‹ Mémoires de Fleury de la Comédie-Française (volume 2)Chapitre 101 sur 275 · JEANNOT · texte numérisé non relu

JEANNOT

La pièce les Battus paient l'amende obtient la vogue. — La Rome sauvée de Voltaire n'a pas deux loges louées. — Querelle avec les auteurs. — Anecdote. - — Dorvigny. — Anecdote historique. — Première infidélité de Louis XV. — Les Noces houzardes. — Retraite de deux actrices.

Ce n'étaient pas les ouvrages de Dorât qui pouvaient nous sauver. Vers ce temps, tout Paris courait aux pièces de Dorvigny ; cet auteur ne s'en faisant point accroire , les décorait tout bonnement du titre de farces, folies ou parades. Alors Jeannot, ou les Battus paient l'amende, faisait fureur. Grâce au prodigieux succès de cette espèce de proverbe dramatique (1), on abandonna les chefs-d'œuvre

(I) Le succès de cette pièce fut si grand, que d'abord on crut que Dorvigny n'était qu'un prête-nom. Plus d'un auteur modeste se laissa faire compliment sur cet ouvrage; le premier ministre lui-même, M., de Maurepas, souffrait volontiers qu'on le lui attribuât, où s'il s'en défendait, c'était à peu près comme un homme à bonne fortune à qui on donne une conquête de plus, qu'il n'a point, qu'il n'aura point et qui fait de !a modestie par amourpropre.

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