit fait pendre im nommé Chalumeau; mais il dit que ce misérable avoit violé la dame de Zereaux, sa femme, et que pour ce viol le procès avoit été fait à Chalumeau par le prévôt de l'armée et à un nommé Legras , son compagnon, et qu'il s'étoit chargé de faire exécuter la sentence de mort ; et tout cela sans preuve quelconque.
Après l'interrogatoire, on lui voulut confronter les témoins; mais il refusa de lever la main et de subir la confrontation, de sorte que, sur le rapport du procès-verbal de M. de La Faluère, il fut ordonné qu'il subiroit la confrontation, ou que son procès seroit achevé comme à un muet volontaire. Il persista en