CHAPITRE TROISIÈME
ment où les pouvoirs anciens commencent à être récusés et le moment où les insurgés se retirent jurant et rendant obéissance à des pouvoirs nouveaux, tout cela appartient à I'insurrection.
On voit que, par sa nature^ Vinsurrection est une crise violente, et que cependant sa durée peut être plus ou moins longue. Quand elle est légitime, elle punit des usurpations ou des violations; mais elle a pris elle-même, par la violence, l'exercice d'une puissance qui n'a ni règles ni limites. En recouvrant tous les droits, elle fait taire toutes les lois ; en punissant des autorités coupables, elle met toutes les passions hors du joug des autorités; et à moins qu'une nation n'ait une extrême simplicité de mœurs et des habitudes profondes d'une vie très-régulière, les époques des insurrections, destinées à châtier de grands crimes, sont aussi les époques où les grands crimes se commettent.
La FIN d'une insurrection légitime est sainte ; mais il est rare que ses moyens soient très-PURS, et quand elle se prolonge trop, c'est presque toujours par des forfaits.
Briitus, après avoir frappé César d'un coup mortel, jeta son poignard; les autres conjurés gardaient le leur, et voulaient tuer (3ncore.
Brutus fut regardé comme un homme faible : depuis, son nom a été le seul que tous les siècles ont cité avec amour et respect ; et s'il ne rendit pas la liberté à sa patrie, trop indigne alors de la recouvrer, il est devenu comme le génie créateur et conservateur de la liberté de tous les peuples que le joug de tous les" vices n'a pas préparés à celui des tyrans.
Ainsi j'ai toujours pensé sur les insurrections : ce ne sont pas là trop les idées d'un homme qui croit que tout ce qu'on peut faire dans une insurrection est légitime. La haine et la calomnie seules, je le répète, peuvent attribuer une semblable doctrine à un homme, hors du seul cas où il l'aurait professée expressément : et quelle idée donc devrait-on prendre des haines qui me poursuivent, si, dans ce même discours , où on prétend trouver cette doctrine, j'ai expressément professé une doctrine absolument opposée? Je n'ai qu'à citer; c'est ce discours même qui est ma meilleure apologie. Voyez d'abord dans quels termes je lie les massacres des 2 et 3 septembre à la prolongation des mouvements insurrectionnels du 10 août.
«( Si CES AFFREUX ÉVÉNEMENTS n'ont pas été le