‹ Memoires de GaribaldiChapitre 24 sur 43 · U8 MÉMOIRES · texte numérisé non relu

U8 MÉMOIRES

caractère? — Né d'une riche famille, il était venu oflrir son or, son génie et son sang à la république naissante, et il luiâ donné tout ce qu'il lui avait offert. — Un jour arriva une lettre de ses parents de l'Amérique du Nord l'invitant à venir recueillir un colossal héritage; mais il avait déjà recueilli le plus bel héritage qui soit réservé à l'homme de conviction et de foi, — la palme du martyre, — il était mort pour un peuple infortuné, mais généreux et vaillant. Et moi qui ai vu tant de glorieuses morts, j'avais vu le corps de mon pauvre ami séparé en deux comme le tronc d'un chêne par la hache du bûcheron ; le buste était resté debout sur le pont de la Cassapara, avec son visage intrépide, encore empourpré de la flamme du combat, mais les membres fracassés et détachés du corps étaient épars autour de lui; un coup de canon chargé à mitraille l'avait frappé à vingt pas, et il se présenta à moi mutilé ainsi, le jour où moi et un compagnon, mettant le feu à la flottille, par ordre du général Canavarro, je montai sur le navire de Griggs, qui venait d'être littéralement foudroyé par l'escadre ennemie. 0 liberté! liberté! quelle reine de la terre peul se vanter d'avoir à sa suite le cortège de héros que tu as au ciel 1

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