MEMOBBS DE FI.F.URY
El moi, non remis, mais obéissant, et comme si une main habile avait presse un ressort, je répè!e :
« Est-ce là celte reine augnste et m;illieurense! »
Puis, parti de là , je défile mon Egysthe jusqu'à ma sortie. Dans l'entre-acte, l'excellente femme vient à moi , me parle, m'encourage, me gronde : — «Allons, allons, saprestie! allons, enfant! » Puis comme je me laissai f ; 1 i r < ■ , • Ile avait mis sur mes lèvres un flacon ; je buvais. C'était du bouillon de poulet chaud avec un pou tle vin. Mettante drogue ! et qui pouvait faire autre ebose que me monter à la tête; mais Dumesnil avait confiance en ce breuvage. C'est pourtant de l'usage qu'elle faisait d'une boisson qui n'était que détestable, qu'une calomnie infâme s'est accréditée : la sublimité de cette actrice , disaient ses ennemis , tenait à ses fréquentes libations; ce n'était point Iphigémàc en Aulidc qu'elle joua.it, mais IpLi génie en Cktmpogmej elle n'était pas inspirée, elle était ivre.
Oui, elle était ivre en scène! C'était dans son cœur qu'elle trouvait son ivresse; je l'ai bien vue en cette circonstance. Nul acteur n'avait à un si lviut degré la faculté de se passionner, mais elle savait aussi se contenir; il y avait deux personnes en elle : celle qui s'exallait, et celle qui eommandaït à cette exaltation, la régularisant H la tenant, four ainsi dire, bride en main. Ainsi avec moi, et même devant les rampes, elle se montrait la bonne femme au casaquin, puis, l'instant de compter un éclair, elle devenait ÎUéropc pour le public. Dans l'espace d'une seconde son regard me disait: « pauvre petit! rassure-loi; » et, tout aussitôt se reportait puissant et dominateur dans la salle. Et pourtant si quelqu'un avait pu l'entendre! celte exécution si brillante était singulièrement coupée. — Courage! me répétait-elle à chaque instant, regardez-moi! — un mouvement ! — bon ! — regardez donc ! regarde-moi donc, sapieelh'! — pas ma!! — diable d'enfant! — cl tout cela,