CHAPITRE XV
spirituel , emportant la pièce ; Bnrthc , un peu lent à se mettre en train, mais ne s'a frétant plus quand il avait commence ; Saurin , le beau parleur de l'assemblée ; Fav;irt , lourd , et se laissant mordre par Rochon ; Goldoni , venant se chauffer les pieds l'hiver et ne disant rien, double économie d'esprit et de combustible; Fanier , riant pour tout le monde et sur tout le monde; Contât, n'ayant pas encore permission d'être spirituelle pour le public , et se rattrapant au foyer; et Lauraguais, rapportant des mots d'Arnoult , dont elle n'aurait dû être que le prêtenom; et Prévillc , si bon conteur ! et Monvel , au langage si choisi ! et Dugazon , l'écureuil du théâtre , sautant de chaise en chaise , chiffonnant ces dames , puis bondissant sur la table , et là , contrefaisant le montreur de cuiiosités , crier avec sa pénétrante voix de tête :
« Ecoulez tous , messieurs , mesdames , la fameuse proclamation du général Bourgoyne, c'est une œuvre unique, militaire , littéraire et véridique ; nous la tenons du sieur Monvel , traducteur , éditeur , commentateur et teinturier littérateur de plus d'un , qui ne s'en vante guère : c'est sur la fameuse guerre du pays lointain , américain , contre le peuple de Franeklin. Ecoutez ! »
Fuis , frappant sur les boiseries avec le geste comique d'un charlatan de foire , qui touche un tableau, il chantait, et nous répétions après lui :