LIVRE XV
lières, pour des causes communes de même ordre et de même intérêt; que quant à eux, ils étaient dans cette possession, et l'avaient fait au vu et su de Msr l'archevêque de Paris, nommément dans les instances qu'ils avaient eues contre le chapitre de l'église cathédrale, et en d'autres différends contre les réguliers de Paris, dans lesquels ils avaient même produit au Parlement les attestations obtenues par leurs secondes lettres circulaires des curés des autres diocèses, sans que la cour y eût trouvé à redire ; ce que les chapitres avaient fait aussi dans les mêmes instances.
Quant à leurs assemblées ordinaires et extraordinaires, ils estimaient qu'elles étaient fort légitimes, tant à cause de leur ancienne possession, que principalement parce qu'elles avaient toujours été faites de la permission des évêques ou archevêques de Paris, lesquels, s'il leur plaisait, y pouvaient présider, et leurs vicaires généraux ou l'un d'eux y avaient presque toujours assisté et y assistaient quand bon leur semblait, et jamais il n'y était rien conclu, ni quant à la morale des cas de conscience, ni quant aux affaires qui concernaient les charges des pasteurs, que sous le bon plaisir de Msr l'archevêque. Outre qu'il était toujours averti par députés de ce qui se passait des affaires extraordinaires ou autrement d'importance.
Qu'enfin, pour justifier péremptoirement et sans contredit que les curés de Paris, en l'affaire dont il s'agissait, n'avaient entendu et n'entendaient distraire les curés de la dépendance de leurs évêques, ils faisaient les protestations et soumissions suivantes :
La première était qu'ils s'étaient soumis et se soumettaient de se départir tout à fait de la présente poursuite de la censure dont il était question s'il était ainsi ordonné par nosseigneurs de l'Assemblée générale, et de se contenter d'attendre de leur justice et de leur piété une censure de cette importance, laquelle ils étaient plus obligés de faire que les curés de la demander et de la poursuivre, étant du pouvoir du père de famille d'ordonner du temps de la moisson et de commander aux moissonneurs d'arracher la zizanie ; tout le pouvoir et le devoir des enfants et des serviteurs n'étant que de l'avertir que la zizanie était crue dans son champ avec le bon grain.
La seconde soumission était que lui, curé de Saint-Roch, qui avait signé l'avis dont il était question, avait offert de son chef d'en signer et envoyer un autre par lequel il écrivait aux curés des autres diocèses, de n'envoyer aucune procuration sans la permission de leurs évêques, et que s'ils en avaient déjà envoyé, ils en demandassent et en obtinssent l'approbation ou d'eux ou de leurs grands-vicaires; qu'il faisait cette offre de son chef parce qu'il n'en avait pas encore l'offre de sa compagnie, espérant pourtant qu'il n'en serait pas désavoué et qu'il en pourrait apporter l'aveu quand il en serait requis.
La troisième soumission était qu'en cas qu'aucuns curés éloignés envoyassent leur procuration expédiée sans la permission de leurs évêques, ils promettaient, eux syndics, de les communiquer auxdits évêques, s'ils étaient à Paris, pour en disposer comme il leur plairait, et s'ils n'étaient pas à Paris, demander aux curés d'obtenir l'approbation, et autrement de ne se point aider de leurs procurations.
Après lesquelles très humbles et sincères soumissions, les syndics, non plus au nom des curés de Paris seulement, mais aussi de tous les curés des autres diocèses auxquels ils avaient écrit, estimaient pouvoir à bon droit et en toute sorte de respect exciter en nosseigneurs de l'Assemblée le souvenir de ce qui se passait tous les jours en leurs diocèses, et interpellant leur attention sur les soumissions présentes des curés de Paris, leur faire remarquer qu'ils ne trouveraient jamais de prêtres plus obéissants ni plus respectueux envers l'autorité épiscopale que les curés.
Et pour conclure le fait principal dont était question, ces syndics des curés de Paris suppliaient très humblement nosseigneurs de l'Assemblée de prendre en bonne part leurs avis aux curés des autres diocèses, et de croire qu'ils n'avaient jamais eu la pensée de faire corps ni union de doctrine, ni partie de quelque affaire que ce soit avec les dits autres curés, sans la dépendance de nosseigneurs les évêques, desquels au contraire ils avaient toujours été et voulaient demeurer à jamais les très humbles et très obéissants serviteurs.
M. le curé de Saint-Roch ayant prononcé ce discours avec une force et une liberté surprenantes, on en délibéra par provinces, et il fut résolu que Messieurs les agents deman-