est appelé ci-dessus tantôt Couvran tantôt Couvron
blée pensa tout d'un coup aux moyens de chercher la réparation d'an si grand outrage, ces pièces étant pleines de feu et de soufre, et très injurieuses à la religion catholique. Mais M. le cardinal Mazarin, qui voyait bien que l'Assemblée ne pouvait se dispenser d'en porter ses plaintes au roi, fît dire à la compagnie, le 27 novembre, par un agent du clergé, que dans la demande qu'elle avait à faire à Sa Majesté de faire brûler par la main du bourreau ces deux ouvrages si infâmes, elle ne souffrirait jamais que ce fût M. l'archevêque de Sens qui lui portât la parole, parce que sa personne ne lui était pas agréable. M. l'archevêque de Narbonne dit la même chose, et déclara que Son Eminence se plaignait lui-même de M. de Sens, parce que M. l'abbé de Saint-Nicolas, député de la province de Sens, n'avait pas voulu se trouver dans le nombre des députés que l'Assemblée avait nommés pour lui faire rapport de ce qui avait été fait contre M. le cardinal de Retz. Ainsi la fin de cette assemblée était fort différente de son commencement, et au lieu que M. de Sens travaillait alors pour faire valoir ses anciennes prétentions contre l'église de Paris, M. le cardinal de Retz trouvait un puissant avocat et protecteur en sa personne.
M. de Sens, qui était présent à ces plaintes que l'on faisait contre lui, prit la parole et remontra que M. le cardinal Mazarin, pour une querelle particulière qu'il lui faisait afin de se satisfaire, voulait le mettre mal dans l'esprit du roi, son maître, et le commettre avec l'Assemblée. Il déduisit toute la conduite qu'il avait tenue avec ce premier ministre depuis qu'il avait cherché des prétextes pour se mécontenter de lui, et fît connaître que ce cardinal tendait uniquement à le faire maltraiter par le roi et par l'Assemblée. 11 parla entre autres choses de ce qu'il avait rapporté au roi le brevet de l'abbaye de Saint-Jean-d'Angely, et fit voir qu'il n'avait pu agir autrement depuis que ce cardinal avait dit qu'il ne tenait que de lui seul cette abbaye.
Le mardi, on délibéra sur cette proposition, et l'Assemblée pria M. de Narbonne de voir M. le cardinal Mazarin pour lui représenter au nom de toute l'Assemblée qu'elle avait beaucoup de déplaisir de ce que le roi était mal satisfait de M. l'archevêque de Sens, lui qui s'était si bien conduit depuis le commencement de l'Assemblée jusqu'à ce jour-là, ainsi que M. de Narbonne pouvait le témoigner lui-même,
s'étant trouvé avec lui dans la plupart des délibérations ; que l'Assemblée suppliait Son Éminence de faire office de médiateur envers Sa Majesté pour remettre M. de Sens dans ses bonnes grâces.
Le mercredi 29, M. de Narbonne, faisant son rapport du jour précédent, dit que M. le cardinal lui avait déclaré précisément que la personne de M. l'archevêque de Sens ne pouvait être agréable à Sa Majesté après qu'il avait dit à M. le Tellier, en rendant le brevet de son abbaye, que ne voulant tenir nulle grâce du roi, il lui remettait ce brevet; que cette manière de parler était fort contraire au respect qu'un sujet devait avoir pour son prince, et n'était convenable qu'à un homme qui avait dessein de s'emporter audessus de Sa Majesté. M. de Sens soutint qu'on lui en imposait, et qu'il avait dit au contraire que, pour les infidélités qu'on lui attribuait faussement, il était indigne de recevoir aucune gratification de Sa Majesté. L'affaire en demeura là pour lors.