‹ Memoires de GaribaldiChapitre 19 sur 43 · H4 MÉMOIRES · texte numérisé non relu

H4 MÉMOIRES

Haut et svelte, il montait à cheval, je l'ai dit, avec une grâce et une facilité admirables. A cheval, on lui eût donné vingt-cinq ans.—- Brave et heureux, il n'eût pas un instant, comme un chevalier de l'Arioste, hésité à combattre un géant, eût-il eu la taille de Polyphème et l'armure de Ferragus. — Il avait un des premiers poussé le cri de guerre, non pas dans un but de personnelle ambition, mais comme tout autre enfant de ce peuple belliqueux. Sa vie au camp était comme celle du dernier habitant des prairies : de la chair rôtie et de l'eau pure. — Le premier jour où nous nous vîmes, il m'invita à son frugal repas, et nous causâmes avec autant de familiarité que si nous eussions été compagnons d'enfance et égaux. Avec tant de dons naturels et acquis, Bento Gonzalès fut l'idole de ses concitoyens ; et avec tant de dons, chose étrange, il fut presque toujours malheureux dans ses entreprises de guerre, ce qui m'a toujours fait croire que le hasard était pour beaucoup plus que le génie dans les événements de la guerre et la fortune des héros. Je suivis la colonne jusqu'à Camodos, — passe du canal de San Gonzalès, qui relie la lagune de Los Patos a Merin. Sylva Tanaris s'y était précipitamment retiré en apprenant qu'une colonne de l'armée républicaine s'approchait.

N'ayant pu le rejoindre, le président revint en arrière. J'en fis naturellement autant que lui, et je repris à sa suite la route de Piralinin.

Vers ce c'emps, nous reçûmes la nouvelle de la bataille de Rio-Pardo, où l'armée impériale fut complètement battue par les républicains.

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